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Le
Conseil des Patriarches Catholiques d’Orient a tenu son VIIème Congrés,
au siège patriarcal des Coptes Catholiques en Alexendrie (Egypte).
Leurs Béatitudes ont été les hôtes de sa Béatitude
Estéphan II Ghattas, Patriarche de la Prédication de St Marc
pour les Coptes Catholiques, du 19 au 25 Octobre 1997.
Ont
participé à ce Congrès leurs Béatitudes:
-
Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir, Patriarche d’Antioche et de tout
l’Orient pour les Maronites,
-
Mar Ignace Antoine II Hayek, Patriarche d’Antioche pour les Syriaques Catholiques,
-
Mar Raphaël I Bidawid, Patriarche de Babylonne pour les Chaldéens,
-
Youhanna Boutros XVIII Kasparian, Patriarche de Cilicie pour les Arméniens
catholiques,
-
Michel Sabbah, Patriarche de Jérusalem pour les Latins,
-
Maximos V Hakim, Patriarche d’Antioche d’Alexandrie, de Jérusalem
et de tout l’Orient pour les Grecs Melkites Catholiques, était représenté
par son Excellence Mgr Youhanna Haddad.
II- Ouverture du Congrès
Le
Congrès fut ouvert dans la soirée du dimanche, 19 Octobre
1997, en l’Eglise Ste Catherine et en présence du Nonce Apostolique
en Egypte, Mgr Paulo Gilio et un certain nombre des membres du Corps diplomatique
(accrédités en Egypte),des Evêques catholiques, de
religieux, de religieuses et de fidèles.
La
cérémonie a débuté par quelques prières
et chants liturgiques; puis Sa Béatitude le Patriarche Ignace II
Ghattas a prononcé une allocution dans laquelle il a souhaité
la bienvenue à leurs Béatitudes les Patriarches ainsi qu’aux
autres invités et il a annoncé le sujet de ce Congrès:
"La Morale Chrétienne", attirant l’attention sur les dangers qui
menacent notre civilisation contemporaine, tant en Orient qu’en Occident.
Sa Béatitude a insisté sur ce à quoi tout chrétien
doit tenir pour vivre selon les enseignement de l’Evangile, concernant
la morale.
Ensuite
le Nonce Apostolique a pris la parole pour exprimer la solidarité
de toute l’Eglise Catholique avec les membres du Congrès dans la
recherche des moyens de consolider les vraies valeurs spirituelles dans
le monde d’aujourd’hui. Cette cérémonie d’ouverture s’est
términée vers 20 heures par des chants religieux et par une
réception dans le salon de l’Eglise..
III- La rencontre entre les Catholiques et les Orthodoxes
Au premier jour du Congrès, le 20 Octobre 1997, a eu lieu, au salon du Patriarcat catholique, une rencontre entre leurs Béatitudes les membres du Congrès et Sa Sainteté Anba Schnouda III, Pape d’Alexandrie et Patriarche de la Prédication de St Marc, pour les Coptes Orthodoxes. La conversation s’est déroulée autour du sujet étudié "La Morale Chrétienne". Sa Sainteté a donné certaines directives dans ce domaine.
IV- Visite à son Excellence Mr Mohammad Hosni Moubarak, Président de la République
Le 3ème jour, Mardi 21 Octobre 1997, son Excellence le Président Mohammad Hosni Moubarak a reçu le groupe des Patriarches au Palais présidentiel du Caire. Sa Béatitude Estephan II Ghattas a prononcé un discours dans lequel il a salué le Président et lui a exprimé sa gratitude et son estime pour les efforts qu’il déploie pour instaurer la paix et le progrès, en vue du bien de l’Egypte et des pays arabes. Et il a fait allusion au sujet à débattre dans le Congrès des Patriarches, à savoir: la morale et les défis qu’affronte aujourd’hui le monde arabe. Ensuite son Excellence le Président a parlé du processus de paix, sous tous ses aspects et des efforts que déploie l’Egypte à son tour, dans ce domaine. Il a terminé son discours en affirmant la fraternité Islamo-Chrétienne, et il a dit qu’en Egypte, tous sont égyptiens.
V- Le sujet du Congrès
Les
Pères ont étudié avec beaucoup d’attention et d’intérêt
le comportement moral en Oreint et ses implications sociales; ils ont passé
en revue la réalité de notre société présente
sous son double aspect positif et négatif, et l’influence des transformations
modernes dans notre Orient arabe. Ils ont remarqué la délicatesse
du sujet de la morale religieuse et chrétienne, et le danger des
défis nouveaux issus du progrès scientifique, de l’évolution
des moyens de communications et de la téchnologie en général.
Et ils ont considéré que les principes de base qui pourront
garantir la vie de nos fils dans la société orientale, c’est
la fidélité à la loi de Dieu, ainsi que l’affrontement
des défis nouveaux, par l’ouverture, la charité et la mise
en pratique de tous les fruits de l’Esprit, à savoir «la joie,
la paix, la longanimité, la douceur, le bon caractère, la
fidélité, l’humilité et la chasteté»
(Gal. 5,22). Car, par la charité nous entrons dans le royaume de
Dieu proclamé par Jésus-Christ, et nous travaillons à
l’expansion de ce Royaume, à le consolider à travers nos
relations avec autrui. Pour cela, les Pères Patriarches recommandent
aux pasteurs des âmes de donner à la conscience des fidèles
une formation saine et droite, de sorte qu’ils chercherons à se
conduire à la lumière des principes évangéliques
et des enseignements de l’Eglise.
Les
Pères ont discuté aussi le rapport qui leur a été
présenté au sujet des sciences biologiques, sous l’angle
de la morale. Ils en sont arrivés à conclure que l’Eglise
et l’Etat ont une responsabilité commune d’affronter ce sujet délicat
et dangeureux, relativement au présent de l’humanité et à
son avenir. Ils ont insisté sur la nécessité d’inclure
l’enseignement de la morale biologique dans les programmes des Institus
ecclésiastiques et des institutions culturelles et académique
d’enseignement général et de culture, afin de permettre aux
fidèles de comprendre les données scientifiques modernes
et de savoir comment agir correctement avec elles. Ils ont recommandé
de former des comités spécialisés pour étudier
la situation morale, les droits de l’homme et le respect de la vie, à
la lumière de l’Evangile. Ils supplient les responsables, dans leurs
pays respectifs, d’édicter des lois ad hoc, qui pourront maintenir
ces recherches scientifiques dans le droit chemin de la morale, pour qu’il
n’en résulte pas des complications nuisibles à l’homme et
qui détruisent la civilisation humaine.
VI - Le Processus de Paix
Les
Patriarches Catholiques d’Orient, portent les soucis de leurs peuples et
participent avec leurs fils à porter la responsabilité de
la construction et du progrès, ils sont solidaires avec tous les
dirigeants religieux et civiles pour prendre la défense des valeurs
morales, et ils supplient les gens de bonne volonté, partout où
ils se trouvent, de tâcher de réveiller la conscience humaine
face aux défis contemporains, et de protéger la vie, la famille
et la dignité de tout être humain. Ils lancent un appel à
tous leurs fils pour qu’ils s’engagent dans une foi sincère, qu’ils
tiennent au patrimoine chrétien original, et qu’ils se dévouent
à édifier l’homme et la société.
a)
Le Liban
Les
Pères se félécitent de ce que réalise le Liban
pour sortir tout lentement du faux pas qu’il a fait: La visite du Souverain
Pontifical le Pape Jean-Paul II, les 10 et 11 Mai passé, au Liban,
a eu les meilleurs effets sur ses fils. Ceux-ci tâchent de
mettre en application l’Exhortation apostolique: «Une Espérence
Nouvelle pour le Liban» que le Saint Père leur a confiée
en la clôture de cette visite; bien des difficultés restent
à vaincre pour mener à bien cette application: Personne n’ignore
ce qui se passe tous les jours au Liban-Sud, comme évènements
qui tuent des gens et font couler du sang; personne n’ignore aussi que
la volonté nationale est toujours aliénée, les droits
de l’homme sont violés, les libertés enchainées, et
des difficultés économiques étouffantes empèchent
le retour dans les pays de ceux qui l’ont quitté au moment des évènements,
et il existe encore beaucoup d’entraves qui ne permettent pas encore aux
personnes déplacées de regagner leurs villages et de récupérer
leurs biens. Cependant, en dépit de tout cela, les Libanais restent
optimistes et espèrent dans l’avenir: Les Pères les accompagnent
de leurs souhaits et de leurs prières à Dieu, qu’Il
daigne réaliser tous leurs désirs.
b)
La Palestine et Jérusalem
Quant
à la situations en Palestine, elle ne cesse d’être difficile
à cause de la violation constante des droits fondamentaux de l’homme
et des restrictions imposées à la liberté des individus
et des collectivités: la liberté de mouvement, d’entreprendre
le pélerinage aux Lieux Saints pour tous les croyants, Chrétiens
aussi bien musulmans. Les Pères ont remarqué que le Peuple
palestinien éprouve, ces derniers temps, un sentiment de grande
frustration suite à l’arrêt du processus de paix, ce qui nourrit
dans leurs cœurs un sentiment de haine et les conduit au désespoir,
avec tout ce que cela porte de risque d’explosion qui conduirait toute
la région à un cercle de violence et de réaction sanglante.
L’émigration
des chrétiens constitue, en ces jours et par suite des bouclages
répétés des villes et des villages, un vrai danger,
plus qu’en n’importe quelle époque précédente. Les
Pères lancent un appel à leurs fils et à tous les
citoyens, qu’ils aient confiance en eux-mêmes, en la justice divine
et en la prière qui ranimera l’espérance dans les âmes
et donnera le succès au processus de paix.
Au
centre même du problème de la paix, se trouve le problème
de Jérusalem, la ville de Dieu, la ville du Salut et de la Paix;
sa situation, ne cesse jusqu’â ce jour, d’être un objet d’inquiétude
et de crainte. Les dispositions prises unilateralement et le manque de
reconnaissance des mêmes droits à tous les habitants, sont
des choses qui se répètent souvent, provoquent l’inquiétude
et menacent de susciter des réactions qui effaceraient totalement
le cachet de la Ville Sainte.
Aussi,
les pères Patriarches demandent qu’on respecte le Cachet unique
de Jérusalem et qu’on lui trouve une solution propre à elle,
qui garantira les droits de tous ses habitants, de sorte qu’ils soient
égaux en droits et en devoirs, dans un cadre de souveraineté
et de liberté; et ce, dans tous les domaines de la vie, tant privée
que publique.
c)
L’Iraq
La
chose la plus dure à laquelle un homme peut être exposé,
surtout dans l’adversité, c’est de se voir oublié, ne trouvant
ni un œil, ni une main, ni un cœur près de lui, sauf rarement, quelques
bonnes intentions, lesquelles, jusqu’à présent, se sont trouvées
impuissantes à changer la situation. C’est la situation actuelle
de l’Iraq et de son peuple au cours des sept dernières années.
Ce pays gémit sous la pression d’un blocus qui ne semble pas, malheureusement,
près à être levé dans un proche avenir, malgré
le mal qui atteint ses fils: les petits, les vieillards et les malades
surtout, et qui menace l’avenir des jeunes qui essaient de trouver une
issue pour eux, hors de leur pays, s’exposant à toutes sortes de
dangers et de difficultés.
Les
Pères Patriarches supplient tous les responsables dans la
famille arabe et internationale, de mettre fin à cet état
de fait dramatique, à ce silence des Mass-Médias et au traitement
inhumain par lequel on a isolé le peuple de l’Iraq; ils demandent
qu’on prenne des mesures sérieuses pour réaliser un essor
libre du processus de paix et de la reconstruction de l’Iraq, berceau des
civilisations et pays d’origine d’Abraham, le Père des Croyants.
d)
Les autres pays arabes
Les
Pères n’ont pas oublié leurs fils et frères dans tous
les pays arabes, d’Orient comme d’Occident, surtout les pays qui ne cessent
de supplier Dieu qu’il leur inspire à tous, de mettre fin à
ce qu’ils supportent de drames, de souffrances, d’écoulement de
sang, et d’œuvrer pour y instaurer le bien, la stabilité, la quiétude
et la paix.
VII- Mot de remerciement
Les
Pères Patriarches se félicitent du climat de stabilité
dans lequel vit le peuple égyptien, sous la direction du Président
Mohamad Hosni Mouarak et de tous ceux qui, avec lui, veillent sur les intérêts
et le peuple Egypte; ce qui permet à l’Eglise d’y travailler librement
et de remplir son devoir. Ils expriment aussi à l’Eglise Copte Catholique
leur gratitude de leur avoir offert une cordiale hospitalité au
moment où commencent les travaux de son Synode Patriarcal
Alexandrin II, cherchant à collaborer avec les autres Eglises Catholiques
et toutes les autres Eglises en Egypte. Ils prient le Seigneur pour tous
les pays et gouvernements arabes, afin qu’Il leur conserve ce dont ils
jouissent, ou auquel ils tendent, de stabilité et de paix, et qu’Il
réalise pour eux plus de liberté et de démocratie.
VIII- Conclusion
A l’approche du 3ème millénaire, fin du deuxième millénaire de la naissance de Notre Seigneur Jésus Christ, gloire à lui, et du grand Mystère de l’Incarnation, les Pères Patriarches constatent avec satisfaction, tous les efforts que déploient les Eglises pour ranimer la foi de leurs fils et pour poursuivre leur mission: Dans les Eglises Catholiques, de nombreux Synodes s’organisent dans différents Pays arabes. L’an prochain se tiendra à Rome un Synode pour l’Asie avec la participation de l’Eglise universelle. De même le Conseil des Eglises du Moyen-Orient prépare une rencontre, fin Janvier 1998, pour tous les chefs des Familles ecclésiales. Les Pères accueillent avec joie ce processus de renouveau auquel ils participeront, ils annoncent aussi la réunion d’un congrès qui se tiendra, par eux, à l’occasion de la fin du deuxième millénaire, avec la participation de tous les Evêques Catholiques de l’Orient arabe; ce congrès aura lieu en milieu de l’année 1999 dans le but de ranimer la foi et l’espérance, et d’entrevoir l’avenir chrétien arabe au début du 3ème millénaire.
Au
Siège du Patriarcat Copte Catholique
Alexandrie,
le 25/10/1997