Tous les deux considèrent cette réunion comme un pas de base sur le chemin vers la restauration de la pleine communion entre leurs Églises. Ils peuvent en effet, dès maintenant, proclamer ensemble devant le monde leur foi commune dans le mystère de l'Incarnation. Comme héritiers et gardiens de la foi reçue des Apôtres formulée par nos Pères communs au Credo Niceen, nous, confessons un Seigneur Jésus Christ, le seul Fils de Dieu, engendré du Père depuis l'éternité qui, dans la plénitude du temps, est descendu du ciel et est devenu homme pour notre salut. Le Verbe de Dieu, deuxième Personne de la Sainte Trinité, s'est incarné par le pouvoir du Saint-Esprit en assumant de la bénie Vierge-Marie un corps animé par une âme rationnelle avec laquelle il était indissolublement uni du moment de sa conception.
Donc notre Seigneur Jésus
Christ est vrai Dieu et vrai homme, parfait dans sa divinité et
parfait dans son humanité, consubstantiel avec le Père et
consubstantiel avec nous dans toutes choses excepté le péché.
Sa divinité et son humanité sont unies
dans une seule personne, sans confusion ou changement, sans division ou
séparation. En lui a été conservée la différence
des natures de divinité et d'humanité, avec toutes leurs
propriétés, facultés et opérations. Mais loin
de constituer "un et un autre", la divinité et l'humanité
sont unies dans la personne du même et unique Fils de Dieu et Seigneur
Jésus Christ qui est l'objet d'une adoration seule.
Le Christ donc n'est pas
un "homme ordinaire" que Dieu a adopté pour demeurer en lui et l'inspirer,
comme dans les hommes vertueux et les prophètes. Mais le même
Dieu le Verbe, engendré de son Père avant tous les mondes
sans commencement d'après sa divinité, était né
d'une mère sans un père dans les derniers temps d'après
son humanité. L'humanité que la Vierge-Marie Bénie
a donné la naissance était toujours celle du Fils de Dieu
lui-même. C'est pourquoi l'Église Assyrienne de l'Est prie
la Vierge-Marie comme "la mère du Christ notre Dieu et Sauveur".
Dans la lumière de cette même foi la tradition Catholique
adresse la Vierge-Marie comme "la Mère de Dieu" et aussi comme "la
Mère du Christ". Tous les deux nous reconnaissons la légitimité
et justesse de ces expressions de la même foi et nous tous les deux
respectons la préférence de chaque Église dans sa
vie liturgique et piété.
C'est la foi unique que
nous professons dans le mystère du Christ. Les controverses du passé
ont mené à des anathèmes, portant sur, des personnes
et sur des formules. L'Esprit du Seigneur nous permet que nous comprenions
mieux aujourd'hui que les divisions provoquées de cette manière
étaient en grande partie à des malentendus.
Quel que soient nos divergences
christologiques, nous nous sentons unis aujourd'hui dans la confession
de la même foi dans le Fils de Dieu qui est devenu homme afin que
nous soyons enfants de Dieu par sa grâce. Nous souhaitons dès
maintenant de témoigner ensemble à cette foi dans celui qui
est le Chemin, la Vérité et la Vie, la proclamant dans les
moyens appropriés à nos contemporains, afin que le monde
croit dans l'Évangile du salut.
Le mystère de l'Incarnation
que nous professons en commun n'est pas une vérité abstraite
et isolée. Il se refère au Fils de Dieu
envoyé pour nous sauver. L'économie du salut qui a son origine
dans le mystère de la communion de la Sainte Trinité- Père,
Fils et Saint Esprit - est apportée à son accomplissement
à travers le partage dans cette communion, par la grâce, dans
l'Eglise une Sainte catholique et apostolique qui est le peuple de Dieu,
le Corps du Christ et le Temple de l'Esprit. Les
Croyants deviennent membres de ce Corps à travers le sacrement du
Baptême par qui, et par l'eau et le travail du Saint-Esprit, ils
renaissent comme nouvelles créatures. Ils sont confirmés
par le sceau du Saint-Esprit qui donne le sacrement de l'Onction. Leur
communion avec Dieu et parmi eux est pleinement réalisée
par la célébration de l'offrande unique du Christ dans le
sacrement de l'Eucharistie. Cette communion est restaurée pour les
membres pêcheurs de l'Église quand ils sont réconciliés
avec Dieu et l'un avec l'autre à travers le sacrement du Pardon.
Le sacrement d'Ordination à la prêtrise ministerielle dans
la succession apostolique assure l'authenticité de la foi, des sacrements
et la communion dans chaque église locale.
Vivant par cette foi et ces sacrements, il s'ensuit comme conséquence que les églises Catholiques particulières et les églises Assyriennes particulières ne peuvent se reconnaître comme Églises soeurs. Pour être pleine et entière, la communion suppose l'unanimité à propos du contenu de la foi, les sacrements et la constitution de l'Église. Puisque cette unanimité pour laquelle nous visons n'a pas encore été atteinte, nous ne pouvons pas malheureusement célébrer ensemble l'Eucharistie qui est le signe de la communion ecclésiale déjà complètement restaurée. Néanmoins, la communion spirituelle profonde dans la foi et la confiance mutuelle qui déjà existe entre nos Églises nous donne le droit dès maintenant d'être témoin ensemble au message de l'Évangile et à co-opérer dans des situations pastorales particulières, incluant, surtout les régions de catéchèses et la formation de futurs prêtres .
En remerciant Dieu pour nous
avoir fait redécouvrir ce qui déjà nous unit dans
la foi et les sacrements, nous nous engageons pour
faire tout ce qui est possible pour enlever les obstacles du passé
qui empêchent encore d'atteindre la pleine communion entre nos Églises,
afin que nous puissions mieux répondre à l'appel du Seigneur
pour son unité, une unité qui doit bien sûr être
exprimée visiblement. A surmonter ces obstacles, nous établissons
maintenant un Comité Mixte pour un dialogue théologique entre
l'Église Catholique et l'Église assyrienne de l'Est.
Donné à Saint
Pierre, le 11 Novembre, 1994.