LES
PRINCIPAUX SANCTUAIRES CHRETIENS
Bkerké
| Le Couvent de la Vierge du
Diman | La Vallée de Kadisha
| Le Balamand | L'Eglise
de St Jean Baptiste à Jbeil, Byblos | Le
Couvent de St Maroun Annaya (St Charbel MAKHLOUF) | Le
Couvent de St Joseph à Jrabta - Batroun (Bienheureuse Rafka)
| Le Couvent du Saint-Sauveur
au Chouf. | Notre Dame de Harissa | La
Vierge de Mantara Maghdouché (Liban-Sud) | La
Statue de la Vierge de Zahlé | La
Vierge de Beshouat. | Kana. | Basilique
de Saint -Paul à Harissa
-
-
A la fin du XXème
siècle, et au sein de la civilisation qui se propose d’abolir le
sacré, le Liban demeure un exceptionnel oasis d’espérance.
Cela n’étonne pas, car le libanais vit à l’ombre de deux
maisons, la maison paternelle et celle de Dieu le père. C’est pourquoi,
là où il se trouve, au Liban ou bien à l’étranger
le libanais se prive de nourriture et de plaisir afin de consacrer ce qu’il
économise au renouvellement de son église, à son élargissement
ou bien à son décor.
-
En outre les libanais s’accordent,
malgré la différence de leurs communautés et confessions,
à aimer et honorer certains sanctuaires qui ont acquis une caractéristique
nationale. Ils les visitent fréquemment durant l’année, et
s’il émigrent en dehors de leur pays, ils ont hâte, dès
leur retour, d’y accourir à n’importe quel prix. Nous passons en
revue ici les sanctuaires chrétiens les plus connus.
Bkerké
-
Le couvent de la vierge de Bkerké
s’est transformé en résidence hivernale du patriarche maronite
par décret en 1790. "Le Couvent de Bkerké sera la résidence
stable du Siège Patriarcal au lieu du couvent de la vierge de Cannoubine".
Ce décret ne fut appliqué qu’à partir de 1830, au
temps du Patriarche Joseph HOBEICHE qui s’est installé à
Bkerké. Ses successeurs y passent toute la période d’hiver
jusqu’à nos jours.
-
Mais le décret de transfert
de la résidence à Bkerké fut le siège d’une
métamorphose radicale dans l’histoire du Liban. Après avoir
été un lieu de refuge, le Liban devint une patrie, et après
avoir été un réfugié, le Patriarche Maronite
s’est senti responsable d’un précieux dépôt: "La
Gloire du Liban".
-
La résidence patriarcale
est à vingt kilomètres de Beyrouth. Elle s’élève
au flanc d’une colline verte de Kesrouan, à une altitude de 200
mètres et jouit d’une vue panoramique sur la très belle baie
de Jounieh. Les chrétiens, de diverses communautés, y viennent
les dimanches et les jours de fête, pour participer dans son église
aux cultes que célèbre sa Béatitude le Patriarche
et écouter sa prêche paternelle.
-
Au cours de l’année,
des groupes, de diverses classes et régions, y viennent exprimer
à sa Béatitude leurs plaintes et implorer son aide. En outre,
tous les responsables, libanais et étrangers, accourent à
Bkerké pour informer sa Béatitude des actualités urgentes,
et demander ses conseils.
-
Le Siège de Bkerké
est unique au monde. C’est une référence religieuse libanaise,
et une référence internationale. Il n’est donc pas étonnant
que les Archives de Bkerké contiennent des documents très
précieux en leur ancienneté et leur diversité.
(La lettre envoyée par le Pape Innocent III au Patriarche Jérémie
AMCHITI afin de l’inviter à participer au IVème Concile
Oecuménique du Latran, en 1215.)
Le
Couvent de la Vierge du Diman
-
C’est la résidence estivale
du Patriarche Maronite. Le Patriarche Elias EL-HOYEK (1899-1931) décide,
en sa première année du patriarcat, de la construire sur
une colline haute de 1350 mètres, dominant la Vallée Sainte
de Kadisha où se trouve le couvent de Cannoubine, l’ancien Siège
Patriarcal de 1440-1830, et confie plus tard à son neveu le peintre
Youssef Saadallah El-HOYEK le soin de peindre l’assomption de la Vierge
sur l’abside principale. Le Patriarche Antoine ARIDA (1932-1955) construit
la belle église qui demeure une rare merveille grâce à
la grande inspiration et au talent exceptionnel du peintre Saliba DOUEIHI
qui orna de belles peintures le plafond et les murs de l’Eglise.
La Vallée
de Kadisha
-
C’est la Vallée Sainte
qui s’étend sur une longueur de 35 kilomètres des Cèdres
du Seigneur jusqu’à Tripoli. Elle fut le refuge des maronites qui
y vinrent au milieu du VIIème siècle. Tout dans la Vallée
rappelle la lutte pour sauvegarder la foi. Le Couvent de Cannoubine fut
au VIème siècle un centre de rencontre pour les ermites.
Ce fut Théodore le Grand (379-395) qui fonda ce couvent et le confia
à la protection de la Vierge Marie. Cannoubine signifie la vie en
communauté.
-
Cannoubine demeura durant quatre
siècles le centre vital de la communauté maronite. Les cellules
sont creusées dans les rochers. On y trouve des Icônes du
XVème et XVIème siècles et des documents écrits
en langues Syriaque et Latine.
-
La Vallée de Kadisha
comprend aussi le Couvent de Saint Antoine Kozhaya qui remonte au XIIème
siècle. Les soldats turcs le saccagèrent en 1866 et s’emparèrent
de ses biens. On y trouve une crosse précieuse et une patène
de messe offerts par les rois de France. Restauré en 1926, l’église
est taillée dans le roc.
-
C’est dans cette Vallée
que parut la première imprimerie au Liban, en 1610.
Le Balamand
-
Le monastère du Balamand
se situe sur une colline dominant la route de Tripoli-Beyrouth. Du monastère,
la vue s’étend jusqu’au port de Tripoli. Ce fut une abbaye cistercienne,
bâtie sur des ruines byzantines, en 1157, et abandonnée en
1289. En 1603, une communauté monastique orthodoxe vint s’y installer.
En 1835 les moines y établirent une institution d’enseignement supérieur.
En 1899 ils y inaugurèrent un grand séminaire.
-
Actuellement c’est l’Université
de Balamand, créée en 1988 à partir de l’Institut
de Théologie, sur un campus de 300.000 m2.
L’Eglise
de St Jean Baptiste à Jbeil, Byblos
-
Au coeur de la ville d’où
Cadmous s’en alla emportant l’alphabet dans le monde, se situe l’église
de St Jean Baptiste dont la construction a débuté avec les
croisés en 1115. Mais la facade occidentale est entièrement
moderne. Les chapiteaux sont de style purement roman. Le portail sud est
de la fin du XVIIème siècle.
-
Le Baptistère, bâti
vers 1200, est purement roman. Les sculptures, les rosaces dénotent
une influence italienne qui s’explique dans une ville qui fut domaine génois.
Le
Couvent de St Maroun Annaya (St Charbel MAKHLOUF)
-
De Jbeil le chemin grimpe la
montagne vers le couvent de St Maroun Annaya. Construit au début
du XIXème siècle, l’ordre libanais lui adjoint en 1832 l’ermitage,
au sommet d’une colline à une altitude de 1400 mètres.
-
L’ermitage est composé
de cinq cellules. C’est là que St Charbel MAKHLOUF eut la faveur
de vivre jusqu’à sa mort le 24 décembre 1898.
-
Au couvent de St Maroun repose
le corps du Saint. Le Pape Paul VI le canonise le 9 octobre 1977. Sa fête
est célébrée le 18 juillet; la grande église
ainsi que les grandes places entourant le couvent se remplissent de tous
ceux qui viennent prier et implorer l’intervention de St Charbel. Leur
nombre grandit particulièrement les dimanches.
Le
Couvent de St Joseph à Jrabta – Batroun (Bienheureuse Rafka)
-
Ce couvent fut construit en
1897. La Bienheureuse Rafka fut l’une des six religieuses qui ont inauguré
la vie cloîtrée dans ce couvent le 3 novembre 1897. Elle y
vécut, jusqu’à sa mort le 23 mars 1914, clouée au
lit par de grandes souffrances.
-
Le 27 novembre 1985, Sa Sainteté
Jean-Paul II a déclaré que la Révérende Soeur
Rafka, est Bienheureuse. Les visiteurs y accourent tous les jours de partout.
Les visiteurs obtiennent une grâce sûre, une profonde conviction
que la souffrance, supportée par amour du Christ, acquiert une force
rédemptrice.
Le
Couvent du Saint-Sauveur au Chouf
-
Situé sur une belle colline
au coeur du Chouf, à 15 kilomètres de la ville de Saida,
le couvent est particulièrement lié à l’histoire de
la communauté Grecque-Melkite. Son fondateur, Euthyme Saifi, évêque
de Saida, fut le premier à déclarer son union avec le Siège
Romain. En 1711, parurent les premières constructions du couvent;
l’iconostase est construit en 1759, avec du marbre italien. Le 7 novembre
1828 fut construit le Séminaire.
-
Ce couvent subit plusieurs saccages,
1777, 1848, 1860. Les religieux ont dû l’abandonner en 1985. Il leur
a été restitué, après la fin de la guerre.
C’est un grand chantier de restauration, car il demeure la maison mère
de tous les salvatoriens épars dans le monde.
-
A l’intérieur de la Grande
Eglise se trouvent deux tombeaux, celui du Patriarche Clément BAHOUTH
qui démissionna en 1859 et celui du Père Béchara ABOU,
mort en odeur de sainteté le 22 février 1930.
-
Notre Dame
de Harissa.
-
Au début du XXème
siècle, la colline de Harissa, qui se situe à une distance
de 25 kilomètres de Beyrouth, et qui s'élève à
600 mètres d'altitude au coeur de Kesrouane, est un centre de rencontre
des communautés catholiques au Liban. Au flanc de la colline, Bkerké
le Siège Patriarcal Maronite au Liban, au sommet le couvent des
Pères Paulistes Grecs Melkites Catholiques, et à quelques
centaines de mètres le Siège de la Nonciature Apostolique
au Liban, et tout près un couvent des Pères Franciscains.
Plus loin le couvent de Charfé Siège du Patriarcat Syrien
Catholique et sur la colline de Bzoummar le Patriarcat Arménien
Catholique. Il n'est pas étonnant, dès lors, que les regards
se dirigent vers la colline qui domine un des plus beaux paysages du monde
pour y ériger un sanctuaire voué à la Vierge Reine
du Liban. De fait, lorsque le Patriarche Maronite Elias EL-HOYEK et Monseigneur
Carlos DUVAL, délégué Apostolique au Liban, se décident
de commémorer le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculé
Conception, proclamé le 8 décembre 1854, ils forment, tous
les deux, le projet d'élever une statue de la Vierge sur la colline
de Harissa. C'est à Lyon que la Statue fut faite. Elle est de bronze
couvert de peinture blanche, long de 8 mètres et demis. La statue
arrive, à bord d'un grand navire, à Beyrouth en 1906. La
construction du sanctuaire s'achève, avec la tour-piédestale
haute de vingt mètres, en 1908. La Vierge fut proclamée Souveraine
des Montagnes et des Mers, et Reine du Liban. C'est le sanctuaire le plus
visité au Liban. Les marches à pieds vers Harissa augmentent
durant le mois de Mai, mois de Marie.
-
La
Vierge de Mantara-Maghdouché (Liban-Sud).
-
Le Sanctuaire de la Vierge de
Mantara s'élève sur une belle colline, au bord du village
de Maghdouché qui se trouve au Sud du Liban. Il semble que cet endroit
fut choisi, déjà avant le Christ, comme tour de garde qu'utilisaient
les prêtres païens pour veiller à la sécurité
de leur déesse Astarté. La tradition raconte que lorsque
Jésus vint à Saida, la Vierge Marie qui l'accompagnait, s'arrêta
pour l'attendre au sommet de la colline, à l'intérieur de
la grotte. De là le nom arabe de l'endroit: "Mantara". Le roi Constantin
le Grand transforme la grotte en un sanctuaire pour la Vierge. Le roi Louis
IX y éleva aussi une tour de garde. La redécouverte de la
grotte eut lieu accidentellement, par un berger en 1726, l'icône
miraculeuse de la Vierge se trouvait posée près de l'autel.
Elle est de style byzantin et remonte au VIIè ou VIIIè siècle.
Depuis lors la grotte est transformée en lieu de pèlerinage
pour toutes les confessions libanaises. En 1860 la communauté grecque-melkite
transforma la grotte en un sanctuaire digne de la Vierge. Au début
des années 60, Monseigneur Basile Khoury construit une belle chapelle
hexagonale et une tour de 28 mètres de hauteur au sommet de laquelle
il élève une belle statue de la Vierge Marie portant Jésus
dans ses bras, oeuvre de l'artiste italien Pierrotti. La statue est de
8 mètres et demi de hauteur. La Vierge de Mantara est protectrice
des enfants, c'est pourquoi les baptêmes y sont très fréquents.
-
La
Statue de la Vierge de Zahlé
-
Monseigneur Euthyme YOUAKIM
a l'idée, en 1958, d'élever un sanctuaire à la Vierge
sur une colline dominant Zahlé et la Békaa. Un accord est
signé avec l'artiste italien PIEROTTI, en 1961, pour une statue
en Bronze, haute de 9 mètres. L'inauguration du sanctuaire eut lieu
le 9 Septembre 1968. La tour est haute de 61 mètres, et la statue
de la Vierge, au sommet de la tour, est haute de 9 mètres. La tour
est desservie par un ascenseur capable de transporter 12 personnes, à
la fois.
-
La
Vierge de Beshouat
-
Le sanctuaire de la Vierge de
Beshouat est un centre de pèlerinage, au fond de la Békaa.
Fort ancien, voué à la Vierge Marie. En 1741, on découvrit
au fond d'une petite cave dans les ruines, une icône byzantine en
bois où est peinte la Sainte Vierge. Une église fut construite
au dessus de la cave, et devint un lieu de pèlerinage.
-
Kana
-
A 10 kilomètres de Tyr
se trouve le village de Kana. Depuis 1868, les recherches faites par des
libanais appartenant à divers domaines scientifiques, ont abouti
à des arguments de tradition toponymiques, géographiques,
archéologiques et surtout religieux, prouvant que Kana est l'endroit
où se déroula le premier miracle de Jésus. C'est bien
Kana el-Jalil où Jésus, à la demande de sa mère
la Vierge, a transformé l'eau en vin (cf. Jn 2). Les arguments ont
réussi à convaincre des responsables étrangers venus
au Liban, des ambassadeurs et des écrivains illustres, que le Kana
Libanais est bien Kana el-Jalil.
-
Basilique
de Saint-Paul à Harissa
-
Au début des années
cinquante de ce siècle, la société des Pères
Paulistes a commencé l'édification d'une Basilique au nom
de St Paul, patron de la Société, tout près du couvent
mère au sommet de Harissa, et au voisinage de la Vierge du Liban.
Ce qui fut accompli jusqu'à présent est une merveille de
beauté et une splendeur de vérité. L'intérieur
est éblouissant: La grande coupole, les absides, le grand autel
et les colonnes qui se rejoignent en demi-coupoles. Tout son intérieur
expose une théologie chrétienne sublime par le moyen des
plus belles mosaïques accomplies par l'homme