LE
LIBAN : 6000 ANS D’HISTOIRE
par Dr Elias KATTAR
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Géographie
| Histoire ancienne | Au
Moyen - Age | Sous les Ottomans
et les Emirs Maan et Chéhab | La
République et l’Indépendance
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Le Liban, situé au carrefour
des trois continents de l’Ancien Monde, l’Asie et l’Afrique, microcosme
social et confessionnel, foyer florissant, où les vieilles civilisations
du Proche-Orient, fut une terre où l’humanité a laissé
une de ses premières traces.
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Ce pays, au site lumineux et
beau, à la configuration si caractéristique, par sa Montagne
qui domine la Méditerranée par une masse calcaire assombrie
par sa végétation arbustive, aux plaines côtières
étroites, et au plateau intérieur verdoyant, a vécu
toute l’histoire de l'humanité depuis l’âge paléolithique.
1. Géographie
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Le nom du Liban (en arabe Loubnan),
qui vient d’un mot araméen qui signifie blanc, est celui de sa Montagne,
qui se différencie des pays voisins, par son aspect, son climat,
sa pluviosité, sa végétation, ses cimes qui culminent
à plus de 3000m et sont couvertes de neiges.
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"Falaise sur la mer", le Liban
se situe au centre du golfe qui parcourt la rive orientale de la Méditerranée
entre la Turquie et l’Egypte. C’est un petit pays de 10.400km2, sa longueur
est d’environ 250 Km sur 40 à 70 Km de largeur, limité au
Nord et à l’Est par la Syrie, au Sud par Israël (Palestine).
Le relief est formé d’une chaîne de montagnes (Le Mont-Liban)
qui domine une étroite plaine côtière alluviale, et
à l’Est d’une seconde chaîne de montagnes sèches et
arides, parallèle à la première (Anti-Liban et Mont
Hermon), et entre les deux s’étend le haut plateau de la "Békaa".
Le climat est tempéré, 20º sur la côte, et le
pays est bien arrosé (les précipitations annuelles sont de
l’ordre de 800 à 900 mm). La population fut estimée: en 1970
à 3.100.000 habitants (264 par km2 ), à ce nombre il faut
ajouter des milliers d’étrangers, de palestiniens et d’autres arabes:
Les émigrés libanais, répartis aux quatre coins du
monde sont avec leurs descendants près de 5 millions.
2. Histoire
ancienne
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a) Préhistoire
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La présence humaine est
au Liban depuis un million d’années, dès l’époque
paléolithique elle suivit les étapes de la vie préhistorique.
Réfugié dans les grottes à l’époque moustérienne,
il y a près de cinquante mille ans, l’homme, à l’époque
néolithique, forma des bourgs, dont la colline de Byblos a gardé
dès le VIe et Ve millénaires un riche matériel qui
rivalise avec l’ancienneté de la ville de Jéricho. L’histoire,
à dire vrai, commence vers le IVe millénaire, ou le début
du IIIe, avec l’arrivée des Cananéens, ancêtres des
Phéniciens.
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Au néolithique, les Asianiques,
un peuple venu des steppes de l’Asie septentrionale, se déferlèrent
sur la région et formèrent les Sumériens, les Hurrites
et peut-être, une partie d’eux les préphéniciens du
Liban.
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b) Les Cananéens
- Phéniciens
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Les Cananéens étaient
installés sur la côte, depuis l'embauchure de l’Oronte jusqu’aux
montagnes du Carmel, et furent plus connus sous le nom de phéniciens,
ce peuple entrepreneur, agriculteur expérimenté, familiarisé
avant l’arrivée au Liban au travail des métaux, et qui eut,
à cause des difficultés de communication, intérieur
et extérieur, les regards tournés sur la mer.
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Les Cananéens fondèrent,
sur le littoral, une série de ports (fondation de Tyr, d’après
Hérodote, en 2750 av. J.- C.), qui devinrent des Cités -
Etats autonomes, rivales et riches (Ougarit, île de Rouad, Tripoli,
Batroun, Byblos, Beyrouth, Sidon, Tyr, Césarée, Askalon et
Jéricho...)
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c) Phéniciens et
Egyptiens
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Dès la moitié
du IIIe millénaire, les phéniciens entreprirent des rapports
commerciaux avec l’Egypte, qui continuèrent tout le long du IIIe
millénaire et le début du IIe, et connurent leur apogée
entre (1991 - 1786 av. J.- C.) Après l’occupation de l’Egypte par
les Hyksos (fin du XVIIIe S. av. J.- C.), les relations egypto-phéniciens,
eurent un visage nouveau. Les Egyptiens imposèrent au milieu du
XVIe S. av. J.- C.) leur protectorat aux cités phéniciennes,
qui devinrent les vassaux des rois d’Egypte au milieu du XVe S. av. J.-C.).
Durant cette époque l’alphabet phénicien, de vingt-deux signes,
a été gravé sur le sarcophage du Roi Ahiram, et la
Phénicie propagea sa culture autour de la Méditerranée
(mythe d’Europe et celui de son frère Cadmos qui apprit aux Grec
l’alphabet phénicien).
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d) L’âge d’or des
Phéniciens
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Au début du VIIe S. av.
J.- C., les cités phéniciennes se libérèrent
de la tutelle de l’Egypte. Sous la conduite de Tyr, les Phéniciens
connurent l’âge d’or de leur commerce. Leurs comptoirs commerciaux
étaient des deux côtés de la Méditerranée,
et furent transformés peu à peu en colonies. En 1100 ils
s’établirent à Gadir et à Laroche sur la côte
atlantique du Maroc, puis ils fondèrent Utique en Tunisie. Grâce
à cette expansion, l’artisanat des villes phéniciennes devint
très prospère, surtout l’industrie de la pourpre (en grec
phoenix, d’où le nom des phéniciens).
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e) Domination de la Mésopotamie
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Au milieu du IXe S. av. J.-
C., l’Assyrie chercha au Liban un débouché sur la Méditerranée.
Les Phéniciens se soumirent à eux, mais un climat d’oppression
régnait, ce qui entraîna en 814 av. J.C., une partie de la
population de Tyr, sous la direction de la princesse royale Didon (Elissa)
à prendre la fuite vers les côtes de Tunisie où elle
fonda Carthage (Qarat Hadash) c’est-à-dire (le nouveau village).
Un nouvel empire phénicien (Empire Punique) prit naissance en Occident
et remplaça celui d’Orient.
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Les Assyriens après les
Phéniciens succombèrent au pouvoir des Babyloniens au VIIe
S. av. J.C., et malgré les bouleversements politico-militaires,
les Phéniciens conservèrent leur réputation de marins.
Le Pharaon Nékao (609-594) leur confia le soin de guider la flotte
égyptienne dans un périple, le premier de l’histoire, qui
conduisit les navigateurs phéniciens de la mer rouge à la
Méditerranée en passant par les colonnes d’Hercule. Finalement,
la conquête d’Alexandre en 333, après la résistance
héroïque de Tyr, mit un terme à la puissance maritime
de la Phénicie en Orient. A la mort d’Alexandre, la Phénicie,
devint le théâtre du conflit entre ses successeurs: Les Séleucides
et les Lagides, sans que cela empêchât l'héllénisation
du pays.
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f) La paix romaine
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En 64 av. J.- C., le pays succomba
aux coups de Pompée, la "paix romaine" apporta ses fruits: La prospérité
économique oubliée revint, les ports redevinrent florissants,
Beyrouth devint la métropole militaire et commerciale des Romains
en Orient. Une nouvelle ville fut construite à la romaine. Byblos
et Héliopolis (Baalbek), furent célèbres par leurs
temples, Tyr comme centre d’études philosophiques, et Beyrouth par
son école de droit:
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Le Christianisme se propagea
dès la première moitié du Ie S., chrétien.
La Phénicie fut célèbre par ses martyrs chrétiens
avant l’édit de Milan (313).
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Quand l’empire romaine, fut
scindé en deux, la Phénicie devint byzantine, et Beyrouth
continua sa renommée de l’enseignement juridique, elle offrit à
l’empereur Justinien (527-565), pour la rédaction de son code, deux
éminents jurisconsultes: Dorothée et Anatolius.
Ainsi, dans l’histoire ancienne,
des penseurs et des écoles illustrèrent le patrimoine du
Liban; Cosmogonie: Sanchoniatheon; philosophie: Zénon de Citium,
Philon de Byblos; Porphyre et Jamblique; Poète: Antipater de Sidon;
et les juristes, Ulpien, Papinien, Dorothée et Anatolius. Vers la
moitié du VIe S., un sort très dur, frappa Beyrouth et d’autres
villes, quand plusieurs tremblements de terre détruisirent la ville.
3. Au Moyen
- Age:
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a) Conquête arabe
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En 628 les troupes musulmanes
envahirent la région. Après la défaite byzantine à
la bataille de "Yarmouk" en 636 les villes de la côte libanaise tombèrent
entre les mains des Arabes. La Montagne qui ne fut pas envahie par l’armée
musulmane, dut malgré la résistance de ses habitants, s’incliner
devant l’autorité des nouveaux maîtres de la région,
surtout quand le projet de reconquête entrepris par le moyen des
Mardaites échoua.
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Désormais le pays, jusqu’au
XVIIe S. ne constitua plus une entité politique, au même titre
que les pays actuels du Moyen-Orient.
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b) Les Omeyyades et les
Abbassides
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Le régime des Omeyyades
fut tolérant avec les habitants chrétiens du pays. Mais quand
les Abbassides s’emparèrent du pouvoir musulman en 750, une révolte
chrétienne éclata dans la Montagne. Elle fut réprimée
avec férocité, les habitants furent déportés,
et les propriétés confisquées. Cette répression
provoqua la protestation du "Imam al-Aouzâ’i" connu par la tolérance
de son école sunnite.
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Par suite de la conquête
arabe, le pays se ruralisa, et les villes florissantes de la côte
devinrent de simples villages. La géographie de la population changea
au Liban: des éléments nouveaux entrèrent dans le
pays: Arabes, Perses, Juifs, et d’autres populations non identifiées;
Les minorités religieuses, Maronites, Chiites, puis Druzes aux siècles
ultérieurs (XIe S.), rendirent le Liban un foyer et un refuge de
leur présence humaine communautaire, face à l’autorité
centrale et à l’orthodoxie religieuse.
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c) Les Etats musulmans:
Toulanides, Ikchidites et Fatimides
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Le déclin de l’autorité
des Abbassides entraîna le morcellement de l’autorité musulmane,
et le Liban fut gouverné par les Toulonides (IXe S.) et Ikchidites
(Xe S.) puis Fatimides (969-1171).
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Sous les Fatimides des expéditions
byzantines furent menées contre la Syrie du nord et la côte
libanaise. Les Maronites des plaines de l’Oronte furent massacrés
par les Byzantins et leur célèbre monastère de St-Maron
détruit.
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Durant, l’époque fatimite,
la secte druze fut proclamée, et les Druzes s’installèrent
sur les plateaux du centre de la Montagne libanaise et près de l’Hermon.
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d) Croisés et Mamelouks
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A la fin du XIe S., les Croisés
s’emparèrent de l’Orient. Jérusalem tomba entre les mains
des Francs en 1090, Tripoli en 1109, Beyrouth et Sidon en 1110. Le Liban
resta deux siècles sous la domination franque: en 1289 capitulation
de Tripoli et en 1291, les autres villes et régions libanaises passèrent
sous l’autorité des Mamelouks, qui gouvernèrent la région
deux siècles et demi (de la fin du XIIIe S. à 1516).
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Les libanais, tant Chrétiens
que Chiites, furent l’objet de plusieurs expéditions militaires
répressives à la fin du XIIIe et le début du XIVe
S., menées par les Mamelouks contre la Montagne, surtout les régions
du "Kesrouan" et du "Matn". Ainsi, les villages furent détruits,
et le Kesrouan complètement rasé.
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Après un siècle
d’administration militaire, le pays reprit ses activités commerciales,
surtout le port de Beyrouth qui devint le rendez-vous de plusieurs Nations
commerçantes de la Méditerranée.
4.
Sous les Ottomans et les Emirs Maan et Chéhab
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a) Les Emirs Maans
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En 1516, Le Liban tomba entre
les mains des Turcs-Ottomans. Le Sultan conserva à leurs places
les Emirs Libanais et leur accorda une certaine autonomie dans la gestion
de leurs régions. Cette autonomie et l’affaiblissement de l’autorité
du pouvoir central ottoman, encouragea l’esprit d’indépendance chez
les Emirs de la Montagne de la famille Maan, surtout l’Emir Fakhr-ed-Din
II (1572-1635).
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L’Emir Fakhr-ed-Din II entreprit
l’unité du pays en fédérant les notables druzes. Il
conclut des traités militaires et économiques avec la Toscane.
La tolérance religieuse qu’il pratiqua sur les Maronites encouragea
ceux-ci à se répandre dans la Montagne du nord au sud du
pays. Le Liban connut un véritable essor économique, et urbain:
Les ports (Sidon et Beyrouth) s’ouvrirent sur le commerce de l’Occident,
les réseaux routiers s’étendirent, des palais et des caravansérails
furent construits par des ingénieurs italiens.
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Un tournant, dans l’histoire
culturelle du pays eut lieu avec la création de l’Ecole Maronite
de Rome en 1584, par les soins de la Papauté, pour instruire les
jeunes religieux maronites. Ce fut le point de départ d’un essor
culturel qui était le préambule de la Renaissance du XIXe
S.
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d) Le règlement
organique: La "Moutasarrifiyya"
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Une commission internationale
formée des représentants des grandes puissances européennes
(Angleterre, France, Prusse, Autriche, et la Russie), en collaboration
avec le représentant du Sultan ottoman, se réunit en 1861,
pour traiter de l’affaire du Liban. De ses délibérations
sortit le règlement organique de la "Moutasarrifiyya", ou le petit
Liban réduit à sa Montagne (Mont-Liban). Le pays fut amputé
de ses grandes villes côtières et de la plaine de la "Bekaa",
et d’une grande partie du Sud du pays. Une autonomie intérieure
lui a été délivrée, avec un conseil représentatif
avec le rôle de conseiller auprès d’un gouverneur "Moutasarrif"
chrétien catholique, non libanais, ottoman, qui administre la nouvelle
organisation de la Montagne Libanaise.
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Durant cette époque de
la "Moutasarrifyya", le Liban fut le foyer de la Renaissance des lettres
arabes "la Nahda", tant dans la Montagne que dans Beyrouth, qui après
la restauration, l’agrandissement et l’ouverture de son port, à
la fin du XIXe S., sur les grandes voies du trafic international, reprit
sa renommée d’antan. Deux universités (Américaine
et Jésuite), furent fondées à Beyrouth, les écoles
des missionnaires et des fondations et organismes locaux se multiplièrent,
les maisons d’édition et les organes de presse devinrent nombreux,
des écrivains et des poètes, firent leur éclat et
quelques-uns (Jibran Khalil Jibran) prirent des dimensions internationales.
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Le 23 mai 1926, un conseil parlementaire
élu dota le Liban d’une constitution, et la République Libanaise
fut proclamée. Des Chefs de l’Etat furent, dorénavant, élus
par le parlement ou désignés.
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Le retour au Liban des territoires
amputés, à majorité musulmane, bascula l’équilibre
précédent dans la "Moutasarrifiyya" où le nombre des
chrétiens était de l’ordre de 80% de la population; en 1922,
sur 100 personnes il y avait seulement 55 chrétiens.
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Pendant la 2ème guerre
mondiale, la France Libre, l’été 1941, proclama l’indépendance
du Liban qui ne devait pas entrer en vigueur avant la fin de la guerre,
et le jour où les destinées du Moyen-Orient seraient définies.
5.
La République et l’Indépendance
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a) Le Mandat français
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Durant la première guerre
mondiale (1914-1918), le Liban sombra dans la famine, les fléaux
et les sauterelles: des milliers de ses habitants moururent (1/4), surtout
dans les régions chrétiennes (Jbeil, Batroun, Jezzine etc).
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Après cette guerre, le
Liban comme la Syrie fut placé sous mandat français. Le général
français Gouraud lui substitua ses territoires amputés sous
le régime de "Moutasarrifiyya". Ainsi, le ler septembre 1920 le
grand Liban vit le jour dans ses frontières actuelles.
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Ceci était, une réponse
aux aspirations, du peuple libanais, surtout les Maronites, à la
formation d’une nation libanaise.
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Le pays fut soumis à
l’autorité d’un haut commissaire français, et eut une commission
administrative héritière de l’ancien conseil du petit Liban
de la Montagne, et d’une administration locale supervisée par des
conseillers français.
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b) L’Indépendance
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Ayant désespéré
de l’attente de l’indépendance, le parlement libanais, abrogea toutes
les dispositions qui faisaient référence au mandat, dans
la constitution du pays. Le président de la République Béchara
el-Khoury, le premier ministre Ryad as-Solh, des ministres et un député
furent arrêtés par les autorités françaises.
Le mouvement populaire et l’intervention de l’Angleterre forcèrent
les Français libres à libérer les responsables libanais
et à proclamer une véritable indépendance le 22 novembre
1943.
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Les troupes françaises
et les forces anglaises évacuèrent le pays en 1946; le Liban
devint un état souverain qui participa à la Ligue Arabe et
devint membre des Nations Unies.
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c) L’exercice de l’indépendance
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Une fois indépendant,
le Liban connut un "boom" économique et une renaissance culturelle,
artistique et touristique, ce qui le rendit le "joujou" du Moyen-Orient.
Le pays était promis à plusieurs succès: ouverture
sur les civilisations, les cultures, et les religions, pluralisme communautaire
et culturel, la modernisation politique (le Liban est le seul pays en Orient,
excepté Israël, qui pratique une véritable démocratie
parlementaire), le "miracle" économique (Suisse du Proche-Orient).
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La Renaissance du XIXe S., s’enrichit
au Liban: production littéraire en langue arabe, française
et anglaise, travaux lexicographiques et encyclopédiques, oeuvres
romanesques, poésie, théâtre, cinéma, chanson,
peinture, sculpture, une culture constamment fécondée par
le bilinguisme, par la multiplicité des universités, des
écoles privées et publiques, étrangères et
locales.
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d) La guerre du Liban
(1975 – 1989)
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Cependant, le pays, situé
au coeur du conflit arabo-israélien, dut payer le prix des guerres
arabes avec Israël, de la résistance palestinienne contre Israël,
des guerres entre arabes, et de la montée du nationalisme arabe.
Les libanais se divisèrent devant chaque fait arabe, et finirent
par rendre le pays le théâtre des guerres des autres: Arabes,
Israël, Grandes Puissances, Palestiniens, Kurdes, Chiites de l’Iran,
Parties nationalistes arabes, etc...
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Dès 1975, le pays connut
une guerre fratricide sanglante, attisée par l’extérieur
et par le poids des forces armées palestiniennes.
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Une intervention militaire israélienne
en 1982, vint compliquer l’affaire du Liban, jeta plus de feu dans la poudre
de la guerre, et contribua à une véritable division du peuple
libanais en quasi canton confessionnel.
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17 ans de guerres, étaient
suffisants pour transformer le visage du Liban: 90 mille tués, des
milliers de disparus, des milliers de mutilés, un demi million de
déplacés, des milliers d’émigrés, des villages,
surtout chrétiens, rasés, des gens sans logement, Beyrouth
coupé en deux et son centre ville détruit, infrastructure
touristique touchée, une dépréciation de la monnaie
nationale, une économie en baisse, voici le bilan de la guerre au
Liban.
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Les Accords de Taèf,
qui mirent le pays sur la voie de la paix, furent peut-être, le préambule
d’une paix qui s’essaime depuis la conférence de Genève,
pour résoudre le contentieux du problème du Moyen-Orient,
dont le Liban a été son premier otage.
Les Libanais sont dans l’expectative,
de la libération de leur territoire nationale, des troupes étrangères
et frères, et du maintien de leur indépendance et de leur
souveraineté totales. Ont-ils encore le droit de rêver et
de voir leurs espoirs réalisés !