Béatitudes,
Excellence
représentant de Sa Sainteté,
Excellences,
Révérends
Pères Généraux et Mères Générales,
Chers
Frères et Sœurs,
Changement
de membres
1. Nous regrettons que notre confrère Sa Béatitude Maximos V Hakim, Patriarche d’Antioche pour les grecs melkites catholiques, n’ait pas pu, pour raison de santé, participer aux travaux de cette session. Nous accueillons chaleureusement son Excellence Mgr Jean Haddad, évêque administrateur apostolique du patriarcat, que Sa Béatitude a délégué pour le représenter à notre session.
2. Nous rappelons la clémence divine sur l’âme de notre frère Mgr Habib Bacha, métropolite de Beyrouth, décédé pendant cette année, et nous demandons à Dieu de lui donner la récompense des bons pasteurs. Nous accueillons aussi son successeur le métropolite Joseph Kallas, demandant à Dieu de couronner de succès son ministère auprès de ses fils du diocèse de Beyrouth.
3. Le décès de Mgr Joseph Thomas, archevêque de Beyrouth pour les chaldéens qui a lutté contre la maladie durant de longues années, nous a profondément touchés. Nous demandons à Dieu de l’accueillir au paradis avec les pasteurs appliqués. Nous accueillons avec joie son succeseur Mgr Michel Kassarji, administrateur patriarcal du diocèse, présent aujourd’hui parmi nous.
4.
Nous souhaitons tout succès à Son Excellence Mgr Antoine
Elias Beylouni, auxiliaire patriarcal des syriens catholiques, qui revient
au Liban après avoir accompli son ministère pastoral
à Alep.
Sur
le plan des congrégations, il y a eu les changements suivants:
5. L’Archimandrite Séraphim Kassabji nous rejoint en qualité de délégué apostolique de l’ordre basilien alépin à la place du supérieur général démissionnaire l’Archimandrite Abdallah Raheb. Qu’il soit le bienvenu.
6. Le Père Carmelo Fenianos, provincial de l’ordre des frères déchaussés, vient remplacer le Père Georges Boujaoudé, supérieur régional de la congrégation des pères lazaristes. Qu’il soit aussi le bienvenu.
7. Nous accueillons de même le Frère Antoine Jarjour, visiteur provincial des frères maristes au Moyen-Orient, qui remplace le Père Maroun Bassil, vice-provincial des frères mineurs capucins en Orient.
8. Nous accueillons aussi la Mère Clotilde Samaha, supérieure générale de la congrégation des sœurs basiliennes choueirites qui remplace sœur Marie Claude Roques, déléguée de la société de Jésus-Christ.
Thème
de la session
Le
thème de la session de notre Assemblée cette année
est: "les commissions épiscopales et leurs activités durant
les quatre dernières années". L’ordre du jour a pour objet
l’étude des activités de la commission du Jubilé de
l’an 2000, ainsi que le soutien de Télélumière
et le projet de modernisation de Caritas; ensuite nous passerons aux carrefours
dans lesquels nous examinerons l’état des commissions épiscopales.
Ce n’est un secret pour personne que le nombre de ces Commissions se multiplie
parfois, puis il ne tarde pas à se réduire. Nous en avons
actuellement 17; il revient à votre Assemblée générale
d’évaluer les activités de ces commissions et de voir s’il
est possible d’en réduire le nombre ou d’en fusionner quelques unes.
Structure
de l’Assemblée
Il
est évident qu’il est impossible à cette Assemblée,
comme à toute autre Assemblée, d’accomplir sa tâche
sans des commissions qui rassemblent ses membres, leur permettent d’échanger
leurs idées, étudier et de discuter ensemble les différentes
questions qui leur sont soumises et de dresser un plan d’application leur
permettant d’atteindre leur objectif.
Les
commissions représentent un organe essentiel de la structure de
l’Assemblée qui est formée, en plus des commissions, du Conseil
de Présidence, du Conseil Exécutif et du Secrétariat
Général. Ces organes ont travaillé régulièrement.
Le Conseil de Présidence s’est réuni toutes les fois qu’il
était nécessaire, et a examiné toutes les questions
qui lui ont été soumises. Le Conseil Exécutif a rempli
son devoir, a tenu ses réunions mensuelles selon l’agenda prévu,
s’est appliqué à la réalisation des résolutions
de l’Assemblée, a traité les nouvelles questions qui lui
ont été soumises, en coordination avec le Secrétariat
Général. Le Secrétariat Général est
resté actif, a régulièrement préparé
les sessions de l’Assemblée, a toujours envoyé des copies
du courrier et des consignes provenant du Siège Apostolique aux
membres concernés. Il a fondé une nouvelle organisation groupant
les Secrétaires Généraux des différentes commissions
de l’Assemblée; cette organisation a commencé à faire
un travail positif et utile.
Il s’est avéré que la participation des membres aux sessions de l’Assemblée s’est dernièrement intensifié. Ces sessions traitent les sujets d’actualité à la lumière des instructions ecclésiastiques et surtout l’Exhortation Apostolique "une espérance nouvelle pour le Liban" qui est toujours objet d’application. Les membres de l’Assemblée ont beaucoup travaillé pour le Jubilé de l’an 2000. Notre Eglise s’est ouverte aux Eglises de l’Orient, en particulier à travers le célèbre Congrès auquel ont participé un grand nombre d’évêques de la région ainsi que des représentants de certaines Eglises occidentales. Ce Congrès a formé un Secrétariat Général commun. Quant aux commissions épiscopales qui sont le sujet de notre session, elles vont présenter à cette Assemblée les rapports de leurs activités durant quatre années.
La
situation ecclésiastique générale
En
ce qui concerne la situation ecclésiastique générale,
nous constatons que l’année Jubilaire a été une saison
de bénédiction et une bonne occasion pour un renouveau spirituel,
à travers la participation des croyants aux activités organisées,
sous le patronage de la Commission Jubilaire locale, telles que les visites
des lieux Saints du Liban, la flamme du jubilé de l’an 2000
à laquelle ont participé des citoyens des pays voisins, des
pièces de théâtre et des colloques radiodiffusés
et filmés... Nous croyons que les responsables de cette commission
parleront de ses accomplissements.
Un grand nombre de jeunes libanais a participé à la Journée Mondiale de la Jeunesse à Rome. D’autres ont participé au Jubilé des professeurs d’universités et au Jubilé des familles; quelques uns d’entre nous ont participé au Jubilé des évêques toujours à Rome. Ces cérémonies devraient renforcer la foi et l’espérance chrétienne dont nous sentons fortement le besoin ces jours-ci.
Nous devons prier et faire des efforts pour conscientiser les croyants des devoirs de leur foi chrétienne en vue d’avoir des croyants qui vivent cette foi dans leur vie journalière, et suivent ce que cette foi leur inspire de paroles, d’actes et de comportements. Comme le dit le Pape Jean Paul II: "L’Eglise a besoin aujourd’hui de chrétiens prêts à être témoins de leur identité propre, et volontaires pour remplir leurs devoirs dans le monde comme ferment de foi, de responsabilité, de développement, de dignité humaine dans tous les milieux sociaux, s’efforçant de donner au monde une richesse spirituelle, afin que ce monde soit plus humain et plus fraternel". Alors, ils pourront être des artisans de paix, et mettre en application les paroles adressées par Sa Sainteté, il ya trois ans au corps diplomatique auprès du Siège Apostolique concernant la construction de la paix: "La paix ne pourra être juste et durable que si elle repose sur un dialogue loyal entre partenaires égaux, dans le respect de l’identité et de l’histoire de chacun, si elle repose sur le droit des peuples à la libre détermination de leur destin, de leur indépendance et de leur sécurité. Il ne peut y avoir d’exception".
La
situation dans la région
Oui,
il ne peut y avoir d’exception. Les batailles auxquelles nous assistons
depuis presque un mois entre les Palestiniens et les Israéliens,
sont vraiment affligeantes. N’est-il pas désastreux que les victimes,
parmi les enfants, tombent comme des oiseaux par les balles des fusils
et des mitrailleuses, et que cette atmosphère de rancune ignoble
et de haine violente et meurtrière se diffuse, alors que Dieu a
crée les hommes pour qu’ils cohabitent, s’aiment et s’entraident
pour leur bien commun? Tout cela est causé par le refus des deux
partis adverses d’avoir un dialogue franc entre des égaux dans une
atmosphère de respect de l’identité et de l’histoire de chacun
ainsi que de son droit à la détermination libre de son destin,
de son indépendance et de sa sécurité?
Que pouvons-nous dire de Jérusalem qui est l’objet d’un long conflit ancien et nouveau ? Le Siège Apostolique a déclaré qu’il n’est pas de sa compétence de traiter des affaires qui doivent être objet de négociations entre les autorités palestiniennes et israéliennes pour savoir si Jérusalem doit être la capitale de la Palestine ou d’Israël. Il a aussi affirmé qu’il ne considère pas Jérusalem comme un musée que les touristes visitent mais comme un Lieu Saint qui doit être ouvert surtout aux disciples des trois religions unitaires et à tous les croyants, de sorte qu’ils y accomplissent leur pélerinage sans conditions ni restrictions. Pour cela, Jérusalem doit avoir un statut particulier internationalement garanti. Ces garanties décidées par l’Organisation des Nations Unies doivent couvrir:
1. La liberté de religion et de conscience à tous.Le règlement de "statu quo" dans ces Lieux Saints, là où il est demandé.
2. L’égalité légale des trois religions unitaires, de leurs institutions et de leurs disciples.
3. Le respect de l’identité de la ville, de son caractère sacré, de son patrimoine religieux et culturel qui a un sens universel
4. La liberté d’accès aux Lieux Saints et celle d’y rendre un culte.
La
situation nationale
Nous
ne voulons pas nous arrêter sur la question des déplacés
qui paraît être sujet de soin particulier, et d’une promesse
de règlement dans un délai limité, et c’est ce que
nous espérons. Nous ne parlerons pas non plus du Liban Sud et de
ses habitants qui vivent dans la misère, la souffrance et l’angoisse,
qui se sentent sans protection de la part d’une armée qui leur appartient
et à laquelle ils appartiennent. Car jusqu’à ce jour, les
responsables concernés refusent d’envoyer cette armée pour
étendre la souveraineté de l’Etat sur son territoire, et
ce, pour des motifs qui n’ont pas convaincu l’Organisation des Nations
Unies. Nous avons déjà abordé le sujet de la crise
économique et de l’intense émigration qu’elle a provoquée,
et la grande gêne qu’elle a causée aux individus qui ne trouvent
pas de travail, et aux familles incapables de subvenir aux besoins élémentaires
de la vie comme la nourriture, les médicaments, les vêtements
et les écoles pour leurs enfants.
Mais nous voulons revenir au sujet de l’appel que nous avons lancé le 20 du mois dernier, qui touche la présence de l’armée syrienne au Liban depuis un quart de siècle. Nous avons dit qu’il était temps de redéployer cette armée conformément au texte du document de l’accord national. Selon ce document, ce redéploiement doit être fait en un temps déterminé (2 ans), et dans un lieu déterminé (Békaa). Ce redéploiement est une affaire tranchée légalement, même s’il n’est pas réalisé sur le terrain, car aucune des parties ne peut le légitimer parce que les positions politiques ne peuvent contredire ni annuler les documents essentiels constituants dans la vie de l’Etat. Le redéploiement de l’armée prépare son retrait total en exécution de l’accord de Ta’ef. Nos paroles découlent de sentiments d’amitié que nous voulons maintenir entre les deux pays. Nous voulons même que cette amitié se développe et s’enracine pour le bien des deux peuples.
Cette longue présence alimente les craintes que certains libanais et non libanais continuent à éprouver devant des propos répétés depuis un certain temps dans des milieux responsables, en Syrie, comme: Le Liban n’existe pas en Histoire et Géographie, ou que les frontières du Liban sont artificielles et tracées par le mandat français, ou que le peuple libanais et le peuple syrien sont un seul peuple dans deux pays. Ces propos peuvent aboutir à l’annexion des deux pays pour qu’ils soient un seul peuple dans un seul pays, comme cela est arrivé à l’Autriche avec l’Allemagne depuis pas très longtemps (Anschluss). Aujourd’hui, nous entendons que si l’armée syrienne se retire du Liban, une guerre civile éclatera, ou que sa présence est une part de la paix nationale, ou que sa présence garantit l’équilibre dans ce pays. Ceci est une preuve que sa présence est plus que temporaire.
N’oublions pas non plus la nationalité libanaise qui été accordée à de très grands nombres de syriens, qui ont tout de suite, obtenu le droit de vote, alors que les libanais émigrent. Ajoutons à cela, l’hégémonie syrienne sur toutes les institutions libanaises. Ce qui entraîne peu à peu l’absence du Liban sur le plan international, car il est devenu sans liberté de décision, sans souveraineté sans indépendance. Les nombreux accords découlants du traité de fraternité, de coopération et de coordination ont renforcé ces craintes.
Il s’est avéré qu’ils sont tous dans l’intérêt d’un seul parti même dans le domaine culturel qui est la seule richesse du Liban. En voici un exemple flagrant: les étudiants syriens sont dispensés des examens d’entrée dans les facultés de sciences appliquées comme la médecine, l’architecture, la pharmacie et ce, suite à une demande syrienne officielle que le gouvernement libanais a favorablement accueillie, depuis presque un mois, alors que les étudiants libanais ne peuvent s’inscrire dans ces facultés qu’après des examens, conformément aux lois, ce qui est une bonne chose. De plus, l’écart dans le nombre d’étudiants bénéficiaires des deux côtés est à l’intérêt de l’un des partis. Ce comportement n’entraîne-t-il pas l’abaissement du niveau de l’enseignement, et en conséquence le manque de confiance dans les universités libanaises, alors que nous devons élever ce niveau? Ceci est un exemple. Ces craintes ne méritent-elles pas d’être examinées et dissipées, si elles ne sont pas fondées, et si elles sont vraiment le fruit de la peur et de l’illusion?
Il est temps d’éclaircir les relations entre les deux pays par l’établissement de relations diplomatiques franches, comme tous les pays qui jouissent de souveraineté, d’indépendance et de décision libre.
Si nous revenons encore une fois à ce sujet, c’est parce que ses dangers sont nombreux sur les deux partis, et nous voulons que la confiance se consolide entre eux, que les craintes se dissipent. Espérons que l’atmosphère se purifie et que s’établissent des relations d’amitié, de coopération, et de bonne coordination pour l’intérêt du Liban et de la Syrie.
Nous
voulons espérer que les responsables, chez nous, se rendent solidaires
du peuple libanais, qu’ils éprouvent ses sentiments et œuvrent pour
la réalisation de ses souhaits. Nous prions Dieu qu’Il leur accorde
le succés dans les lourdes tâches qui leur sont confiées
et qu’Il nous conduise tous à accomplir sa volonté et à
bénéficier de ses bénédictions.