PATRIARCAT LATIN – JERUSALEM

Jeudi Saint
12.4.01
 

Frères et soeurs

1. Nous voilà réunis, évêques et prêtres de Jérusalem ou de passage à Jérusalem, pour célébrer la mémoire du Christ, prêtre éternel, qui en ce jour institua notre sacerdoce, et nous invita, dans la personne des apôtres, à perpétuer la mémoire de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection.

Aujourd’hui, notre vie spirituelle de prêtres de Jésus-Christ, notre société en lutte sanglante, nos fidèles partie de cette lutte et la ville de Jérusalem demandent des prêtres qui croient en leur sacerdoce, qui croient dans le mandat reçu: “Faites cela en mémoire de moi”, des prêtres qui puissent dans cette mémoire du Seigneur, qui opère la Rédemption de l’humanité, manifester la présence de Dieu dans cette ville, qui puissent le faire voir, et faire voir son amour. Nous sommes ici à Jérusalem.  Dieu nous a appelés à être prêtres à Jérusalem, pour toute notre vie, pour une partie de notre vie, ou pour un bref passage, pour prier ou étudier ou pour tout autre aspect de service: notre mandat est le suivant: “Faites cela en mémoire de moi, et aimez vous les uns les autres”.  Offrir le sacrifice pour toute la ville sainte et aimer tous les hommes et les femmes qui eux aussi sont appelés à vivre à Jérusalem, par leur naissance ou par leur résidence. Notre mandat est d’offir le sacrifice pour eux, et de  les aider à voir Dieu: juifs, musulmans et chrétiens; les aider à découvrir, au milieu de tant de troubles et de souffrances, que Dieu est amour et qu’il est possible pour les hommes aussi de vivre dans l’amour et le respect mutuels.

Pour cela il faut que nous acceptions chaque jour notre sacerdoce, que nous le prenions au sérieux: car ce n’est pas pour nous que nous avons été appelés, mais pour vivre avec les hommes, pour souffrir avec eux et pour leur apprendre à découvrir l’Esprit en eux-mêmes et dans tous les événements qu’ils vivent, et par la découverte de l’Esprit les aider à découvrir le sens de leur vie dans cette ville sainte.

2. Le Saint-Père, cette année aussi, n’a pas manqué à sa tradition d’envoyer en ce Jeudi Saint un message particulier aux prêtres du monde. Il y réfléchit d’abord sur le Jubilé: “Le véritable héritage du grand Jubilé est l’expérience d’une rencontre plus intense avec le Christ. Parmi les nombreux aspects de cette rencontre, il me plaît aujourd’hui de choisir, pour la présente réflexion, celui de la réconciliation sacramentelle”. “Le Jeudi Saint, journée spéciale de notre vocation, nous invite à réfléchir surtout sur notre “être” et en particulier sur notre chemin de sainteté”.

Plus loin, il dit: “A cette fin, il est important pour nous de redécouvrir le sacrement de la Réconciliaiton comme moyen fondamental de notre sanctification. Nous approcher d’un frère prêtre pour lui demander l’absolution que nous-mêmes donnons tant de fois à nos fidèles nous fait vivre cette grande et consolante vérité: avant même d’en être les ministres, nous sommes les membres d’un unique peuple, un peuple de sauvés”

“Si la crise du sacrement de la Réconciliation dépend de multiples facteurs – de l’amoindrissement du sens du péché à la perception appauvrie de l’économie sacramentelle par laquelle Dieu nous sauve – nous devons reconnaître peut-être que parfois a pu jouer aussi en défaveur du sacrement un certain affaiblissement de notre enthousiasme ou de notre disponibilité dans l’exercice de ce ministère exigeant et délicat”.

“Il nous faut  redécouvrir notre vocation comme “mystère de miséricorde” et il faut  faire redécouvrir le sacrement de la réconciliation au peuple de Dieu”.
 
“Chers frères prêtres, allons de l’avant dans la joie de notre ministère, sachant que nous avons à nos côtés Celui qui nous a appelés et qui ne nous abandonne pas. Que la certitude de sa présence nous soutienne et nous console. Amen.