LA VIERGE
AU LIBAN
par Soeur Marie-Roger
Zoghbi, S.F.M.
La Vierge
de l’Assomption à Bkerké | Le Couvent
de la Vierge à Dimane | La Vierge
de Qannoubine dans la Vallée de Qadisha ou la Vallée Sainte
| Notre Dame du Liban à Harissa
| La Vierge de Mantara – Maghdouché
| Le Sanctuaire de la Vierge à Zahlé
| La Vierge de Qana | Autres
sanctuaires de la vierge
Fille de notre Orient, la
Vierge Marie est toujours "au coeur de nos vies". Non seulement
ses sanctuaires parsèment nos chemins et de nombreuses églises
lui sont dédiées, mais le culte marial demeure dans nos familles
où l’on récite le chapelet chaque soir, au mois de mai. Gardienne
de nos familles, de nos paroisses et de chaque pouce de notre cher Liban,
la Vierge Marie nous porte tous dans son sein. N’est-elle pas "La terre
dans laquelle a été semée l’Eglise? comme le dit
Saint Ephrem. Pas une église du Liban sans une icône mariale;
même dans les églises dédiées à d’autres
saints, un autel latéral est réservé à Marie.
Ce qui exprime une réalité profonde: La communion des Saints
comme réalité inséparable du Christ et de sa Mère.
Nous ne présentons
pas, aujourd’hui, un tableau exhaustif des églises dédiées
à Marie, au Liban.
Si nous parcourons le Liban,
du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest,
nous pourrons y visiter Marie tant dans les églises que dans les
humbles sanctuaires des routes.
Nous nous limitons aux sanctuaires
mariaux les plus connus au Liban.
La Vierge de l’Assomption à Bkerké
Par un décret du
quatrième synode communautaire convoqué par le Patriarche
Maronite Joseph ESTEPHAN, en 1790, Bkerké est devenu la résidence
hivernale du Patriarche: "Le couvent de Bkerké, cite le décret,
sera la résidence stable du Siège Patriarcal au lieu du couvent
de la Vierge à Qannoubine". Ce n’est qu’en 1830 que ce décret
fut appliqué avec le Patriarche Joseph HOBEICHE.
A vingt kilomètres
de Beyrouth, la résidence patriarcale s’élève au flanc
d’une colline verte de Kesrouan. A votre droite, à l’entrée,
l'Eglise de l’Assomption, tableau peint par le célèbre artiste
Daoud CORM. En s’élevant vers le ciel, la Vierge semble attirer
tous ses enfants qui la regardent, les mains levées en signe d’intercession.
Le Couvent de la Vierge à Dimane
A une altitude de 1350 mètres,
à Dimane, le Patriarche Elias Hoyek (1899-1931) a voulu édifier
la résidence estivale du patriarche maronite. Cette humble fondation
domine l’ancien couvent de Qannoubine de la Vallée Sainte de Qadisha
où siégeait le patriarche durant environ quatre siècles
de 1440 à 1830. La pierre inaugurale date du 28 septembre 1899 c’est-à-dire,
environ huit mois après l’élection de Monseigneur Hoyek.
Il confie à son neveu, l’artiste Youssef El-Hoyek, le soin de peindre
le tableau de l’Assomption de la Vierge sur l’abside principale de l’église.
Puis vint le Patriarche
Antoine ARIDA avec qui fut complétée l’oeuvre monumentale
grâce au talent exceptionnel du peintre Saliba DOUAIHI qui orna de
beaux tableaux le plafond et les murs de l’église: l’apothéose
de la Résurrection du Christ et de son ascension, l’apothéose
de l’Assomption de Marie et son couronnement, l’apothéose de la
Création de Dieu.
La Vierge de Qannoubine
dans la Vallée de Qadisha ou la Vallée Sainte
"Qannoubine": mot d’origine
grecque qui signifie "la vie en Communauté"
La Vallée Sainte
s’étend sur une longueur de 35 Km. Elle fut le refuge des Maronites
qui y vinrent au milieu du VIIe siècle et y vécurent ensemble
patriarche, moines, ermites, peuple. Tout, dans cette Vallée, rappelle
la lutte courageuse pour sauvegarder la foi.
Avant l’arrivée des
Maronites, le Couvent de Qannoubine était, au VIe siècle,
un centre de rencontre pour les futurs ermites avant leur départ
pour la solitude avec Dieu.
Ce fut Théodore le
Grand (370-395) qui fonda ce couvent et le confia à la protection
de la Vierge Marie.
Le patriarche Jean JAJI
s’y réfugia pour fuir la haine des Mamluks.
Qannoubine demeura durant,
environ quatre siècles, Le centre vital de la Communauté
Maronite. Les cellules sont creusées dans les roches. On y trouve
des icônes du XVe et du XVI siècle ainsi que des documents
écrits en langues syriaque et latine. C’est dans cette Vallée
que parut la première imprimerie au Liban. En 1610, on y imprima
le livre des psaumes en syriaque.
Notre Dame du Liban à Harissa
Située à une
altitude de 600 mètres et à une distance de 25 Km. de Beyrouth,
la colline de Harissa est le centre focal des Communautés Catholiques
au Liban.
En effet, au flanc de la
colline, nous voyons le Siège Patriarcal Maronite à Bkerké.
Au Sommet, c’est le Couvent des Pères Paulistes Grecs Melkites Catholiques.
Un peu plus haut, à quelques centaines de mètres, le Siège
de la Nonciature Apostolique au Liban et, à proximité, le
Couvent des Pères Franciscains. Plus loin, le Couvent de Charfé,
Siège du Patriarcat Syriaque Catholique et, sur la colline de Bzoummar,
le Patriarcat Arménien Catholique.
C’est là, à
Harissa, que le Patriarche Maronite Elias HOYEK (1899-1931), de pair avec
Monseigneur Carlos DUVAL, délégué Apostolique au Liban,
décide de Commémorer le cinquantième anniversaire
de la définition du dogme de l’Immaculée Conception, proclamé
par Pie IX, le 8 décembre 1854, par l’érection d’une statue
de la Vierge sur la colline de Harissa. Cette statue trônant sur
les hauts lieux est analogue à celle de la Sainte Vierge apparue
en 1830 à Catherine Labouré. L’artiste Durenne l’avait présentée
en douze pièces dont le poids total atteint les quatorze tonnes.
Vers la fin de juillet 1906, elle est transportée à Harissa
et déposée sur un socle-piédestal en spirale d’une
centaine de marches, plan préparé par l’ingénieur
français GIOT. L’oeuvre est achevée en 1908. L’inauguration
est présidée par S.B. Mgr Hoyek, le 3 mai 1908, jubilé
sacerdotale du Pape Pie X et jubilé des apparitions de la Vierge
à Lourdes. Un induit du pape Pie X vient marquer l’événement:
"indulgence plénière à ceux qui visitent le sanctuaire
Notre-Dame du Liban en remplissant les conditions requises" .
Aujourd’hui, c’est l’immense
Basilique Notre-Dame du Liban qui s’élève à Harissa.
Elle accueillera, bientôt, le 10 mai au soir, Sa Sainteté
le Pape Jean-Paul II qui y rencontrera les douze mille jeunes du Liban
assoiffés de le voir et de l’écouter. C’est Jésus,
évidemment, qui les réunira. Il sera là pour canaliser
les forces vives de notre jeunesse libanaise.
Reine du Liban, souveraine
des monts et des mers, la Vierge protège ses enfants partout dans
le monde. Ce monument de Harissa demeure à jamais un symbole de
foi et d’espérance.
Harissa est un lieu de pèlerinage.
Souvent, on y va à pied en prenant comme point de départ:
Jounieh. On y rencontre des visiteurs de toutes les confessions: chrétiens
et non-chrétiens.
Vers elle, s’élève
notre cantique: "Et que tous nos villages, "O Vierge du Liban, "accueillent
le message "De Jésus, ton enfant".
"O Reine du Liban, nous
vous supplions d’accorder à l’Orient chrétien prosterné
à vos pieds, de demeurer uni dans la foi et dans la soumission filiale
au Siège de Pierre afin que, dans la foi et la joie, nous
vous invoquions: Reine du Liban et de tout l’Orient. Amen".
La Vierge de Mantara – Maghdouché
Le sanctuaire de la Vierge
de Mantara s’élève sur une belle colline de Maghdouché,
au Sud du Liban. Cet endroit, parait-il, fut choisi, avant Jésus-Christ,
comme tour de garde chez les prêtres païens pour veiller à
la sécurité de leur déesse Astarté.
La tradition raconte que
lorsque Jésus vint à Sidon, la Vierge Marie qui l’accompagnait,
s’arrêta pour l’attendre au sommet de la colline, dans une grotte.
D'où le nom arabe de cet endroit: "Mantara"... Le roi Constantin
le Grand transforma la grotte en sanctuaire pour la Vierge... Le Roi Louis
IX y éleva aussi une tour de garde...
Quant à la redécouverte
de la grotte, elle eut lieu, accidentellement, par un berger. en 1726.
L’icône de la Vierge se trouvait posée près de l’autel.
Elle est de style byzantin et remonte au VIIe ou VIIIe siècle. Depuis
lors, la grotte est transformée en lieu de pèlerinage pour
toutes les Communautés chrétiennes. En 1860, la Communauté
Grecque-Melkite en devint propriétaire et transforma la grotte en
un sanctuaire digne de la Vierge. Au début des années 60,
Monseigneur Basile KHOURY construisit une belle chapelle hexagonale et
une tour de 28 mètres de hauteur au sommet de laquelle il éleva
une belle statue de "La Vierge et l’enfant", oeuvre de l’artiste
italien PIERROTTI. Les baptêmes y sont fréquents car la Vierge
de Mantara est considérée comme protectrice des enfants.
Le Sanctuaire de la Vierge à Zahlé
En 1958, Monseigneur Euthym
eut l’idée d’élever un sanctuaire marial sur une colline
dominant Zahlé et la Békaa. Un accord est signé avec
l’artiste italien PIERROTTI, en 1961 pour une statue en bronze, de 9 mètres.
La tour atteint 61 mètres de hauteur. Elle est desservie par un
ascenseur.
La Vierge de Beshouat
Le Sanctuaire de la Vierge
de Beshouat, fort ancien, est un centre de pèlerinage au fond de
la Békaa... En 1741, on découvrit dans une petite cave dans
les ruines d’un couvent, une icône byzantine en bois, de la Vierge
Marie. Alors, une église fut construite au-dessus de la cave, et
devint un lieu de pèlerinage.
La Vierge de Qana
Il ne s’agit pas ici d’un
sanctuaire, mais de l’endroit où Jésus a accompli son premier
miracle en transformant l’eau en vin, premier signe révélateur
de Sa divinité et de Son dévouement pour Sa mère,
la Vierge Marie, A 10 Km. de Tyr est situé le village de Qana. Depuis
1968, les recherches faites prouvent que Qana est bien le lieu où
se déroula le premier miracle de Jésus.
Autres Sanctuaires
Mariaux célèbres au Liban (en routes rapides)
-
"Sainte Marie de Tyr": petite
église, donnée dès 1129 aux chanoines réguliers
du Saint – Sépulcre.
-
"Notre-Dame d’Ain-Ebel" (sur
les frontières Sud du Liban)
-
"La Vierge du repos": nom sous
lequel l’Eglise grecque commémore la Dormition et l’Assomption de
Marie.
-
"Notre-Dame de Deir-El-Qamar"
(Au Chouf). "Notre-Dame de la Délivrance" à Bikfaya (El-Metn).
-
"Notre-Dame du Champ" (Kesrouan)
-
"Notre-Dame de la Roche" à
Ehmej (Caza de Jbeil).
-
"Les ruines du temple de Yanouh,
– transformé par Sainte Hélène, dit-on – en église
de Notre-Dame, garderaient le tombeau de treize patriarches. C’est l’Eglise
Notre-Dame de Yanouh" (caza Jbeil).
-
"Notre-Dame de la Corne" à
Aquoura.
-
"Notre-Dame des Ermites" à
mi-chemin de Mejdel et d’Aqoura. Sur les douze églises de Jbeil,
une dizaine porte le nom de Marie.
-
"Notre-Dame d’Ailij (caza Jbeil,
Byblos).
-
"Notre-Dame Saidet-el-Nourié"
(caza Batroun).
-
"Notre-Dame des Colonnes" (Bziza).
-
"Notre-Dame de Balamend" (Koura)
-
"Notre-Dame de Zghorta" (Liban-Nord).
-
"Notre-Dame de la forteresse"
(Ehden, Liban-Nord). Et combien d’autres!...
Bref, à chaque
village son église mariale. Mais en terre de Byblos, "toujours une
chapelle a remplacé les vieux temples".