1. L’Assemblée des Patriarches et Evêques Catholiques au Liban a tenu sa trente et unième session annuelle ordinaire, à Bkerké, du lundi 17 novembre 1997, au vendredi 21 du même mois, sous la présidence de Sa Béatitude Eminence Mar Nasrallah Boutros Cardinal Sfeir et la participation de leurs Béatitudes les Patriarches: Maximos V Hakim, Mar Ignace Antoun II Hayek et Youhanna Boutros XVIII Kasparian; ainsi que de Leurs Excellences les Evêques des Eglises Catholiques au Liban et la participation des Très Révérends Pères Généraux des Ordres libanais, des membres du Bureau des Supérieures Générales des Instituts et Congrégations féminins, et deux représentants des Supérieurs majeurs des Instituts masculins. Le sujet général était: «Mise en pratique de l’Exhortation Apostolique: Une Espérance Nouvelle pour le Liban», publiée par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, à la suite de l’Assemblée spéciale du Synode des Evêques pour le Liban; Le Pape l’a confiée à l’Eglise du Liban, lors de sa visite pastorale des 10 et 11 mai dernier.
Les membres de l’Assemblée ont étudié le contenu de cette Exhortation dans ses grandes lignes, à la lumière des réalités de l’Eglise et de la Société au Liban; ils ont discuté les propositions émises par les Commissions de l’Assemblée pour les mettre en pratique, et ils ont approuvé un programme d’activités pour ces Commissions. Ensuite, ils ont pris diverses dispositions administratives. A la clôture de leurs séances, ils ont publié le communiqué suivant:
2. Après la prière, Sa Béatitude Eminence, Président de la Session, a ouvert les séances par une allocution dans laquelle il a indiqué le sujet général de la Session, insistant sur la nécessité de «changer la mentalité», ce qu’exige de nous tous, l’Exhortation Apostolique; nous serons alors imbibés de l’esprit de l’Evangile, sincères dans notre dévotion à Dieu; et nous nous donnons à servir, et à construire l’Eglise et la patrie.
Puis,
au nom de l’Assemblée il a adressé un télégramme
à Sa Sainteté le Souverain Pontife relatif à la Session
et au sujet à étudier. Dans ce télégramme il
exprime à Sa Sainteté les sentiments de fidélités,
sollicitant sa Bénédiction Apostolique pour les membres de
l’Assemblée. Il a reçu une lettre du Secrétariat de
l’Etat du Vatican, au nom du Pape, dans laquelle il est dit: «Se
Souvenant avec émotion de son voyage dans votre pays, au mois de
mai dernier, le Pape se réjouit de votre souci de mettre en application
l’exhortation apostolique post-synodale Une espérance nouvelle pour
le Liban, selon le thème opportunément choisi par votre Assemblée».
Et la lettre affirme que «la pensée du Saint Père se
tourne particulièrement vers les jeunes: ils ont soif d’une
vie chrétienne authentique; aussi les adultes sont-ils invités
à leur faire confiance et être des modèles dans le
domaine spirituel et moral. L’Eglise a une grande responsabilité
à leur égard, afin que rien ne soit compromis de leur espérance».
3.
Dans son introduction, l’Exhortation Apostolique affirme que «la
renaissance du Liban est une mission commune à tous les libanais»,
et elle dresse pour cela, un plan spirituel, ecclésial, social et
national. Et voici que nous la prenons aujourd’hui, – grâce à
ce qu’elle contient de principes pour la réflexion, de directives
pour la rénovation, et de propositions pratiques, – comme guide
pour accomplir cette mission commune qui repose sur une base solide: l’Espérance
chrétienne.
Le
Christ est notre espérance; l’Eglise, c’est le mystère de
la communion des hommes avec Dieu et entre eux; elle est l’Eglise de l’Espérance.
L’origine de ce mystère et sa fin, c’est le Dieu unique en trois
Hypostases. «L’amour du Père est à l’origine de l’Incarnation,
de la venue de l’Esprit Saint et de la fondation de l’Eglise, Communion
des hommes avec Dieu et entre eux» (Exh. ap., 28). Et par le Fils
incarné, «les hommes peuvent être en communion de vie
avec Dieu et les uns avec les autres» (Exh. ap., 35). L’Eglise est
«dans le Christ, en quelque sorte, le sacrement, c’est-à-dire
le signe de l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’union de tout
le genre humain» (Exh. ap., 19). «Par la communion de l’Esprit
Saint, l’Eglise participe à la vie intime de Dieu dont l’essence
et communication ineffable et amour entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint»
(cf. Exh. apos., 25).
C’est
là notre Espérance que l’Eglise fonde sur le Christ «le
Bon Pasteur de son peuple», «la vraie lumière du monde»
et «la puissance de Dieu» comme nous le méditons dans
le chapitre II de l’Exhortation apostolique «Une Espérance
Nouvelle pour le Liban».
Toutefois
«espérer c’est s’engager» (Exh. ap., 32), ce qui signifie
que l’Eglise soit rénovée par le Christ notre espérance,
et par la grâce de l’Esprit Saint de sorte qu’elle soit fidèle
à sa vocation, à sa mission et à sa raison d’être,
dans le dessein d’amour du Père pour le salut de tous les hommes
(cf. Exh. apos., 37). «Ainsi renouvelés par Dieu, les fidèles
du Christ qui sont au Liban deviendront pour tous leurs frères,
les témoins de son amour». (Exh. ap., 1).
Les motifs d’espérer et leurs difficultés
4.
L’Espérance des libanais est ferme, comme l’indique l’Exhortation
Apostolique, grâce à leur foi en Dieu et en sa Providence.
Ils ont exprimé la présence de la Providence au milieu d’eux,
lorsqu’ils ont lu le passé et les temps des souffrances, des difficultés,
de l’incompréhension, de la joie, des espoirs et de l’expérience
de la solidarité; et grâce aussi à ce qu’ils possèdent
de confiance en soi, d’amour pour la patrie et d’entrain pour œuvrer à
redonner de la vitalité au Liban.
Leur
vient alors l’Espérance Nouvelle de ce que contient l’Exhortation
Apostolique pour mettre en lumière le visage du Liban, ce pays «vers
lequel les regards se tournent souvent. Nous ne pouvons oublier qu’il est
le berceau d’une culture antique et l’un des phares de la Méditerranée»
(Exh. ap., 1). Il est une terre exemplaire. "En effet: aujourd’hui comme
hier, sont appelés à vivre ensemble, sur le même sol,
des hommes différents sur le plan culturel et religieux, pour édifier
une nation de dialogue et de convivialité, et pour concourir au
bien commun, […] à rendre plus vivantes leurs traditions […] et
à redécouvrir des richesses culturelles communes et complémentaires
qui affermiront la convivialité Nationale (Exh. ap., 119).
Le
Liban a pu se relever de sa chute, grâce à la détermination
de ses fils, de ses responsables et de ses amis; il a retrouvé ses
institutions et sa sécurité; la vie Nationale est redevenue
ce qu’elle y était dans le passé, et il a repris de nouveau
sa place dans son milieu arabe et au sein de la famille mondiale. Les responsables
ont ouvert un chantier de reconstruction générale qui exige
beaucoup de patience, d’efforts et argent.
5. Cependant, d’énormes difficultés, entravent encore cette espérance sur plus d’un plan:
— Socialement: notre société souffre du fait de la crise politique et économique dominante; d’une déviation morale sur différents niveaux, en plus de ce qui accable les citoyens libanais de frais scolaires universitaires et d’hospitalisation. Et le poids des impôts, la cherté de vie, la stagnation dans la production industrielle et agricole; le chômage progresse, l’état de pauvreté prend de l’étendue, on sent le besoin d’une infrastructure non encore achevée; d’un grand manque dans le développement non équilibré, des régions et l’impossibilité que rencontrent des milliers de jeunes et de familles nouvelles, à s’assurer un logement.
— Nationalement: Les libanais souffrent d’une effervescence d’un confessionalisme étroit qui influence l’administration, la fonction publique et les projets. Ils se plaignent, de ce qui menace le pays dans son existence à cause du gel du mouvement de retour des personnes et familles déplacées, d’un travail sournois qui vise à fixer les Palestiniens au Liban, du droit donné aux non libanais de posséder d’immenses superficies de terres, d’une naturalisation qui perturbe l’équilibre démographique et l’allégeance à l’Etat, et de ce que le Liban n’a pas encore étendu sa souveraineté sur tout son territoire. Les libanais sont aussi profondément effrayés des dettes énormes intérieures et extérieures qu’on a contractées du gaspillage de l’argent publique, du défaut dans le système d’impôts et de sa mauvaise application à égalité dans toutes les régions et à égalité sur toutes les catégories de citoyens. Dans son régime démocratique, le Liban souffre de l’inaction des institutions constitutionnelles, des pratiques administratives en oppositions à la démocratie, et des lois contraires aux principes de la Constitution.
— Politiquement: les citoyens souffrent de l’usage qu’on fait de l’autorité politique pour servir des intérêts personnels, pour réaliser des gains substantiels par l’abus qu’on fait de certaines positions dans le pouvoir, du manque de protection des produits nationaux, du manque de soucis de la part des responsables vis-à-vis de la violation des droits fondamentaux des citoyens, conformément aux principes de l’équité, de l’égalité et de la justice.
Une attitude constante
6- Conformément aux directives Chrétiennes exprimées dans l’Exhortation Apostolique, ainsi qu’aux principes courageux diffusés à travers les lettres collectives de Conseil des Patriarches Catholiques d’Orient, les membres de la présente Session déclarent:
a) Qu’ils s’engagent à poursuivre le véritable dialogue fraternel, basé sur la dignité humaine et le respect mutuel, qui reconnaît la liberté de conscience et de pratique religieuse, considérant que ce dialogue est le meilleur moyen pour instaurer une entente Nationale durable et permanente. Pour cela, ils dénoncent toute violence issue de la différence des principes et des opinions. Ils refusent toutes violations des droits des innocents, à quelques confessions religieuses qu’ils appartiennent, et toutes contraintes imposées à nos frères qui se réfugient légalement au Liban n’admettant aucun prétexte à n’importe quelle sorte de ces contraintes physiques ou morales. Ils supplient leurs concitoyens de bannir définitivement la guerre civile et les affrontements confessionnels.
b) Ils partagent avec leurs frères le même destin, au Liban et dans les pays arabes; ils luttent avec eux pour faire passer le bien général avant intérêt particulier, qu’il soit celui d’une collectivité ou d’un particulier, afin de bâtir une société politique stable, basée sur le respect des droits de l’homme et pour assurer une participation aux devoirs et fournir les mêmes chances à tous que «les chrétiens du Liban et de l’ensemble du monde arabe, fiers de leur héritage, contribuent activement au perfectionnement de la culture» (Exh. ap., 13).
c) Ils déclarent que l’Eglise est prête, avec tous ses moyens, à poursuivre de plus en plus, le service de l’éducation et celui du pauvre, du démuni et du handicapé; à soutenir les initiatives de l’Etat pour assurer des soins médicaux efficaces, un bon enseignement et le développement de la société. Toutefois, l’Eglise refuse que l’Etat la contrecarre dans ses activités, lui attribuant la responsabilité de l’échec, ou la rendant responsable d’avoir manqué à son devoir dans des affaires qui sont du ressort fondamental de l’Etat.
d) Ils incitent leurs fils à œuvrer pour une réconciliation complète, pour obéir aux enseignements de l’Evangile lesquels condamnent la vengeance, et ils invitent au pardon, à la patience quant aux injures, à vaincre le mal par le bien et à imiter Dieu qui «fait lever son soleil sur bons et les méchants».
7-
L’Assemblée des Patriarches et Evêques Catholiques au Liban,
qui groupe les six Eglises Catholiques, travaille en collaboration, coordination
et entraide dans différents domaines pastoraux: une organisation
commune, un engagement apostolique commun dans le service sacerdotal et
religieux, une œuvre commune sociale, éducationnelle, d’hospitalisation
et sanitaire, à travers des institutions et des organismes appartenant
à l’Eglise.
En
plus de cela, cette Assemblée qui met en relief la société
libanaise, c’est-à-dire «la diversité dans l’unité»,
travaille, dans un esprit de communauté ecclésiale, à
former une vision commune de l’Eglise relative aux besoins de la société
et à ses aspirations, et à l’enthousiasme avec lequel les
Eglises Catholiques du Liban, cherchent à collaborer entre elles,
et avec tous les Conseils Ecclésiaux qui existent dans la région
du Moyen-Orient, parce que des problèmes communs les unissent et
le même destin les attend. Ils travaillent aussi, à assurer
ce qui permettrait aux prêtres, aux religieux et aux fidèles
laïcs, de participer à la vie de l’Eglise et à sa mission,
à travers ce qu’elle possède d’organisme paroissiaux; lesquels
exigent la collaboration de toutes les forces vives de l’Eglise, pour penser,
planifier et l’éxécuter ensemble. C’est ce qui a lieu entre
l’Assemblée et ses dix-huit Commissions.
Dans
le service que l’Eglise rend, elle unit la dimension spirituelle et la
dimension Nationale, en partant de l’Ecriture Sainte de laquelle elle s’inspire
dans sa vie et sa mission. Cette dimension historique, sociale et spirituelle
d’une part, et la croyance en Dieu et en sa présence active dans
l'histoire d’autre part. Pour cela "l’Exhortation Apostolique n’a pas porté
son attention exclusivement sur les questions internes à l’Eglise
Catholique du Liban et à sa vocation si particulière».
(Exh. ap., 6)
C’est
sur cette base que les Patriarches et Evêques Catholiques du Liban
ont fixé le but de leur Assemblée, dressé un plan
de son travail, pour celle-ci et donné de l’efficacité à
ses Commissions, cela à la lumière des principes qu’émet
l’Exhortation Apostolique, et grâce à la force de l’élan
imprimé par la préparation du Synode pour le Liban, en suivant
la méthode de travail établie par cette Exhortation et qui
consiste à écouter attentivement toutes les catégories
de gens vivant au pays. Et c’est cela qui pousse l’Assemblée
à prendre des décisions courageuses pour mettre en application
les souhaits et les recommandations que l’Exhortation contient. (cf. Exh.
ap., 124)
Engagement Général
8-
Que l’édification de la société libanaise soit une
œuvre commune entre tous les libanais ceci exige de chacun de nous, et
de nous tous, grâce à l’espérance qui est en nous,
un engagement de rénover les personnes, la structure ecclésiale
et la tâche paroissiale; et aussi, un engagement à témoigner
pour la charité, sur le plan de la communion et de l’unité
au sein de l’Eglise, à témoigner pour le dialogue national
et pour le service de la société, conformément à
ce que nous lisons dans l’Exhortation Apostolique dans ses six chapitres,
concernant la description de la situation du Liban sur tous ces plans,
les principes chrétiens et nationaux sur lesquels il faut se baser
et les tâches qu’il faut accomplir de la part de l’Eglise et des
autres, afin d’appliquer les principes aux situations réelles.
Ce
qui est exigé en premier, c’est la diffusion de l’Exhortation Apostolique
et l’accueil que tous lui réserveront; l’étude sérieuse
qu’on en fera pour en connaître les lignes principales et les grands
axes; et L'acquisition de l’esprit qu’elle répand. Les Pères,
tout en encourageant toutes les initiatives prises pour cela: colloques,
conférences et études, félicitent les mass-médias:
télévisions, radios et journaux, en particulier Télélumière
et la Voix de la Charité pour les programmes présentés
et pour les revues éditées par les différents patriarcats,
diocèses et ordres ou institut religieux.
Décisions Pratiques
9-
Les dix-huit commissions ont pris des décisions pratiques qu’elles
s’obligent à respecter et à diffuser aux patriarcats, aux
diocèses aux ordres et instituts religieux, aux institutions apostoliques,
aux organismes sociaux et aux autres catégories concernées.
Ces décisions sont relatives aux affaires suivantes:
a)
Affaires Ecclésiales
1- Créations de commissions liturgiques sur différents plans: Patriarcat, Diocèse et Paroisse, pour s’occuper des cérémonies liturgiques dans les Cathédrales épiscopales et dans les Eglises paroissiales: Ste Messe et tous rites et prières liturgiques.
2- Rénovation des programmes de l’enseignement théologique dans la Faculté Pontificale de Théologie et dans les autres Instituts liturgiques ecclésiastiques au Liban. Ceci en coordination entre eux, afin d'approfondir l’étude du patrimoine ecclésial antiochien et de découvrir les trésors de la théologie et des traditions de la spiritualité orientale.
3- Formation d’une commission pour les vocations cléricales et religieuses dans chaque diocèse sous le patronage d’une commission patriarcale.
4- Remettre en honneur des rencontres œcuméniques périodiques entre les pasteurs des différentes églises, se trouvant dans une même région. Ces rencontres s’appuient sur la prière, la réflexion et l’échange d’opinions en commun, elles aident aussi à faire connaître le patrimoine antiochien commun et à vivre selon sa spiritualité, et elles contribuent encore à se former une mentalité œcuménique.
5- Se conformer à ce qui a été statué dans le document élaboré ensemble par les patriarches catholiques et orthodoxes dans le Couvent Notre Dame à Charfé, en date du 4/10/1996, relativement aux mariages mixtes.
6- Avoir le souci de recruter des prêtres, des religieux et religieuses pour travailler dans les pays d’émigration, et la consolidation de l’esprit apostolique dans les diocèses et les paroisses à travers les moyens d’information.
7- Pour renforcer le dialogue Islamo-chrétien, on tâchera de faire connaître de façon objective aux musulmans le contenu de la religion chrétienne, dans ses composantes fondamentales et on acceptera une connaissance identique de l’islam faite par ses responsables religieux.
b) Affaires Sociales
1- Diriger Caritas-Liban vers le travail collectif du développement, vers la décentralisation et vers une meilleure collaboration avec l’Eglise Catholique locale. Créer un esprit de collaboration et de solidarité entre les institutions humanitaires ecclésiales, avec les institutions similaires dans toutes les religions.
2- Adopter le projet proposé par les institutions éducationnelles catholiques, dans ses deux branches, scolaire et universitaire, pour créer une caisse mutuelle catholique, commune aux écoles et aux Instituts catholiques et d’enseignement supérieur, afin de faire face aux difficultés financières croissantes et qui entravent la mission éducative de l’Eglise.
3- Porter les responsables des Institutions éducatives à tâcher à contracter les frais de l’enseignement de manière à ne pas surcharger les familles nécessiteuses, et à doubler d’effort pour maintenir une vieille tradition, à savoir que l’Eglise Catholique accueille ses fils, les élèves nécessiteux.
4- Travailler auprès du Ministère de la Santé et de celui des affaires sociales pour mettre un plan sanitaire dans le pays et qui rendra positivement service aux libanais, comme la carte de santé, la sécurité de vieillesse; assurer les «frais réels» à la personne âgée, au malade, au handicapé et à l’orphelin.
5- Travailler à fonder un comité pour ceux qui travaillent dans le domaine de la santé, dans le but d’humaniser la médecine et de mettre en pratique les directives de l’Eglise.
c) Formation des fidèles laïcs et leur mission.
1- Renforcer les Centres existants pour la formation théologique et scripturaire des laïcs.
2- S’engager à ce que l’enseignement du catéchisme dans les écoles privées et officielles, soit progressivement confié à des maîtres spécialisés, ayant suivi des sessions de culture religieuse dans des Centres de formation pour maîtres de catéchèse.
3- Confier aux laïcs un rôle actif dans toutes les Commissions Episcopales, les Comités et les Instituts qui relèvent de ces commissions.
4- Travailler à créer des Conseils Pastoraux dans les diocèses et les paroisses, là où ils n’existent pas encore.
d) Le Marriage et la Famille
1- Coordination entre la Commission Episcopale pour l’Education et la Culture - les universités, pour:
a) Préparer des programmes pour la formation familiale. Composer un guide pastorale pour la famille.
b) Fonder un Institut pour préparer des éducateurs, des formateurs et des guides pour le mariage et la famille.
2- Création de nouveaux centres de sollicitude pastorale pour la famille dans les diocèses, afin de préparer au mariage, de conseiller, de diriger et d’accompagner (les jeunes mariés); lancer un appel à leurs fils, les jeunes, pour préparer leur mariage avec les prêtres de leurs paroisses, un mois avant la célébration de ce mariage.
3- Créer dans chaque diocèse une commission pour la famille et la faire représenter dans la Commission Episcopale générale pour la Famille.
4- Instituer le 15 mai, de chaque année, «Fête de la Famille au Liban».
e) l'Enseignement et l’Education
1- Rendre efficace la coopération entre les Instituts Catholiques pour l’Enseignement Supérieur, conformément à ce que suggère l’Exhortation Apostolique d’une part, et d’autre part, au règlement de la coopération entre ces Instituts. (art.2 n°2) lequel stipule de poser une politique pour répandre les Instituts d’Enseignement Supérieur dans toutes les régions du Liban, de différencier les spécialités et les programmes d’enseignement dans ces Instituts, et de fixer les critères d’après lesquels on ouvrira des universités, des collèges universitaires ou de nouvelles branches, en application du paragraphe 108 de l’Exhortation Apostolique.
2- Fonder un Comité de Professeurs Universitaires Catholiques au Liban.
3- Créer une unité de formation religieuse dans chacune des branches des Instituts Catholiques.
4- Inciter les responsables des Instituts d’enseignement à poursuivre leur engagement à appliquer les directives du Secrétariat Général des Ecoles Catholiques.
f) L’Information
1- Diffuser les documents pontificaux et les publications spirituelles et religieuses, y compris des bandes magnétiques et les films.
2- Spécialiser des prêtres, des religieux et des religieuses dans les différents domaines de l’information; les encourager, avec les laïcs, à participer aux activités informatives religieuses, particulièrement à celles qu’organise la Commission Episcopale pour les Moyens d’Informations, et à collaborer avec «Radio, Voix de la Charité» et «Télélumière».
g) La Jeunesse
Faire renaître «la journée mondiale de la jeunesse» au Liban; de sorte que les jeunes qui sont la grande richesse de la nation, puissent réaliser leur croissance et leur maturité humaine et spirituelle; qu’ils puissent connaître leur vocation, découvrir leur place dans l’Eglise et le Liban, et «participer aux différentes structures de la vie sociale». (Exh. ap., 51).
10-
Les Pères ont procédé à l’élection du
Conseil du Comité de Caritas-Liban, comme suit:
-
Le Père Elie Madi, m.l., a été élu président
de Caritas-Liban, pour succéder à son Excellence Mgr Youhanna
Fouad Hajj, élu Evêque du Diocèse Maronite de Tripoli.
-Ils
ont reconduit, pour un nouveau mandat:
*
Général Faouzi Abou-Farhat, Vice-président.
*
Dr. Adib Tarabay, Trésorier.
*
Père Abdallah Assi, Aumônier Général.
-
Maître Raymond Chébel Al-Hachem a été élu
Secrétaire Général, pour remplacer Maître Joseph
Farah, dont le mandat a pris fin.
De
nouveaux membres ont été élus pour faire partie du
Conseil du Comité, pour remplacer ceux qui avaient démissionné
ou dont le mandat a pris fin. Ce sont:
-
Le Père Charbel Hajjar, de L'Ordre Melkite Catholique.
-
L’avocat Fadi Barcha, pour le Diocèse des Grecs Melkites Catholiques
de Saïda.
-
L’Ingénieur Fouad Chamoun, pour le Diocèse Maronite de Saïda.
-
Mr Jean Mrad, pour le Vicariat Patriarcal Maronite de la région
du Jébbé. (Liban Nord).
-
L’avocat Pierre Antoun Karam, pour le Diocèse Maronite de Jounieh.
Sur
le plan de l’Assemblée des Patriarches et Evêques Catholiques,
les Pères ont pris les dispositions suivantes:
-
Election de Son Excellence Mgr Béchara Raï, président
de la Commission Episcopale pour la Famille, pour succéder à
Son Excellence Mgr Georges Kwaiter, démissionnaire.
-
Ils ont chargé le Conseil de Présidence et du Comité
Exécutif de composer une commission mixte pour programmer la mise
en application de l’Exhortation Apostolique.
A
l’occasion de la Fête de l’Indépendance, l’Assemblée
des Patriarches et Evêques Catholiques du Liban se plaît d’offrir
à tous les libanais: Président, Gouvernement et peuple, ses
meilleures félicitations, souhaitant que le Liban retrouve bientôt
toute sa santé et son Indépendance, ils affirment que l’Eglise
Catholique au Liban est toute disposée à être au service
de tous les citoyens.
Au
seuil du troisième millénaire de la naissance du Christ et
au début de la seconde année préparatoire à
cet évènement, laquelle année est consacrée
à l’Esprit-Saint, nous nous attachons fermement à l’espérance
chrétienne et nous nous engageons, individus, groupements et institutions
à un renouveau spirituel; nous partons pour témoigner de
l’amour de Dieu dans l’Eglise, dans la Société et dans la
Nation, et aussi, nous nous préparons à célébrer
le Grand Jubilé de l’An 2000. Nous confions nos efforts à
l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu, notre Dame
du Liban, que nous vénérons fidèlement et sincèrement.
En
cela, nous espérons, avec Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II
«que les efforts de chacun, par amour pour le Seigneur et pour son
Eglise, porteront de nombreux fruits pour la vie ecclésiale et pour
la société libanaise tout entière. Alors, le Liban,
l’heureuse montagne qui a vu se lever la Lumière des Nations, le
Prince de la Paix, pourra pleinement refleurir, il répondra à
sa vocation d’être lumière pour les peuples de la région,
et signe de la paix qui vient de Dieu» (Exh. ap., 125).
Et
alors que l’Eglise vit un temps de préparation à Noël,
fête de la Naissance du Seigneur Jésus, Sauveur de l’Homme
et Fils de Dieu qui a pris corps pour renouveler la face de la terre. «et
sauver tous les hommes pour qu’ils arrivent à connaître la
Vérité» (Tim 2,4) nous espérons que «la
Bonne Nouvelle» du Salut sera pour tous les hommes, source de force,
de joie et d’espérance. Alors le peuple «poussera comme un
palmier; il grandira comme un cèdre du Liban» (Exh. ap., 125).