La Confédération des Congrégations  

1- L'ORIGINE :

        Les confréries mariales , mouvement de vie chrétienne , ont vu leur existence officielle confirmée par les papes et ont porté un des surnoms de la Vierge Marie tel que l'Immaculée Conception, Notre Dame des douleurs, Notre Dame de l'Assomption, Notre dame du Rosaire, Notre Dame de l'Annonciation ....

        La première congrégation mariale érigée en 1563, fut la congrégation établie au "Collège Romain" des Pères Jésuites à Rome. Cette congrégation fut fondée par le père Jean Lenice en faveur de ses écoliers en classe de 5eme afin de stimuler l'ardeur chrétienne dans leur vie réelle. Il s'est avéré que leurs vies ont changé et qu'ils se sont surpassés dans leurs études; alors l'idée se propagea aux classes supérieures et en fin d'année on pouvait compter 73 élèves reçus dans la confrérie .(1)

(1) La seule référence utilisée: Manuel de ma consécration mariale. R.P.Hubert Houflain, C.M. Imprimatur 7 Julii 1956-Pierre Girard,S.S. - Lutetiae Parisiorum .
*Adresse : Association  des Enfants de Marie Immaculée. Secrétariat central - 67,Rue de Sèvre - Paris VI   .
page 21 -La congrégation Prima Primaria, établie à Rome au collège Romain, en faveur des écoliers de la compagnie de Jesus....
 
2-L'EXTENSION:

        La nouvelle n'était plus un secret et dès lors les congrégations se développèrent dans les écoles et les universités d'Europe; puis elles envahirent l'Amérique de Sud, le Canada, le Moyen Orient, l'Inde, la Chine, le Japon et les pays d'Afrique....Partout où les pas des missionnaires avait foulé le sol.
        Un peu plus tard les confréries d'adultes, réservées spécialement aux diverses classes sociales, virent le jour: magistrats, docteurs, ingénieurs, travailleurs, commerçants  militaires, et même prêtres et clergé.
        Le plus surprenant dans cette propagation au XIXe siècle et surtout au XXe, c'est que malgré la naissance de dizaines d'organisations modernes similaires, les confréries mariales seulement ont vu la moyenne d'augmentation en nombre (2) s'élever de 10 à 100 au XIXe siècle puis jusqu'à la moyenne de 426 annuellement.
Entre les années 1904 et 1930 cette moyenne s'élève à 1000 par an. En 1934 le nombre de 1205 congrégations mariales virent le jour et en 1935  une affaire de 1277 congrégations (3). Rien qu'aux Etats Unis, le 31 decembre 1947, le nombre atteint était de 14828 congrégations qui comptaient 1 700 000 confrères ... en moyenne 115 personnes dans chaque congrégation .
        Dans le monde entier le nombre dépassait les 600 000 dont quelques unes groupaient mille personnes et davantage; par exemple en 1948 la congrégation des universitaires de Madrid comptait 1000 confrères ;En Guadeloupe au Mexique 1200; à Barcelone en Espagne 2000 et à Munich en Allemagne 5000 confrères.
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(2) Je me permets une remarque que vous pouvez négliger: Pourquoi omettre les apparitions de la Sainte Vierge à Sainte Catherine Labouré en 1830 ainsi que l'association des Enfants de Marie Immaculée liée à ces apparitions?
(3) cf.Manuel....page 9 Extrait du discours de S.S.Pie XII à l'audience qui groupait 7000 Enfants de Marie Immaculée au lendemain de la béatification de sœur Catherine Labouré le 29/5/1933  " ...Vous nous rappelez que la Sainte Vierge a dit qu'Elle désirait une association..... Son désir est magnifiquement exaucé puisque vous n'êtes ici, quoique si nombreuses, que la représentation de 200 000 Enfant de Marie Immaculée .
 
3-LES TRAVAUX :

        Les congrégations n'ont pas de travaux spécialisés. Elles éduquent des personnalités chrétiennes, qui à leur tour, entreprendront des projets adaptés à leur environnement et à leur siècle; par exemple: quand le protestantisme à vu le jour, les congrégations s'y sont opposés formellement. Par ailleurs, l'histoire confirme que les congregations ont pris part au mouvement réformateur que le Concile de Trente avait lancé, et, dans la fameuse bataille de Libania, tous les chefs ainsi que la plupart des soldats étaient consacrés dans des congrégations comme le montre la sculpture mémoriale sur les murs de la citadelle Baude.
Enfin, partout dans le monde les confréries offraient le meilleur soutien aux missionnaires lors de leur évangélisation .
        S.S.Le Pape Pie XII affirme dans un rescrit apostolique édité le 27 septembre 1948 que les congrégations "mettent toute leur force, partout dans le monde, dans toute sortes de missions apostoliques, chez toutes les classes sociales...surtout chez les jeunes et les travailleurs en les incitant à adopter une vie chrétienne plus profonde, de même chez les pauvres en les aidant matériellement et spirituellement."
        En effet, les congrégations ont fondé plusieurs œuvres de bienfaisance, édifié des écoles gratuites et des collèges d'apprentissage de métiers afin de promouvoir les travailleurs...formant ainsi l'avant-garde de l'Action Catholique.
        Sur un plan plus large, les congréganistes essayèrent de mettre des lois en accord avec les principes de l'évangile et de la justice sociale, cela à travers les Sénats et autres postes élevés. Par exemple, la congrégation masculine de Cayenne qui cite parmi ses travaux: Apprendre un métier aux jeunes et trouver du travail aux chômeurs; donner des prêts sans interêts et des soins médicaux gratuits aux malades; présenter une assistance judiciaire aux prisonniers, ouvrir des magasins spéciaux pour les pauvres, assurer la survie des vieillards, enseigner le catéchisme....et ainsi de suite.
        Voici un autre exemple, la congrégation de Paris qui étendit son apostolat au XIXe siècle jusqu'à fonder des associations telles que les œuvres de charité pour les hôpitaux, les clochards, les prisonniers...et encore la Bonne Presse, les Défensseurs de la Foi, l'Aide aux Missionnaires....et les Bonnes Etudes qui fut à la base de la fameuse association de Saint Vincent de Paul .
        Et de même,  l'exemple de la confrérie des travailleurs à Budapest (Hongrie) qui exerce ses activités sur 28 secteurs tels que: la liturgie, l'imprimerie, l'éducation, les missions, les vocations, le catéchisme, le théâtre, les donations, les prisons, les hôpitaux, les bibliothèques, les oraisons, la musique, l'apprentissage de métiers, les loisirs et autres....
        Et puis l'exemple des congrégations de Moléne qui, le 15 août 1966 , ont inauguré un hôpital spécialisé en cardiologie et pourvu des plus récents équipements. Cet exploit a été entrepris par les médecins affiliés à la congrégation, pour servir leur ville.
        Enfin à Rome, une congrégation de nobles, s'occupe de plusieurs écoles techniques, et, à Mexico une seule congrégation entreprend la formation chrétienne de plus de six mille enfants .
        Il est nécessaire de mentionner, dans ce domaine, des hommes qui ont grandi dans les congrégations mariales et qui ont servi leur siécle temporellement et spirituellement, des croyants venant de différentes classes sociales qui ont pu évoluer en sainteté.
        Effectivement, plus de cent saints que l'Eglise a promus sur les autels proviennent des congrégations . Nous en trouvons d'autres tels que: Pierre Canisius, Francois de Sales, Alphonse de Liguori. Nous y trouvons aussi 27 fondateurs et 9 fondatrices qui ont érigé 42 ordres, tels que:
Saint vincent de Paul  fondateur des Pères Lazaristes.
Saint Jean Baptiste de la Salle fondateur des Ecoles Chrétiennes .
Les Missionnaires de Champagne fondateurs des frères Maristes.
Nous y trouvons encore les jeunes Saints tels que: Stanislas Kostka, Louis de Conzaque, Jean Berchmans, Bernadette Soubirou, Thérèse de l'Enfant Jésus, Dominique Savio.
**Une seule congrégation à Rome a donné 97 cardinaux et évèques et cela en 100 ans seulement .
**Ce qui mérite d'être cité, c'est que 21 sur 29 Souverains Pontifes qui ont dirigé l'Eglise Catholique étaient engagés dans des congrégations; les plus récents étant les Papes : Paul VI, Jean XXII, Pie XII, Pie XI, Benoît XV, Leon XIII, Pie IX; c'est à dire tous les Papes de ce siècle sauf Pie X dont l'affiliation à une congrégation n'a pu être prouvée.
 
4-QUELQUES REMARQUES LEGISLATIVES:

        La première congrégation a été fondée au départ, en réponse à une idée éducatrice généreuse , sans loi ni lien ecclesiastique et puis le reste des congrégations crées s'en sont inspirées et se sont proposées des statuts adaptés à leurs besoins; puis ont demandé leur érection canonique directement au Saint Siège.
        Après une expérience de 21 ans, le 5 janvier 1584, un rescrit de S.S.Grégoire XIV, confirme l'existence officielle de la congrégation du Collège Romain, la désignant comme étant la Congrégation - Mère à laquelle sont affiliées toutes les congrégations érigées dans les collèges des Pères Jesuites dans leurs universités et leurs couvents.
        En 1587 S.S.le Pape Sextus V pose un réglement unifié et autorise les congrégations dans les couvents alors qu'elles étaient restreintes aux collèges .
        Pendant 200 ans, ces congrégations ne recevaient que des membres du sexe masculin, ce n'est qu'en septembre 1751 que S.S. le Pape Benoît  XIV émit un décret permettant l'affiliation des membres de sexe feminin à la Congrégation- Mère .
        En 1773 d'importants évènements ont eu lieu. Les congrégations n'étaient plus placées sous le patronnage des Pères Jésuites et leurs modalités changèrent légalement et spirituellement car S.S.le Pape Clement XIV annule le 21 Juillet, l'ordre des Jésuites.
        Cependant, le 14 novembre 1773, il replace le Collège Romain et la Congrégation Mére sous le patronnage de trois cardinaux. Dès lors les congrégations se renouvellèrent dans les paroisses.
        Le 7 juillet 1814, il réhabilite l'ordre des Jésuites et lui remet le Collège Romain, puis autorise son Supérieur Général de joindre à la Congrégation-Mère toutes les congrégations du monde, ceci en plein accord avec leurs archevêchés respectifs. Le nombre des congrégations jointes augmenta, surtout les congrégations feminines dans les paroisses, mais l'esprit se trouva affaibli à cause de la faiblesse de leurs  Prêtres - directeurs (ou aumôniers//) et la prière pris le pas sur la mission .
        Le XXe siècle amène avec lui une renaissance nouvelle et nous assistons en 1910 à une évolution législative. Puis pour la première fois dans l'histoire en 1922, un Bureau Central est fondé à Rome ayant pour but d'appuyer la spiritualité des congrégations adhérentes .
 
5- LA FEDERATION MONDIALE:  (OU INTERNATIONALE)

        Ce Bureau Central encourage l'institution locale des secrétariats, organise des congrès, édite en 1931 une revue mondiale de communication, encourage les études et les publications, conseille d'ériger des fédérations dans tous les diocèses et dans les pays du monde entier. Enfin, il fonde "LA FEDERATION MONDIALE DES ASSOCIATIONS MARIALES" que S.S. le Pape Pie XII confirme par un décret pontifical.
        La  fédération est dirigée par un conseil général et un conseil exécutif.
- Le conseil général est composé des membres du conseil executif en plus des représentants de tous les pays .
- Le  conseil exécutif comprend :
    *Un directeur général de la Fédération Mondiale,supérieur désigné par Le Saint Siège .
    *Un sous directeur qui est en même temps le directeur du Bureau Central  .
    *Sept  responsables élus par le conseil général pour une période de trois ans,comprenant, entre autres, un président, un secrétaire et un trésorier.
        Nouvelle conquête des congrégations qui pendant 400 ans menaient une vie solitaire, indépendantes les une des autres, cette FEDERATION revoit les lois et les statuts des congrégations selon les exigences du siècle et l'influence du Concile Vatican II, cela sur le plan spirituel, légal et admininstratif.
        De là , le supérieur général des Pères Jesuites, en 1967, délaisse totalement tous ses pouvoirs spéciaux conférés préalablement, ainsi que tout lien de direction, avec les congrégations. Désormais le pouvoir législatif et la direction seront dans les mains de LA FEDERATION MONDIALE  GENERALE à laquelle le Saint Siège accorde officiellement, le 25 mars 1968, son approbation solennelle et sa supervision.
 

    LES CONGRÉGATIONS EN ORIENT:
 
        L'apparition des congrégations en Orient remonte aux années 1609 à Istamboul, 1631 à  Alep et 1644 à Sidon (Liban) où elles furent fondées par les Pères Missionnaires Jésuites pour les communautés françaises .

I - A  ALEP :

        Les Jésuites sont arrivés à Alep au début du mois d'août 1625, ils furent pérsécutés et chassés, ils revinrent plus tard et s'y installèrent .
        Le 13 juillet 1631 ils fondèrent pour la communauté française vivant à Alep, la congrégation de "Notre Dame de l'Assomption";  il est mentionné que le consul de France assistait à ses réunions et que l'un de ses membres est entré dans l'ordre des Capucins .
        Après cela, ils fondèrent à l'église maronite une seconde congrégation masculine "l'Immaculée Conception" dont on ignore la date de  fondation, mais,sur des manuscrits conservés de cette époque est inscrite la date de son arrêt à cause des persécutions et de la fermeture des églises et celle de son rétablissement sous la direction du Père Kyros le 15 aout 1635.
        Nous savons aussi que le Père Amieux traduisit en 1639, le réglement des congrégations et le Petit Office de l'Immaculée Conception; et qu'en 1650, il érigea une congrégation aux jeunes et une autre aux arméniens catholiques .
        Ces congrégations se trouvaient pendant 100 ans dans l'embarras, à cause des pérsécutions et des difficultés continues, parfois elles arrêtaient toute activité; d'autres fois, on se réunissait en secret, au Khan des Français. Cela jusqu'en 1752 date à laquelle le père Cuisset  anima en elles un nouvel esprit . Les premières congrégations qui en bénéficièrent furent celle des Maronites et celle des Arméniens, elles obtinrent un décret officiel de Rome le 26 mai 1757.
        Les registres de la congrégation arménienne mentionnent six congrégations fondées ou renouvelées à Alep en 1752  chez les maronites, les arméniens, les melkites et les syriens catholiques. Quelques unes de ces congrégations ont changé, seule la congrégation de " l'Immaculée Conception" arménienne et celle de "l'Annonciation" chez les catholiques sont restées les mêmes et ont fêté ensemble leur bicentenaire du 6 au 21 mai 1952 . A cette occasion les évêques d'Alep ont publié une lettre paroissiale le 25 février 1952 dont voici un extrait :
         "A partir d'Alep l'expanssion des congrégations mariales s'est faite le long des années. Pas une église n'était batie sans sa congrégation, celle-ci étant la forme la plus parfaite de l'adoration en ce temps là . Ainsi les congrégations régnèrent sur tous les centres vitaux chrétiens et semblèrent être le phénomène idéal de la religion dans le monde.
        Sans doute l'histoire de ces congrégations mariales écrit une des plus belles pages de l'histoire moderne alépine chrétienne et l'on peut dire que la vie des chrétiens durant les deux dernières générations était toujours imprimée du cachet du soufisme marial".
 
II - LES CONGREGATIONS AU LIBAN

        Les pères Jésuites, venant de Syrie au Liban s'installèrent à Sidon en 1644, à Tripoli en 1645 et à Aïntoura - kesrouan en 1953.
        La première congrégation fut fondée à Sidon, à Khan el Franj (...des européens ) par les bons soins du Père Ricordie arrivé à la date mentionnée ci-dessus à  Sidon, il l'erigea pour les commerçants et la communauté Française sous le nom de l'Immaculée Conception. Nous savons qu'elle produisit des fruits exeptionnels et qu'elle était réputée pour la sainteté de ses membres ainsi que leurs actions bienfaitrices. L'un de ses premiers membres et commerçant habile, François Lambert, après plusieurs voyages et aventures en Perse et en Inde, rentra dans l'ordre des Jesuites et c'est lui qui fonda la congrégation de Aïntoura.
        Nous savons que les  Pères Jésuites prennaient ces bases comme des points de départ pour une extension vers les villages côtiers et montagnards: de Sidon au chouf et à Beyrouth; de Tripoli à Akkar, Lattakieh, Bcharré et Batroun; de Aïntoura aux régions côtières et jusqu'aux sommets du Metn et du Kesrouan.
        Dans leurs tournées, ils faisaient des sermons, animaient des récollections, enseignaient le catéchisme aux enfants et tentaient toujours d'ériger des congrégations
        Lors de sa réunion, le synode libanais de 1736 porta toute son attention aux congrégations et leur consacra le chapitre 4 de la quatrième partie de ses travaux où il lia intimement l'érection et l'existence officielle des congrégations aux pouvoirs du Patriarche, et encore, les membres du conseil devaient être élus chaque année: la même personne ne pouvait en aucun cas assurer la même fonction deux années consécutives sauf sur permission spéciale accordée par l'Evêque. De même chaque congrégation devait avoir un local pour ses réunions et ses prières, un aumônier désigné par Mgr. l'Evêque et tout ce qui s'en suit comme législation et statuts concrets prouvant ainsi l'immensité de l'expansion de ces congrégations. Le Patriarche Doueihi (1670 -1704) le plus grand patriarche maronite était affilié à une congrégation. Mais les guerres consecutives au Liban avec les incendies, les destructions et les déplacements de population qui les accompagnèrent, détruisirent les registres et les dates des premières fondations de congrégations.
 
1- La première congrégation libanaise

        Parmi les congrégations déjà citées nous mentionnons spécialement celle de Aïntoura - Kesrouan fondée en 1635, non pas seulement parcequ'elle est la plus ancienne congrégation toujours vivante depuis 325 années, mais aussi parcequ'elle est la première et la mère de toutes les congrégations libanaises, celles de Sidon 1644 et de Tripoli 1645 étant aux européens .
        Il y a aussi la congrégation de Deir El Kamar à Haret El Khandak qui, d'après un manuscrit conservé chez l'un de ses membres, a été fondée le 8 Decembre 1777 et fut longtemps considérée comme étant la plus ancienne confrèrie existant jusqu'au jour où nous avons découvert l'histoire de la congrégation de Aïntoura - Kesrouan.
        Le reste des congrégations anciennes et qui existent toujours remonte au XIXe siècle; nous citons celles de: Batroun 1800, Baskenta 1820, Rechmaya 1830, Byblos 1831, Zahlé (La Cathédrale) 1832, Ghazir 1833, Bikfaya 1837, Maad 1840, Zahlé. Les Jesuites 1848, Bkaakafra, Asnoun, et Bchehlé 1850 (1), Kanat et Sahel Alma 1851, Hasroun, Bcharré, et Ghazir. Les Jesuites 1853, Rmeich et Zghorta 1854 ( cette dernière à été fondée par le héros libanais Youssef Bey Karam) (2) .Plus le temps passait, plus elles augmentaient sans cesse en nombre.

2 Trois Remarques se rapportent aux Congrégations Libanaise

        En remontant dans l'histoire nous retrouvons Deir el Kamar dont la congrégation possédait un local spécial, devant lequel une cour s'étendait avec un banc en pierre tout autour loin du regard des curieux, et où se réunissaient les notables des chrétiens afin de discuter de leurs affaires importantes. De cette respectable congrégation s'est ramifiée la congrégation de "Haret el Delghaneh" en 1868, puis une troisième, spéciale aux filles en 1870. Là , il est important de souligner que :
1- Les congrégations féminines dans notre pays sont relativement récentes quant à leurs fondations et rares à trouver avant celle de Deir el Kamar .
2- Toutes ces congrégations, feminines ou masculines, ont été fondées sous le nom de "l'Immaculée Conception", appellation courante chez les maronites, à tel point que certains parlaient des congrégations de "l'Immaculée conception" comme si elles étaient  une section particulière des associations mariales.
3- Les congrégations, surtout au XXe siècle, malgré l'émigration de ses hommes et de ses personnalités ou de leur déplacement vers les villes et les régions côtières .... Malgré la vague de dévotions particulières telles que "l'adoration du Sacré Cœur", la dévotion à "la Bonne Mort" ou "Sainte Rita" ....qu'on appelait aussi  "congrégation" de façon à ce que les concepts étaient confus.
        Malgré la concurence des associations modernes...
        Malgré l'indépendance des congrégations les unes des autre dans nos pays...
        Malgré tout cela, les congrégations florissaient et augmentaient en nombre  jusqu'à atteindredans les années soixantes le nombre de 100 avec une affaire de 50 000 membres à leur actif et elles se trouvaient être avec tout leur peu de foi, de vertu et de lumière spirituelle, entreprenant des œuvre sociales de bienfaisance sans pareil.
 
3- La Création de la Fédération des Congrégations au Liban

        J'étais l'aumônier de la congrégation de Bikfaya entre 1946 et 1948 ; Après une absence de deux ans, soit le matin du dimanche 1 janvier 1951, le père supérieur du couvent ainsi que le président de la congrégation monsieur Youssef Bou Hayla et son conseil vinrent me demander mon avis sur la manière de célébrer leur centenaire , je leur répondit :"Voulez-vous un feu de paille ou une cérémonie de fondation ?"et quand ils me demandèrent ce que j'insinuais par là, j'expliquais :"Un feu de paille c'est une cérémonie de discours, des marques extérieures d'hospitalité et point final; tandis qu'une cérémonie de fondation, et là vous devez sûrement vous rappeler nos visites à des congrégations pleines de vie à Zahlé, Zghorta, Deir el Kamar et autres...Qu'en pensez vous si avec elles vous cherchez à vous lier, et avec toutes les congrégations du Liban, au sein d'une fédération qui vous soutiendra tous ensembles et épanouira la foi ? Ils s'enthousiasmèrent disant :"Exellente idée, nous sommes prêts à l'executer ! ".

4 - Un Front Spirituel

        Et comme un homme digne de ce nom tient ses promesses, ils s'engagèrent et portaient l'idée dans leur cœur à toutes les contrées du Liban, sacrifiants leurs repos pendant plusieurs dimanches consécutifs: ils visitèrent les évèques et les patriarches.., ils visitèrent les grandes congrégations; et le 3 mars ils présentèrent une pétition disant :
        Il existe dans la plupart des villages libanais ainsi que dans toutes les villes, des congrégations mariales ou autres, qui, si elles se joignaient et se réunissaient dans une seule fédération, pouvaient toutes être vivifiées et partir à la fondation de congrégations nouvelles dans le reste des villages, et pourraient, de même, former le plus large Front Spirituel capable de stimuler l'ardeur des âmes chrétiennes façe aux courants destructeurs, et de rayonner la foi autour d'elles .
        Les congrégations acceuillirent l'idée avec joie, les prélats donnèrent leur approbation et la fédération fut érigée sous le patronnage de l'autorité ecclésiastique. Elle entreprit des statistiques, elle visita toutes les congrégations, et au début de l'année 1952, elle fonda une revue mensuelle illustrée qui continue  à être éditée jusqu'aujoud'hui .

5- Les Chevaliers de la Vierge

        En 1958, la fédération porta son attention sur les forces juvéniles, elle leur érigea un mouvement éducateur dans le but d'éclairer leurs esprits et d'éduquer leur piété à partir de l'Evangile et de la Liturgie, qu'elle nomma "Les Chevaliers de la Vierge". En 1964, elle leur édita une revue spéciale.
        Aujourd'hui nous pouvons compter plus de dix mille membres répandus dans tout le Liban, sous les bons soins et la supervision de 700 jeunes hommes et jeunes filles responsables.
        Nous pouvons dire que le mouvement des Chevaliers de la Vierge si florissant est peut être la plus grande œuvre apostolique entreprise par la Fédération des Congrégations.

6- Les Avant- Gardes de la Vierge

        En 1979, les aînés des "Chevaliers de Marie" entre 15 et 22 ans, des classes du Brevet, aux Terminales et à l'Université se réunirent et fondèrent les "Avant-Gardes de la Vierge" qui sont " Un mouvement chrétien pour une élite de jeunes voulant approfondir la compréhension de leur foi chrétienne afin de la vivre avec conviction et hardiesse  .
         Ils ont posé UN PROGRAMME adapté à cette étape de leur âge et qui éduque en eux une personnalité chrétienne profonde; ils y ont introduit le Nouveau Testament en entier, les textes des Conciles et des Synodes, des conférences touchant les problèmes les plus importants qui préoccupent la conscience des jeunes d'aujourd'hui, des activités apostoliques, sociales, sportives, théatrales, et enfin des retraites annuelles communes, tout cela selon les besoins du milieu et les possibilités de chacun.
         Ce mouvement, avec ses règles et ses statuts, est aujourd'hui l'expression la plus évoluée des besoins de nos jeunes libanais .
            Les "Chevaliers" et les "Avant-Gardes" sont de la famille des congrégations et sont représentés dans leurs comités, même si chaque section a ses propres lois et sa propre direction qui les prend en charge.

7- Congrégation la Jeunesse de la Vierge 
        En 1994, les aînés des avant-gardes de la Vierge au Liban, ayant terminés les cinq ans consacrés aux programmes de formation humaine, religieuse, et apostolique, spécialement adaptés à leur âge, se réunirent en congrès afin d'organiser les congrégations de la jeunesse conformément à l'article 7 (page 10) du manuel " Nos méthodes et règlements" qui dit: "Une durée de 5 ans est fixée pour les Avant Gardes de Marie, ils pourront par la suite, se joindre à une section organisée pour les jeunes.
        Effectivement, suite à ce congrès, un comité central de jeunes fut formé et plus de 150 sections ainsi que quatre comités régionaux furent fondés. Un logo a été spécialement conçu pour les congrégations de la " Jeunesse de Marie" et par le comité administratif; ce logo symbolise ses buts, sa spiritualité et sa mission au sein de l'Eglise et de la société. De même un uniforme et un insigne ont été créés, enfin un hymne, en cours de préparation.
        Le but de l'organisation de cette section était d'assurer une continuité et de trouver une solution au problème du vide, au niveau du passage des Avant-Gardes aux Congrégations des jeunes d'une façon naturelle.
 

III - UNE LÉGISLATION UNIFIÉE

        Les diverses congrégations libanaises avaient besoin d'une législation unifiée qui puisse concrétiser l'essence de l'esprit  chrétien et de la noble tradition libanaise, en allant de pair avec l'évolution de leur milieu et les besoins du siècle.
Cela leur fut donné dans un réglement approuvé solennellement par les évêques et confirmé par le Patriarche Méouchi le 2/5/1970, et définitivement, après expérience le 12/10/1974. Ce règlement, qui donne des directives à chaque congrégation ainsi que les statuts de la fédération autorisés par les pouvoirs ecclésiastiques. Il répartit géographiquement les congrégations en districts .
        Les responsables respectifs des congrégations d'un district constituent le conseil régional qui donne naissance à un comité régional. Les présidents de ces comités régionaux forment le conseil central, le symbole d'union de la fédération et son corps législatif suprême d'où prend sa source, le corps exécutif qui n'est autre que le comité administratif .

IV- LES PROJETS DE LA FÉDÉRATION

        En plus des projets spirituels et sociaux que les congrégations entreprennent dans leurs paroisses....
En plus de leur dévouement pendant la guerre à aider les sinistrés directement ou par le biais des organisations mondiales....
Mis à part ses revues, ses "Avant -Gardes" et ses " Chevaliers de la Vierge"....
Elles ont fondé un Bureau de services sociaux en 1977 pour trouver du travail aux chômeurs et permettre des consultations judiciaires et médicales gratuites...
Et encore, ayant ressenti les besoins du siècle quant à une éducation religieuse, et suivant les reccomandations de l'Assemblée des Patriarches et Évêques catholiques en  2/4/1977 (art.3) la Fédération exécuta le projet du "livre religieux" dans le but d'aider les congrégations et le peuple chrétien dans tous les villages, à approfondir leur foi.
        "Nous implorons le Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie notre Mère, afin que les congrégations soient un instrument efficace à animer l'esprit de piété dans l'âme des générations des croyants à venir et qu'elles puissent leur présenter un motif pour maintenir l'illustre morale des traditions religieuses, patrimoine que nos pères et nos aïeux nous ont confié et que nous devons conserver au prix de nos cœurs et de nos corps. Et qu'enfin les congréganistes soient dans leur milieu le sel utile, le levain actif et la lumière paisible." (numéro de confirmation, Bkerké le 12/10/1974).
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(1) Beit Mery 1850
(2) Baabdat 1864 et Aïn Saadé 1866
 

Joseph WAKIM                                                                                        Père Maroun ABOU ZEID
    Président                                                                                                       Aumônier National