-
L’idée de la création
d’une station de télévision remonte au début des années
cinquante. Lancé par des hommes d’affaires, le projet ne vit le
jour qu’en 1957 sous le nom de "Compagnie Libanaise de Télévision".
Les premières émissions furent diffusées le 28 mai
1959 sur les canaux 7 et 9. Le premier canal était propre aux programmes
de langue arabe et le second à ceux en langue française.
Trois années plus tard, la compagnie "Télévision
du Liban et de l’Orient" commença à émettre
le 6 mai 1962. Elles continuèrent à se concurrencer jusqu’en
1968, date è laquelle elles commencèrent à s’entraider
dans le domaine de la publicité. Malgré cela, ces compagnies
demeurèrent déficitaires. C’est alors que les négociations
débutèrent et s’achevèrent, avec l’aide du gouvernement,
par la fusion des deux compagnies en une seule mixte à 50%
officielle. La compagnie de Télé-Liban fut le fruit de cette
fusion et continua à jouir, en principe, du monopole de l’audio-visuel
jusqu’au 17 septembre 1996, date à laquelle le Conseil des Ministres
a décidé d’autoriser 4 autres stations à émettre:
"N.B.T.", qui n’a pas encore commencé à émettre,
"Future Télévision", Télévision MURR, MTV"
et "LBCI". Les autres compagnies eurent un délai de deux
mois pour la liquidation de leurs travaux, mais la majorité opèrent
toujours.
-
La compagnie de Télé-Liban
était seule sur le marché pendant dix ans. Elle possédait
trois canaux (TL1, TL2, TL3). Chaque canal s’adressait à un public
défini assurant ainsi au public une variété de programmes:
éducatifs, culturels et de loisir, selon les différents goûts,
âges et sexes. De plus, elle était la seule qui produisait
des programmes locaux et l’un des principaux exportateurs de programmes
aux pays arabes. Cependant, la guerre ne l’épargna guère.
-
A partir de 1985, date de la
fondation de la LBC, "Lebanese Brodcasting Corporation", par les
Forces Libanaises, les stations privées se succédèrent:
1988 création du "Canal 33" et du "Al – Mashrek".
En 1990 "N.T.V.", 1991 "Kilikia", "M.T.V." et "C.V.N.",
1992 "As – Salam", "Télé-Lumière", "Antène
Plus", "Ashark", Al’Manar", "Al-Barrane", "A.T.N.", 1993, "Al –
Moustakbal".
-
Le nombre des chaînes
dont deux religieuses (l’une chrétienne et l’autre musulmane), s’élève
à quarante, environ: 20 dans le grand Beyrouth, 20 autres dans Ehden,
Tripoli, Batroun, Zahlé, Tennayel, Sidon, Tyr...).
-
Ainsi, Télé –
Liban n’est plus la première et seule compagnie productive de programmes
locaux. Malgré cela, selon son directeur M. Jean-Claude Boulos,
elle reste la seule capable de renforcer la production locale et de lui
restituer son privilège.
-
Comment expliquer cette soudaine
irruption audio-visuelle au Liban? Est-ce l’absence d’un pouvoir politique
stable et compétent qui a permi à toutes les parties de réagir
en créant leur propre noyau de communication? Ou est-ce plutôt,
l’ambiance de la liberté au Liban et cette pluralité presque
unique au monde qui poussèrent les libanais à créer
autant de chaînes pour transmettre leurs idées politiques
et sociales? Ou bien alors, est-ce tout simplement un aspect purement commercial?
Cette dernière supposition parait la moins probable. A long terme,
rares sont les canaux qui pourraient subsister grâce à la
publicité commerciale uniquement. L’expérience de la compagnie
de la télévision libanaise et celle de la télévision
de l’Orient en est la plus grande preuve.
-
Actuellement, la loi de l’émission
télévisée et radiophonique, promulguée le 4
novembre 1994 après quatre années de longues délibérations,
régit les actes de l’émission télévisée
et radiophonique, Elle comprend:
-
La proclamation de la liberté
de l’information et la façon qui devrait être suivie pour
une application responsable.
-
L’établissement d’un
comité indépendant appelé "Conseil National de
l’information Audio-Visuelle" ayant une mission purement conseillère.
-
La limitation de la participation
au capital des compagnies de 10% pour chaque personne.
-
L’introduction du droit de riposte
et de rectification dans le domaine audio-visuel et la considération
de l’Information comme un droit propre aux citoyens. Ce droit se base sur
deux principes: La pluralité des médias et l’acquisition
d’un permis préalable mais suivant des conditions difficiles à
appliquer.
-
Nous citerons trois points de
ceux qui ont suscité beaucoup de discussions et d’oppositions:
-
1 – L’annulation du permis octroyé
au projet de l’audio-visuel.
-
2 – L’imposition d’énormes
taxes variant entre trois cent et quatre cent millions de livres libanaises
sur les chaînes télévisées et entre cinquante
et deux cent millions de livres libanaises sur les stations radiophoniques.
-
3 – L’augmentation des interdictions
surtout que les actes prohibés ne sont pas spécifiés
clairement et donnent libre cours aux multiples interprétations.
-
Les propriétaires des
chaînes audio-visuelles ont adopté la loi sur l’émission
télévisée et radiophonique à condition qu’elle
ne porte pas atteinte à la liberté d’expression. Pour eux,
l’enjeu économique sera le facteur déterminant du sort de
chaque média: les plus compétents survivront et seront les
meilleurs bénéficiaires. La majorité considère
la pluralité des chaînes comme un signe de développement
reflétant la pluralité libanaise.
-
Il existe actuellement une coordination
entre les différentes chaînes d’un côté, et le
Ministre de l’information Bassem Al-Sabeh, de l’autre.
-
Les Libanais et leurs programmes
favoris:
-
La préférence
des libanais envers les programmes se répartit comme suit:
-
-
Le comique.
-
Le Social, dramatique et musical
spécialement.
-
Les programmes pour enfants,
-
Les documentaires.
-
Les programmes musicaux et spectacles.
-
Les films policiers.
-
Le sport.
-
Ce classement diffère
selon l’âge, le sexe, le milieu, la profession et le niveau intellectuel
du spectateur.
-
La télévision
et la presse écrite:
-
La télévision
représente un danger nuisant à la presse écrite sur
le plan du public et de la publicité. Les journaux, spécialement
de niveau moyen et faible, perdent, ainsi constamment leur part de rentrée
provenant des placements publicitaires.
-
Le syndicat de la presse oeuvre
depuis plusieurs années à limiter le temps de la publicité
télévisée ou du moins à obtenir une certaine
proportion de ces ressources publicitaires.
Cependant, et en dépit
des promesses gouvernementales, les chaînes de télévision
et les stations de radio continuent à diffuser à leur guise
les publicités même durant les bulletins d’information et
les divers programmes, y compris ceux adressés aux enfants.