BILAN DE LA GUERRE AU LIBAN 1975 - 1997

N.B: Faute de statistique, nous recourons à un recoupement de plusieurs estimations:
- Dès le début de la guerre la population civile est prise pour objectif militaire d’où:

1- Les pertes humaines
 
140.000 Tués dont 90% civils
300.000 Blessés dont 87% civils, ½ + ou - handicapés
9.600 Handicapés, morts – vivants
17.000 Disparus
13.000 Enlevés, (dont 80 membres de missions et agences étrangères, surtout occidentales)

- Globalement 3,7% de la population sont tués, 10% sont blessés, 25% forcés à l’émigration interne et 33% à l’émigration externe.

2- Migration

 A distinguer plusieurs types de migrations: interne, externe, historique, récente provisoire, définitive, économique, sécuritaire.

- La Diaspora historique:
(Depuis un siècle), 10 millions dont la majorité est chrétienne.

- Emigration des cerveaux et des capitaux: 30 milliards $.

Caractéristiques:

a) Evolution d’une émigration de travail et de fuite vers une émigration familiale, professionnelle, économique.
b) Evolution d’une émigration à prédominance chrétienne vers une émigration multiconfessionnelle.
c) L’émigration devient, depuis 1975, un phénomène massif et constitue la plus sérieuse menace pour l’avenir du pays, comme pour celui de la chrétienté au Proche-Orient.
3- Les destructions matérielles - Lieux de culte musulmans: 47/376 détruits et endommagés.

N.B.: Les catholiques ont subi les pertes les plus lourdes (87%) dont 71% par l’Eglise Maronite.

4- L’économie: Quelques indicateurs d’une crise

 A partir de 1986 une phase d’inflation galopante et de paupérisation.
- 30% chômage.
- Le taux annuel de baisse des prix à la consommation passe de 7% en 1983 à 487% en 1987.
- Le salaire mensuel minimum qui est de 243 $ en 1983 est de 41 en 1987, de 58 en 1990 et 110 en 1995.
- Le dollar U.S.A. vaut 2,5 livres libanaises en 1975; 800 L.L. en 1990; 2.800 L.L. en 1992; et 1615 en 1995 et 1555 en 1997.
- Dettes de l’Etat: 7 milliards $ en août 1995 et 13 milliards en 1997.
- Economie souterraine 30%.
- Les frais d’écolage pour un élève s’élève à 50% du salaire minimum.
- Le pays a besoin de 500.000 logements.


- Une étude de 1995 montre que les besoins mensuels d’une famille de 5 personnes sont de l’ordre d’un million de L.L. soit 600 $, alors que le salaire minimum en 1995 est de 140 $. Ces besoins se répartissent comme suit:
 

35,74 Les produits alimentaires
15,44 Les frais de domicile
18,25 Les vêtements
4,5 Les frais médicaux (famille en bonne santé)
14,75 Les frais d’enseignements pour 3 enfants dans une école publique. Les frais du loyer ne sont pas comptabilisés.

5- Les principaux fléaux qui frappent actuellement le Liban

1- Non-retour des déplacés à leurs régions d’origine, alors que la plaie de l’émigration ne cesse de se poursuivre.
2- La guerre effective se poursuit sur près de 20% du territoire, dans les deux régions du Sud et de la Békaa-Ouest.
3- Une crise socio-économique conduit le pays à la pauvreté, éliminant la classe moyenne, créant une économie dépendante.
4- Milices armées d’obédience non-libanaise constituant des enclaves interdites aux forces légales.
5- Crise de logement.
6- Manque des services publics: Electricité, eau, communication.
7- Pollution toxique: 16.000 barils, soit 2500 tonnes exportés par des firmes européennes, en conflit avec les organisations écologistes (Green Peace).
8- Recul alarmant des libertés démocratiques.
9- Présence de 1,5 millions d’étrangers dans le pays.
 

Joseph KHOREICH
Centre Catholique d’Information