L’ECOLE
CATHOLIQUE AU LIBAN
Panoramique,
| difficultés socio-économiques
| et l’avenir
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L’Ecole Catholique a formellement
commencé au Liban en 1624. Elle a pris de l’élan après
le Synode Libanais en 1736 et s’est développée ensuite grâce
à la participation active des différentes congrégations
religieuses européennes qui sont venues s’installer au Liban et
qui se sont engagées dans l’éducation. Dès sa formation
l’Ecole Catholique a été un lieu d’échange culturel
entre l’Orient et l’Occident et un facteur de promotion et de modernité.
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I - Panoramique
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L’Enseignement Catholique au
Liban d’aujourd’hui comprend 325 écoles appartenant à 57
patriarcats, diocèses, ordres ou congrégations. 220000 élèves
étudient dans ces écoles et 12800 enseignants y travaillent.
Le Secrétariat Général pour l’Enseignement Catholique
au Liban qui a été fondé au début des années
cinquante et qui est membre fondateur de l’Office International de l’Enseignement
Catholique (O.I.E.C.) coordonne le travail et la mission de ces écoles.
Malgré les dévastations de la guerre, l’Ecole Catholique,
grâce aux efforts et aux grands sacrifices de tous ses membres, s’est
bien maintenue à plus d’un niveau:
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Le nombre de ses élèves
n’a pas diminué; il a même augmenté. Elle dessert actuellement30%
de l’ensemble des enfants scolarisés du Liban. L’Ecole Publique
dessert 34% et 36% sont répartis entre les différentes
écoles privées musulmanes, chrétiennes et laïques.
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Elle a maintenu une présence
sur tout le territoire libanais: de l’extrême sud à l’extrême
nord, et de l’Est à l’Ouest. Elle est restée ouverte à
tous et au service de tous: 26% de ses élèves sont
des non- chrétiens, 60000 élèves sont dans les écoles
gratuites et 32000 étudient dans les écoles payantes avec
des bourses scolaires ou des scolarités réduites.
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Elle a maintenu un niveau d’éducation
recherché par plusieurs: ses élèves réussissent
très bien au bac fançais ou dans les universités étrangères;
et les trois dernières années elle a raflé la majorité
des lauréats des examens officiels libanais.
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Elle a maintenu le bilinguisme
et même le trilinguisme (Arabe, Français, Anglais) avec une
ouverture marquée sur les sciences et la technologie moderne (toutes
les grandes écoles initient leurs élèves à
l’informatique).
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Il - Difficultés
socio-économiques
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Mais sur le plan socio-économique,
l’Ecole Catholique affronte des difficultés énormes qui peuvent
se résumer sous trois chefs:
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a - Difficultés émanant
de la situation d’inflation qui prévaut dans le pays et qui a appauvri
la majorité de la population.
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Cette situation d’inflation
a forcé une majoration des traitements et une majoration des frais
de scolarité. Cette majoration en elle même reste en deçà
du coût réel de l’enseignement; mais étant donné
la situation économique du Pays, elle a paru exorbitante à
bien des familles, dont le salaire arrive à peine à suffir
à leur propre subsistance.
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b - Difficultés
émanant des relations avec le Ministère de l’Education Nationale.
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L’Etat a réagi face à
cette situation d’une façon injuste. Il a essayé par une
série de projets de lois à geler les frais de scolarité
selon des critères arbitraires, qui à moyen et à long
termes étranglent l’Ecole Catholique et abolissent la liberté
de l’enseignement tout court. Face aux mesures prises par le Gouvernement
et vu le caractère exceptionnel de la situation économique
du Pays, l’Ecole Catholique - en coordination avec tous les autres groupes
d’écoles musulmanes et chrétiennes - a participé à
la formulation de la loi 515/95 sous le titre de Contrat Social
pour assurer une meilleure entente entre les membres de la famille éducative.
L’ironie est que l’Etat, au lieu d’accorder une subvention à l’école
libre, lui impose des impôts et s’immisce dans les questions financières
de cette école, et ne s’occupe pas du secteur public qui
est délabré à tout point de vue. C’est pourquoi, il
ne présente pas une alternative pour les parents qui ne peuvent
pas supporter le fardeau des frais de scolarité de l’école
privée. D’ailleurs, le coût par élève dans le
secteur public est de loin plus élevé que dans les écoles
catholiques et tous les fonctionnaires de l’Etat désertent ce secteur
et mettent leurs enfants dans l’école privée.
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c - Les écoles,
tant privées que publiques, ont subi, durant les années de
guerres, beaucoup de dégâts; certaines d’entre elles ont été
fortement endommagées et même complètement détruites.
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Malgré cela, l’Eglise
n’a pas renoncé à réinvestir dans ce secteur pour
combler le vide créé par l’écroulement de l’école
publique, pour maintenir sa mission éducative sur le plan de la
transmission de la foi et des valeurs évangéliques, et pour
maintenir les relations avec toutes les composantes du peuple libanais.
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III - L’Avenir
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L’Ecole catholique au Liban
vit une situation dangereuse. Elle a maintenu vivante la présence
de l’Eglise en dialogue (seulement 60% de ses élèves
sont catholiques). Elle a été le témoin fidèle
de cette Eglise et le dépositaire du patrimoine spirituel chrétien
et culturel du Liban. Elle fait face aujourd’hui à un triple danger:
le fondamentalisme, le monolinguisme - avec tout ce qu’il
entraîne comme appauvrissement culturel et absence de vrai dialogue
- et l’abolition d’un enseignement de qualité. Les partenaires
de l’enseignement catholique - responsables des écoles, parents,
professeurs, anciens élèves - travaillent ensemble pour mieux
définir le rôle que chacun doit jouer et la mission future
de l’Ecole Catholique. Ils reconnaissent les difficultés économiques
des parents des élèves et l’urgence de soutenir ces parents
pour continuer la scolarisation de leurs enfants, afin de limiter le flux
d’émigration des Chrétiens et d’encourager même le
retour des émigrés. C’est pourquoi, nombreuses sont les écoles
qui ont développé des systèmes d’aide scolaire, et
nous étudions la possibilité de créer un "laquo";
Fond Spécial pour le soutien de l’Enseignement Catholique "raquo";.
Ce Fonds autonome sera l’expression de la solidarité des chrétiens
libanais et de l’Eglise Universelle avec l’Eglise du Liban. Dans ces temps
difficiles, l’action de l’Ecole Catholique au Liban mérite d’être
évaluée et appréciée avec un esprit de clarté
et d’objectivité. Le devenir de l’Eglise, comme lieu d’échange
et de dialogue entre l’Orient et l’Occident, entre l’Islam et le Christianisme,
au Liban et au Moyen-Orient, dépend de l’existence et du bon fonctionnement
de l’Ecole Catholique.