Béatitudes,
Excellence,
Monseigneur le Représentant de S.S. le Souverain Pontife,
Excellences,
Nosseigneurs les Evêques,
Révérendissimes
Supérieurs Généraux,
Révérendes
Mères Générales,
Chers frères,
J’ai le plaisir, à l’ouverture aujourd’hui de la 32ème session de notre Assemblée, de souhaiter la bienvenue parmi nous à notre Vénérable Frère, Sa Béatitude le Patriarche Ignace Moussa 1er Daoud, comme successeur à Sa Béatitude le Patriarche Ignace Antoun II Hayek, sur le siège d’Antioche des Syriens Catholiques. En notre nom à tous, nous félicitons Sa Béatitude pour l’appel du Seigneur, pour cette mission sublime à la tête du troupeau qu’Il vient de confier à son zèle apostolique. Nous souhaitons à S.B. santé et succès pour la gloire de Dieu et le bien des âmes sur lesquelles il va veiller avec zèle, prudence, sagesse et dévotion.
1. En même temps nous remercions le Seigneur avec le prédécesseur de S.B., le Patriarche Ignace Antoun II Hayek, pour tout ce que le Bon Dieu lui a donné comme force pour réaliser toutes les œuvres apostoliques, pastorales et sociales au service des fidèles de son église. Nous prions le Seigneur de le revêtir de la santé pour qu’il poursuive à faire profiter ceux qui le veulent de sa longue expérience et de sa connaissance des affaires pastorales.
Nous
nous souvenons aussi de nos deux frères trépassés
dans le Seigneur et sa divine miséricorde: Feu Mgr Abdo Khalifeh,
décédé le 7 juillet dernier, après près
de deux mois à l’hôpital; et Feu Mgr Elias Nejmeh, décédé
le 10 courant. Nous prions à leurs intentions deux Pater
et deux Ave pour implorer le Seigneur de leur accorder abondante
récompense, au paradis, devant le Bon Pasteur.
Thème de la Session: Poursuite de l’application de
l’Exhortation Apostolique
2. Cette année, le sujet de la session de notre Assemblée est: «La poursuite de l'application de l'Exhortation Apostolique: Une nouvelle Espérance pour le Liban».
Les commissions constituées à cet effet vous ont déjà exposé, et vous exposeront encore, toutes les activités entreprises dans ce but, et comment y ont fait écho les différentes Eglises, les éparchies, les paroisses, et aussi au niveau des institutions ecclésiastiques en général. Nos deux frères, leurs Excellences Révérendissimes Mgr Youssef Béchara, Evêque d’Antélias, et Mgr Habib Bacha, Métropolite de Beyrouth ont présenté deux rapports sur la façon d’appliquer ce qui a été déjà appliqué de cette Exhortation, et cela au cours de la réunion tenue du 10 au 12 septembre dernier, au Secrétariat du Synode des Evêques à Rome. La date de la réunion suivante a été fixée, au même endroit, entre le 4 et le 6 novembre 1999.
3. Les deux rapports ont souligné ce qui a été réalisé jusqu’à présent: publication de l’Exhortation en arabe, conférences et sermons, sessions et expositions, pièces de théâtre; ont été organisés aussi des célébrations liturgiques, des programmes à la radio, des campagnes d’explication dans les centres paroissiaux. Les laïcs ont participé avec efficacité à toutes ces activités aux niveaux des conseils éparchiaux et paroissiaux. économiques; au niveau du dialogue islamo-chrétien et celui des tribunaux ecclésiastiques. En résumé, c’est ce qui a été réalisé pour amener les fidèles à prendre conscience de ce que contient l’Exhortation.
4. Mais contrairement à ce que penseraient certains, cette Exhortation n’est pas morte et ne mourra pas: il faut une longue période de temps pour l’appliquer. Elle est une façon de réfléchir, un mode de vie, une sorte de comportement qui exige un changement de mentalité. Et ceci ne se fait pas du jour au lendemain. La Commission Episcopale a pris en considération cette affaire: elle a œuvré à répandre le texte de l’Exhortation et à l’appliquer. Elle va nous présenter, au cours de cette Session, un rapport détaillé sur son travail. Elle prépare même une publication périodique qui traitera de l'application de cette Exhortation.
La Commission Patriarcale Maronite, elle, a dressé un plan général «des points à appliquer extraits de l'Exhortation», répartis sur cinq ans. Ils traitent les points suivants:
Le
Secrétariat du Synode des Evêques a souhaité que chaque
église locale nomme une commission patriarcale propre pour veiller
à l’application de l’Exhortation.
Influence de l’Exhortation
Nous espérons que l’application de cette Exhortation pourra créer une nouvelle mentalité qui aurait son influence à tous les niveaux, surtout aux niveaux spirituel, social et national.
1. Au niveau spirituel
L’Exhortation a consacré les quatre premiers chapitres à la vie spirituelle; elle y a traité la situation actuelle de l’Eglise Catholique au Liban, ses relations avec les autres églises chrétiennes et avec les fidèles des autres religions monothéistes, en particulier les musulmans. Elle a appelé à l’espérance en Jésus-Christ, espérance des chrétiens.
L’Exhortation enseigne que le renouveau trouve ses sources dans la vie selon la parole de Dieu, dans la sauvegarde de la tradition apostolique et dans le soin à célébrer la liturgie. Cela aiderait à renouveler les personnes sus-mentionnées, clergé et laïcs, et les structures ecclésiales. Elle a mis l’accent sur l’appel au renouveau par le moyen du soin à apporter à la catéchèse, à la théologie et à veiller sur les vocations cléricales. Elle n’a pas négligé la communion ecclésiale à l’intérieur de l’Eglise Catholique et avec les autres Eglises chrétiennes.
Si notre foi en Dieu, nous et nos fidèles, était profonde, comme nous y invite l’Exhortation, aurions-nous vu ce que nous voyons comme déviation au niveau de la foi? Il y a toujours des sectes en pleine activité qui guettent de nombreux fidèles faibles, les allèchent par des propos mielleux, leur promettent des illusions qu’ils ne découvrent que lorsqu’ils sont tombés dans leurs pièges. Il y a encore ceux qui vont en pèlerinage dans les lieux saints et passent tout de suite chez des sorciers pour être libérés de prétendu graphisme, et chez des devins pour prévoir le futur, confondant entre les mystères chrétiens et les superstitions.
Il y a encore ceux qui se libèrent des principes moraux; ils jeûnent, prient et font l’aumône, et en même temps ils s’attribuent des fonds auxquels ils n’ont pas droit. Ils négligent le soin de leur famille et offensent les lois de morale et d’éthique. Depuis quelque temps, la presse a publié des rapports sur des affaires de sexe, de maltraitance de serviteurs non-libanais, d’atteinte à l’environnement…Tout cela n’est que calamité honteuse et aberrante. Nous nous n’attendions pas à ce qu’elle se produise dans une société où nous vivons. Elle aurait été rectifiée par une religion consciente, une foi profonde et une nouvelle proclamation de l’Evangile.
2. Au niveau social
L’Exhortation a fait mention de l’affaire sociale: le soin à apporter aux orphelins, aux vieillards, aux chômeurs, aux malades, aux handicapés, aux déplacés, aux sinistrés et aux différentes catégories de gens qui auraient besoin qu’on les aide et les relève de leur chute.
Si réellement nous nous conduisions selon l’inspiration des enseignements, religieux et surtout évangéliques nous n’aurions point besoin d’exhortation apostolique. Mais après avoir passé par le feu de la guerre, il y a toujours parmi nous des gens qui refusent la réconciliation; ils rejettent le pardon et insistent à condamner un groupe pour ce qu’il a commis sans condamner un autre pour les mêmes délits. Une justice qui ne traite point les gens sur un même pied d’égalité ne peut être justice.
Et que dire de la crise économique étouffante et de l’accumulation de dettes, qui menacent de banqueroute nationale, selon les experts financiers? Il y a de plus la corruption de la direction, les pots-de-vin scandaleux, l’enrichissement illégal contre lequel des lois ont été édictées depuis 40 ans sans être appliquées. Dans un passé tout proche, cette loi fut modifiée de telle sorte qu’elle sauvegarde l’enrichissement illégal et ne le condamne point.
Il y a encore le chômage si répandu parce que les responsables se refusent à diriger les générations montantes vers des métiers recherchés, et négligent de leur assurer des centres de formation pour avoir des ouvriers spécialisés dont a besoin le marché du travail, tandis que ceux qui exercent métiers libres comme les médecins, les ingénieurs et les avocats abondent à tel point qu’ils ne trouvent plus de travail.
Nous avons déjà attiré l’attention sur la nécessité de sauvegarder l’industrie nationale et l’agriculture locale pour que les villageois demeurent dans leurs villages et ne les délaissent point pour se perdre dans des villes surpeuplées où ils deviennent des négations sans responsabilité, ni honneur.
On s’est égorgé à appeler à la nécessité de résoudre le problème des déplacés. Sans cette solution l’entente nationale restera toujours illusoire et le déséquilibre instauré.
L’Exhortation Apostolique souligne le devoir de la solidarité de la société chrétienne pour qu’aucun élève ne reste en dehors de l’école pour raison d’argent; de même pour l’hospitalisation qui exige une solidarité parfaite entre les concitoyens. On éviterait les accusations des propriétaires des hôpitaux qui trouvent que le Ministère de la Santé tarde à régler ce qu’il doit, tandis que le Ministère leur fait face en refusant des factures trop peu exactes.
Tout cela, l’Exhortation y a fait mention et y a donné ses directives qui se résument à adopter la véracité, la droiture et la transparence entre les deux parties.
3. Au niveau national
L'Exhortation Apostolique a consacré les deux derniers chapitres aux questions nationales. Elle a insisté sur le dialogue islamo-chrétien, la convivialité, la solidarité avec le Monde Arabe, l’édification de la société, la paix et la réconciliation. Elle s'est attardée sur la mission sociale de l'église: service social et éducatif qu’assure les écoles et les universités, le service de l’information et enfin les droits de l’homme. Nous y trouvons une explication pour chacun de ces titres. Il est utile de s’y référer et de méditer leur contenu: ce sont des sujets auxquels il faut retourner sans cesse.
Mais tout ce qui menace notre région, surtout à nos frontières et un peu plus loin, ne porte pas à la quiétude, et ne fait pas espérer à une paix toute proche, tant que les points de vue sont si divergents non seulement entre les deux peuples en question en premier lieu, les peuples israélien et palestinien, mais aussi entre diverses parties de chacun des deux peuples divisés.
Il est certain que la paix de la région, surtout la paix en notre pays est liée à une paix universelle, juste et durable. C’est pourquoi, nous prions le Dieu de la paix pour qu’Il épargne à notre région des menaces de dangers, et qu’Il nous accorde une paix véritable que seul Lui peut nous accorder.
Nous nous contentons, dans notre discours sur la question nationale, de dire qu’il a été élu un nouveau président pour le Liban, à qui nous avons déjà souhaité la bienvenue et le succès. Nous espérons que les situations locales, régionales et internationales l’aideront à réaliser ses espoirs qui sont les espoirs du peuple libanais, pour édifier une Nation dont la sécurité est stable, la direction propre, les institutions actives, les lois respectées, la justice dépolitisée, l’identité sauvegardée; où l’information est véridique et à la portée de tous; une Nation dont la liberté est assurée, l’indépendance complète, la souveraineté indivise; une Nation maîtresse de sa décision, n’y ayant point de partenaire.
Que
le seigneur exauce notre prière, affirme nos pas à tous vers
ce qui nous accorderait ses bonnes grâces et ses bénédictions.