LES MARONITES
EN TERRE SAINTE: HIER ET AUJOURD'HUI
Par Père Louis Wehbé O.C.S.O.
RACINES
De toutes les Eglises
orientales existantes, l'Eglise Maronites est la seule entièrement catholique,
unie au Siège de Rome dont elle n'a jamais rejeté la primauté [1].
Elle relève de la tradition antiochienne d'expression syriaque, tout en
conservant des éléments propres [2].
Notre
connaissance des origines de
l'Eglise Maronite est très incomplète, tant les documents sont maigres et peu
précis [3].
A
l'origine, il y a l'anachorète saint MARON (ou Maroun), mort vers 410 [4]
, connu par la lettre que lui adressa saint Jean Chrysostome autour de 406 [5] et par la biographie qu'en a tracée
Théodoret de Cyr vers 440 dans son Histoire des moines de Syrie, ou
encore Historia Religiosa, chap. XVI, XXI, XXII, XXX [6].
Ses disciples édifièrent un grand monastère qui porta son nom dans la Syrie
Seconde, sur le versant occidental
de l'Amanus, à deux jours de marche au nord d'Apamée, à 100 km environ au nord de Cyr, près des sources
de l'Oronte[7] .
La communauté se donna
un patriarche et émigra au 9e siècle au Liban dont elle fit sa patrie. Quand
les circonstances le permettaient, elle entrait en contact avec le pape de Rome
et la chrétienté d'Occident.
Des
auteurs, dont nous n'avons pas à juger des intentions, n'ont jamais cessé
d'accuser les maronites d'avoir
été monothélites (c'est-à-dire confessant qu'il n'est dans le Christ pas
d'autre volonté que celle de la personne divine) et d'avoir ensuite été
convertis à l'Eglise catholique. De l'autre côté, on ne trouve guère d'auteur
maronite qui n'ait défendu avec acharnement la perpétuelle orthodoxie des
maronites. Sur ce point délicat, il semble qu'on puisse dire ceci: l'opposition
acharnée des premiers maronites contre le monophysisme (doctrine confessant
qu'il n'est dans le Christ que la seule nature divine) de leurs frères
jacobites, les entraîna naturellement vers un certain monothélisme, dont on
trouve trace dans leurs anciens livres; mais ce qu'ils désiraient, eux, faire
prévaloir, c'était l'union morale des deux volontés dans le Christ, la volonté
étant considérée, par eux, comme
affaire de personne, non de nature. Et en cela l'expression dogmatique était
victime d'un malentendu philosophique.
Avec
le temps, les maronites se sont répandus dans tous les continents, mais les
yeux toujours tournés vers leur Eglise-mère au Liban [8].
Il
n'existe pas de statistiques complètes et mises à jour des fidèles de l'Eglise
Maronite dans le monde. Les déplacements et l'émigration conséquents à la
guerre du Liban (1975-1991) rendent encore plus difficile le dénombrement.
Certains diocèses ont fait un effort de recensement, d'autres se contentent
d'estimations pas assez fiables.
D'après
une estimation de source gouvernementale remontant à 1977, il y aurait au Liban
857 000 maronites sur 3 054 000 habitants, soit 28 % des chrétiens du Liban, 75
% des catholiques du pays.
Selon
les chiffres figurant dans l'Annuario Pontificio 2000 , chiffres
complétés partiellement par d'autres sources, voici quelques éléments de
statistiques concernant l'Eglise Maronite :
L'Eglise
Maronite compte 39 évêques dont 22 résidentiels, 4 auxiliaires, deux nonces, un
à la Curie romaine, un Visiteur apostolique et 9 démissionnaires. Les diocèses
sont les suivants (le nombre des fidèles est parfois très approximatif ou même
inconnu):
DIOCÈSES PAROISSES
FIDÈLES
LIBAN
Patriarcal (Joubbé-Jouniéh-Sarba) 200 492 989
Antélias 82 217
000
Baalbek-Deir el-Ahmar
19 35 000
Batroun
63 70 000
Beyrouth 121
200 000
Jbeil 86 250 000
Saïda 94 65 000
Tripoli 124
100 000
Tyr
21 44 000
Zahleh 33 49 520
SYRIE
Alep --- 4 105
Damas --- 8 000
Lattaquié 32 27 000
EGYPTE
Le Caire 8 5 000
CHYPRE
Chypre 9 10 000
TERRE
SAINTE
Haifa 6 7
000
CANADA
Saint-Maron de Montréal 17
80 000
ETATS
UNIS
Saint Maron of Brooklyn
34 30 000
O.L. of Lebanon of Los
Angeles
28 24 108
BRESIL
Nossa Senhora do Libano em São
Paulo 8 463 000
ARGENTINE
San Charbel en Buenos Aires 4 700 000
MEXIQUE
Nuestra Señora de los Mártires del Líbano 3 150 000
AUSTRALIE
Saint Maron of Sydney 9 160 000
Exarchats (Vicariats)
patriarcaux:
Jérusalem et Palestine 3
504
Jordanie 1
1 200
TOTAL: 23 diocèses + 2
vicariats 1195 3 192 906
Ailleurs, les fidèles
maronites sont parfois, pas toujours, constitués en paroisses: France (Paris,
Marseille, Lyon), Cuba, Chili, Uruguay, Venezuela, Sénégal, Ghana, Côte
d'Ivoire, Afrique du sud. Dans d'autres pays ils n'ont pas d'organisation
propre, ou ont embrassé le rite latin; d'où les difficultés de recensement.
I. INTRODUCTION
On pourrait faire
remonter les premiers contacts maronites avec la Terre Sainte au temps même de saint Maron, quand deux
femmes ascètes, disciples du saint, Marana et Kyra, "prises un jour du
désir de contempler les lieux sanctifiés par les souffrances salvatrices du
Christ, coururent vers Ælia (= Jérusalem) sans rien manger durant la route, mais
une fois arrivées dans la Ville et leurs dévotions accomplies, elles prirent de
la nourriture puis refirent à jeun tout le voyage de retour, ce qui ne fait pas
moins de vingt journées de marche", écrit Théodoret de Cyr [9].
Nous n'avons pas de
documents prouvant une existence quelque peu stable des Maronites en Terre
Sainte avant les temps des Croisades, puisqu'on ne saurait accorder une créance
quelconque au soi-disant décret d'Omar, de 638, lequel mentionne les maronites,
car ce texte, œuvre du grec-hellène Grégoire, ne date que de 1625.[10]
On ne sait combien de
maronites prirent part à la reconquête de Jérusalem par les Croisés ; certains
avancent le chiffre de 10000 [11].
Guillaume de Tyr, qui apprécie leur aide aux Latins dans leurs luttes, dit
qu'ils étaient "des hommes forts et vaillants à la guerre." Ils
furent d'une grande aide aux latins dans leurs luttes contre les infidèles
(Patrologia Latina, 201/856 "Erantque fortes et in armis strenui").
Profitant de la paix pendant la période du Royaume de Jérusalem, le clergé
latin poussa les Maronites à admettre la formule de foi latine (deux volontés
dans le Christ).
II. AU
TEMPS DES CROISADES
Quand le roi Godefroy
envoya porter à Rome la nouvelle de la prise de Jérusalem, à ses ambassadeurs
s'étaient joints des maronites représentant le Patriarche Joseph al-Gergéssi [12].
Des milliers de
maronites s'engagèrent dans l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean à Jérusalem,
Acre, Chypre... Dans la hiérarchie des races que les autorités franques
établirent en Terre Sainte, "les Maronites venaient immédiatement après
les Francs, avant les Jacobites, les Arméniens, les Grecs, les Nestoriens et
les Abyssins. Ils furent du reste admis dans la bourgeoisie franque et
partagèrent les privilèges civils et juridiques des bourgeois latins."
[13]
En 1179, après la fin
du schisme issu de la double élection papale d'Alexandre III et de Victor IV,
le Patriarche latin d'Antioche, Amaury de Limoges, reçut l'obédience des Francs
d'Orient envers Alexandre; Les maronites de Jérusalem prêtèrent le même serment
de fidélité. [14]
Quand en 1310 les
Chevaliers de Saint-Jean conquirent Rhodes, ils étaient accompagnés d'une
milice de Maronites de Jérusalem qui, dans la suite, s'appelèrent Chevaliers
de. [15]
Vers 1320 l'historien
arménien Aitoun notait qu'à Jérusalem les maronites formaient une des plus
importantes colonies chrétiennes. [16]
III. MARONITES
ET FRANCISCAINS
A partir du 14e siècle
l'histoire des maronites en Terre Sainte est intimement liée à la présence des
Franciscains dans ce pays. Ce fut généralement une collaboration très étroite,
pleine d'estime et de confiance réciproques. On constate que les maronites se
sont montrés d'une ouverture, d'un accueil envers l'Occident et l'Église
catholique latine vraiment exceptionnels parmi les chrétiens orientaux.
Cela est
immanquablement relevé dans les relations de voyages des différents pèlerins de
Terre Sainte. Ainsi Ludolf de Sudheim, pèlerin de 1336 à 1341, note avoir
assisté à beaucoup de consécrations d'évêques maronites faites par des
archevêques latins. [17]
Les maronites furent en
quelque sorte assimilés aux Francs, célébrant dans leurs églises, sur leurs
autels et avec leurs vêtements. [18]
Il semble que les
premiers contacts des maronites avec les fils de saint François eurent lieu en
1246 quand Innocent IV leur envoya comme visiteur, ainsi qu'aux autres
orientaux, Lorenzo da Orte. [19]
Avec l'établissement
des Frères Mineurs à Jérusalem en 1333 les relations des maronites de Terre
Sainte avec eux devinrent permanentes. Aux grandes fêtes de Noël et de Pâques,
de nombreux maronites affluaient à Jérusalem, les fils de saint François les
recevaient avec beaucoup de charité, facilitant leur séjour à Jérusalem et
Bethléem. [20] Les
maronites, sûrs de cette confiance, prenaient part à tous les actes du culte
dans les divers sanctuaires. Le Gardien du Mont Sion baptisait leurs
nouveau-nés, et quand quelqu'un des leurs mourait à Jérusalem, il était enterré
dans le cimetière des religieux,
car, note en 1518 le Franciscain hongrois Gabriel de Pécsvàrad,
"ils sont des chrétiens véritables et vrais" (sunt veri et fideles
christiani). [21]
Les historiens
maronites ne manquent jamais de relever l'insigne générosité des souverains de
Naples envers les maronites de Terre Sainte. [22] De fait, les deux princes chrétiens,
Robert, comte d'Anjou et de Provence (+1343), et son épouse Sanche (+1345), en
faisant de grandes largesses aux Franciscains du Mont Sion, n'oublièrent pas
les maronites. Sanche, ayant acheté à Jérusalem, pour 80000 dinars versés au
sultan d'Égypte Mâlek el-Nâsser Mohammad, l'église de la Résurrection, le
tombeau de la Vierge, le Mont des Oliviers et le sanctuaire de Bethléem, elle
donna aux maronites la grotte de la Croix et quatre autels dans d'autres
sanctuaires de la Ville Sainte. (Voir le plan de la basilique du saint Sépulcre
où figure la grotte de la Croix). Elle fit ajouter une confirmation pontificale
de tous leurs privilèges. Les maronites, de leur part, tinrent une réunion à
Jérusalem où ils s'engagèrent à rester fermement unis à la communion romaine. [23]
Les relations de
collaboration entre les Franciscains de Terre Sainte et les maronites
commencèrent dans la première
moitié du 15e siècle, alors que la Syrie et la Palestine se trouvaient sous la domination des sultans
Mamelouks d'Egypte de la dynastie des Bürgies. Ces relations prirent avec le temps plus d'intensité
et de régularité. [24]
Des maronites servaient d'interprètes, habitaient avec les Franciscains au
couvent du Mont Sion d'autres prenaient régulièrement part active à toutes les
célébrations dans les différents sanctuaires. Ainsi en 1682, au couvent
franciscain de Nazareth, deux interprètes maronites du Mont Liban, Michel et
Gabriel, étaient employés et touchaient
chacun un salaire annuel de 50 piastres. [25]
En 1438 les maronites
de Jérusalem et des environs envoyèrent à Eugène IV une lettre qui fut lue au
concile de Florence. Le pape leur répondit le 7 juin 1439 par une lettre
confiée à Fra Albert de Sarteano, leur faisant part de sa grande joie d'avoir
constaté un rapprochement entre plusieurs Églises orientales et le Siège de
Pierre. [26]
Parmi les Franciscains
de Terre Sainte qui rendirent des services aux maronites au XVe siècle, il faut
mentionner au premier plan le Flamand Frère Gryphon (Grifon van Kortrijk,
1400-1475). [27] Arrivé à Jérusalem en 1443, il fut
envoyé en 1450 travailler auprès des maronites du Liban jusqu'à sa mort en
1475. Citons aussi l'Espagnol Francisco Sagarra de Barcelone, à la même époque [28];
Alessandro Ariosto, commissaire apostolique de 1475 à 1480 [29];
Francesco Suriano (1445-c.1530) qui fut gardien du Mont Sion de 1493 à 1495 et
de 1512 à 1514. Se rappelant ses deux séjours au Liban, Suriano écrit : "Grande
dolceza et gusto spirituale ho sentito in la grota dove lei stete […] et ogni matina vi
andava per mia recreatione et consolatione, tuto el tempo che stiti Commissario
Apostolico de li Maronithi" (Il Trattato di Terra Santa, 1900, p.166).[30] Quant à son compagnon Francesco de
Potenza, il revint après sa mission avec deux ambassadeurs maronites munis de
documents les accréditant comme représentants du patriarche d'Antioche, du muqaddam et de
tout le clergé et le peuple maronite. Ces deux ambassadeurs étaient Khouri Youssef et le moine Elias [31].
Grâce à Frère Gryphon,
trois jeunes maronites devinrent Franciscains et firent profession au couvent
du Mont Sion : Hanna (Jean), Gibrâel (Gabriel) et Francis (François). Ils
furent les premiers maronites envoyés en Occident pour raison d'études, à
Venise d'abord, puis à Rome. Hanna devint plus tard évêque de `Aqoura et mourut
en 1494 durant le mandat au Mont Sion de Francesco Suriano. Gibrâel ibn al-Qilâ'i
(1450-1516) termina sa vie comme évêque de Nicosie en Chypre. Francis resta
simple religieux. Francesco Suriano les eut sous son autorité au Mont Sion;
écrivant en 1514, il leur rendit un vibrant témoignage. [32]
La conquête de
Jérusalem par Salim I le 2 février 1516 ouvrit une ère de difficultés pour les
Franciscains de Terre Sainte. Les maronites maintinrent leur présence et leur
collaboration étroite avec eux. Ainsi quatre maronites servaient de drogmans
pour les frères. [33]
Outre les droits et
privilèges dont jouissaient les fidèles maronites, notamment au Mont Sion, ils
possédaient l'église Saint Georges el-Khader. [34]
En 1548 le drogman maronite du Mont Sion, Ya'coub ben Hanna el-Ehdeni (connu
sous le nom de Ibn el-Kassâr), acheta une propriété dans le quartier chrétien,
près de l'église Saint Georges, à l'endroit dit "Rahbéh". [35]
En avril 1550 le Sultan
Soliman II ordonne par décret l'expulsion immédiate des franciscains de Mont
Sion. Au début de 1551 les franciscains sont expulsés. Ils se retirent
provisoirement, un peu plus loin, dans un petit logement dit "le
Four", y restent huit ans, jusqu'à leur transfert dans la Vieille Ville en
1559, dans l'ancien couvent des Géorgiens, devenu depuis le couvent Saint-Sauveur.[36]
Ils se trouvaient ainsi dans le voisinage de la maison de Ibn el-Kassâr. [37]
En 1561, la chute d'un
individu dans le puits de l'église maronite de Saint Georges produisit une
frayeur chez les clercs maronites qui prirent la fuite. Des coptes, profitant
de la circonstance, payèrent l'amende réclamée et mirent la main sur l'église.
Le Patriarche maronite Moussa al-`Akkari (1524-1567), ému, se munit d'une somme
d'argent et de décrets (datés de 1564) de la part du sultan Soliman et du
gouverneur de Damas, pour le Cadi de Jérusalem, et se présenta dans la Ville
Sainte pour recouvrer ses droits. Le Père Gardien, Boniface de Raguse (+1584),
le dissuada, s'engagea à donner toute liberté au clergé maronite de célébrer à
Saint-Sauveur pour les fidèles maronites ; il ajouta même que, si un jour les
Franciscains venaient encore à être expulsés, l'église de Saint-Sauveur
resterait aux mains des maronites. Le Patriarche se laissa convaincre et, avec
l'argent, acheta une grande maison. L'église Saint-Georges était à jamais
perdue pour les maronites. [38]
Ajoutons que durant la
même visite, le Patriarche Moussa étudia avec le Père Gardien la possibilité
d'envoyer au Liban des Franciscains pour y enseigner les sciences sacrées. [39]
Lorsqu'en novembre 1581
le Père Eliano, jésuite, envoyé pontifical au Liban, visita les maronites de
Jérusalem, il constata qu'ils étaient en petit nombre.
La
propriété acquise en 1548 par le drogman Ibn el-Kassâr fut agrandie en 1598 par
son fils Youhanna qui acheta les maisons de Ibn el-Azzi près de l'église Saint
Georges, face à Khân el-Aqbât. Ce bâtiment fut plus tard désigné dans les
papiers administratifs par le terme "Hârat al-Mawârinah" (Le
Quartier des Maronites) [40]
Au temps du Patriarche
Jean Makhlouf (1608-1633), deux prêtres d'Ehden (Liban nord), Elias ibn el-Haj
Hanna Sarâssira et Youhanna ben Issa, munis d'une lettre du Patriarche,
recueillirent des fonds; et en 1622 le Père Elias et son cousin le Père
Antonios ben Ibrahim achetèrent à Jérusalem, dans le quartier chrétien, le dit
bâtiment "dâr el-Azzi", versant la somme de 500 piastres aux trois
fils de Hanna ibn el-Kassâr. Cet immeuble comprenait sept appartements dont
cinq au rez-de-chaussée. [41]
Dans la suite, le Père
Elias devenu évêque vint à Jérusalem et acheta d'un syriaque (Ibn ar-Râhibah)
une cour pour 120 piastres. Il fit faire des restaurations et décida que chaque
année une offrande serait faite au Saint Sépulcre sur les biens de cette
fondation pieuse. C'était en 1647. [42]
Outre les maronites qui
vivaient en permanence en Terre Sainte, d'autres venaient en grand nombre à
l'occasion des grandes fêtes. Leur présence était remarquée par les pèlerins.
Boniface de Raguse, Gardien du Mont Sion, note que pour la solennité du
dimanche des Rameaux, "tous les prélats du Mont Liban se rassemblent, à
savoir le Patriarche d'Antioche qui habite dans le même Mont Liban, au
monastère de sainte Marie de Qannoubine, l'Archevêque qu'on appelle Moutrân, et
la multitude des Evêques, moines, prêtres et diacres ; avec les chrétiens des
autres nations, ils louent le Très-Haut, chacun dans sa langue". [43]
Entre les maronites et
les fils du Poverello il existait une affinité frappante. Le Père
Théophile Nola allait jusqu'à écrire à Clément X le 3 mars 1673 : "Nous ne
connaissons aucune nation comme la nation maronite, notre sœur dans la foi,
partageant notre obéissance et collaborant à notre travail."
IV. DU
18e AU 20e SIÈCLE
Des auteurs, cependant,
nient que les maronites aient possédé un lieu quelconque au Saint Sépulcre ou
aient habité d'une manière stable à Jérusalem. Les maronites se seraient
contentés seulement de partager la vie des Franciscains, de célébrer librement
dans les lieux tenus par ces derniers et de venir en foule aux grandes fêtes
participer aux célébrations dans les lieux saints.
Quoi qu'il en soit, il
reste sûr que des Patriarches maronites tenaient à procéder à des ordinations
dans la grotte de la Croix. Ainsi, le Patriarche Etienne Douaihi, du temps
qu'il était simple prêtre, visita les lieux saints le 28 mai 1668 avec quatre
de sa famille dont sa mère et son frère le Hajj Moussa. Le registre franciscain
des pèlerins garde trace de ce "prêtre
maronite et théologien". Plus tard, devenu Patriarche, il célébra deux
ordinations dans la grotte de la Croix : celle de Daoud ben-Bechara al-Qoudsi
le 10 juillet 1695, et celle du Jérosolymitain maronite Thomas de Hasroun le 18
mars 1700. A son retour il fit don le 20 avril 1700 d'un calice, d'une patène
et d'un corporal pour les prêtres maronites de Jérusalem dernière
occasion. [44] Ce père Thomas devait rester à Jérusalem au service de ses
coreligionnaires.
La confiance totale, le
respect et la compréhension dont étaient empreintes les relations entre
Franciscains et maronites de Terre Sainte, subirent quelques pénibles éclipses,
notamment dans la seconde moitié du 17e siècle, dues à des campagnes de
latinisation de la part de certains responsables Franciscains (par exemple les
Pères Baldassare Caldera et Francesco da Santo Floro) à l'égard des maronites
de Jérusalem, Bethléem, Acre, etc. Ils interdisaient à ces derniers la pratique
de leurs usages ecclésiastiques propres (usage de l'encens, abstinence les
mercredis, etc.), leur demandaient de promettre obéissance au Père Gardien, à
l'exclusion de leur Patriarche... Le 6 avril 1687, ils obtinrent du Cadi de
Jérusalem un ordre autorisant les chrétiens à changer de confession. [45]
Le tout se termina pour
le mieux fin mars 1700 avec le Père Gardien Stefano da Napoli (nommé en 1699),
lequel accepta les conditions du Patriarche Douaihi, à savoir que les maronites
de partout relèvent de leur Patriarche d'Antioche, et que la communauté
maronite de Jérusalem ait à son service deux prêtres et célèbrent la messe avec
encens dans toutes les églises franciscaines et qu'ils gardent leurs coutumes
quant aux jeûnes et fêtes. Les Franciscains s'engageaient en outre à accueillir
à l'avenir avec honneur tout pèlerin maronite visitant les lieux saints
(engagement toujours en vigueur). De son côté le Patriarche Douaihi délégua au
Père Gardien le pouvoir de dispenser les fidèles maronites de certains
empêchements au mariage. L'accord fut signé le 15 avril 1700 à la grande joie des deux parties.
Sous le même Patriarche
Douaihi, le Père Bonaventure, maronite de Jérusalem, édifia en 1771 à Nazareth
une église pour les fidèles de sa communauté. Mais on notait depuis longtemps
que le nombre des maronites en Terre Sainte s'amenuisait, surtout du fait de
leur passage au rite latin, phénomène qui devait se prolonger jusqu'à nos
jours.
L'établissement des
maronites dans différentes localités de la Terre Sainte fut très longtemps
instable, à la merci des vicissitudes politiques. Nous aurions beaucoup de
peine à croire que la hiérarchie maronite ait toujours fait preuve de
sollicitude envers ses fidèles vivant dans le pays du Christ et de la Vierge.
Dans quelle mesure cette hiérarchie a-t-elle veillé à la formation et à
l'animation de communautés stables, organisées, ayant le nombre suffisant de
pasteurs, de manière à endiguer le passage à des communautés latines
structurées et vivantes ?
Le Congrès
Eucharistique international, tenu à Jérusalem en 1893, fut l'occasion rêvée
pour la pauvre communauté maronite de la Ville Sainte pour harceler de leurs
sollicitations la délégation maronite au Congrès composée de quinze
personnalités dont cinq prestigieux évêques : Elias Hoyek (futur patriarche),
Joseph Debs (Beyrouth), Estephane Aouad (Tripoli), Youhanna Mourad (Baalbek) et
Nemtallah Silouane. Leurs appels furent entendus, et l'un des congressistes,
Monseigneur Elias Hoyek, revint en 1895, acheta à Jérusalem un ancien hôpital
allemand avec son terrain, appartenant au consul d'Allemagne Von Tischendorf,
au prix de 64000 francs or, aménagea une chapelle et l'inaugura par une messe
pontificale le 5 mai 1895. [46]
Pour faire face aux dépenses, le patriarche Jean Hajj adressa une lettre
pastorale (au clergé, émirs, cheikhs, notables et à tout le peuple qui relèvent
de notre siège patriarcal" dans laquelle il disait notamment : "Quant aux frais
qu'elle (la maison) nous a coûtés (…) nous comptons, pour y faire face, sur les
offrandes des séculiers et réguliers de la nation. Déjà nous avons donné de
notre propre fonds 4 000 francs ; chacun de nos frères les archevêques a versé
également la somme de 2 000 francs ; nous imposerons aussi aux monastères et
autres établissements religieux,
une contribution qui sera diversement réglée, en considération de leurs états
respectifs". [47]
Monseigneur Hoyek
retourna le 13 mai 1985 au Liban où il devait, en 1899, occuper le siège
patriarcal jusqu'en 1931. A Jérusalem le petit reste maronite reprenait vie
autour de ce Vicariat patriarcal.
Voici la liste des
titulaires du vicariat patriarcal maronite de Jérusalem depuis sa création en
1895 :
1. Youssef Mouallem :
1895-1896. Il partit pour l'Amérique.
2. Estephane
Hobeish: 1896-1897.
3. Boulos ‘Aweiss:
1897-1898.
4. Khairallah
Estephane: 1898-1901.
5. Youssef Mouallem :
1901-1911 pour la 2e fois.
6. Gerges Doumit :
1911-1928. Après sa démission il se fit moine.
7. Boulos 'Aweiss
:1929-1934 pour la 2e fois. Mort au cours de son homélie ; enterré au Mont
Sion.
8. Boulos Eid : 1934-1938.
9. Youssef Ghanem :
1939-1941. Le 12.4.1939 un décret patriarcal le nomma Vicaire intérimaire. Le
8.9.1939 une lettre du patriarche le démit de ses fonctions à cause des graves
troubles dont il fut la cause. Jusqu'en 1950 le Vicariat n'eut plus de
titulaire proprement dit et la communauté maronite de Jérusalem était
abandonnée. Ainsi entre le 23.9.1940
et le 4.6.1950 il y eut un seul baptême fait le 25.11.1945 par un prêtre
délégué. Un prêtre de Jaffa ou de Haifa remplissait nominalement la charge
(Boulos Méouchi, Francis Moubarac).
10. Boulos Méouchi :
1941-1945. Moine baladite responsable du couvent de Jaffa. Le 25/9/1941 un
décret patriarcal le nomma président du tribunal de première instance à Jaffa.
11. Francis Moubarac :
1945-1949.
12. Elias Ziadé :
1949-1975. Le nombre des fidèles
avait atteint 800 à la veille de la guerre de 1948. La tourmente d'alors le fit
tomber à environ 60. Le 11.7.1949 un décret patriarcal nomma Elias Ziadé
Vicaire à Jérusalem. Un autre décret du 11 août étendit cette fonction à la
Transjordanie. Le chorévêque Elias Ziadé qui resta en charge jusqu'à sa mort le
23 avril 1975.
En 1949 également était
nommé le premier "moukhtar" de la communauté en la personne de
Monsieur Michel Eddé Le 15.6.1958 le gouvernement jordanien reconnut
officiellement l'Eglise maronite. Le 15.5.1964 le patriarche Méouchi confia à
Mgr Elias Ziadé la charge de curé des maronites de Jordanie. Une société de
bienfaisance dirigée par huit membres fut mise sur pied et reconnue par le
ministère jordanien de l'Intérieur le 28.7.1964.
13. Augustin Harfouche :
1975-1996.
V. ÉVOLUTION CONTEMPORAINE
Mais les graves
événements qui n'ont cessé de secouer Jérusalem, n'ont pas épargné les
maronites. Les bâtiments du Vicariat état délabrés, leur restauration fut
entreprise et menée rapidement à terme par Monseigneur Augustin Harfouche.
Moine de l'Ordre Libanais maronite, responsable du couvent de Jaffa (depuis le
19.8.1974), et vicaire épiscopal pour Israël, il fut nommé aussi Vicaire
patriarcal à Jérusalem par décret
patriarcal n° 59/75 du 12.5.1975. Il entreprit en 1976 la restauration
des bâtiments du vicariat laissés
dans un état déplorable. Il fit évacuer les 20 locataires, restaura les
bâtiments dont une partie est devenue hôtellerie pour les pèlerins dite
"Foyer Mar Maroun", et une autre réservée au vicariat (désormais
appelé exarchat) avec une salle polyvalente pour les rencontres. En 1981
il fit venir du Liban des Sœurs pour assurer les services. L'inauguration des
nouveaux bâtiments eut lieu le 26 février 1978. Le Père A. Harfouche ne limita
pas ses préoccupations à Jérusalem. Le 12.2.1981 il acheta à Bethléem, à Wadi
Ma'ali (170 m de l'église de la Nativité) une maison pour 40 000 dinars jordaniens et il la
transforma en "Foyer Mar Charbel" servant au culte et à l'accueil des
pèlerins.
En 1996 une nouvelle
page devait s'ouvrir pour le Vicariat de Jérusalem avec l'entrée en fonction
comme Vicaire patriarcal de Mgr Paul Sayah, nommé récemment archevêque maronite
de Haifa et de Terre Sainte.
Les fidèles maronites
de Jérusalem qui n'ont pas passé au rite latin comptent 45 familles. Depuis
1950 l'autorité du Vicaire Patriarcal s'est étendue sur l'ensemble du
territoire de la Jordanie (en 1974 on comptait 75 familles à Amman et à Zarka).
Les événements de la
guerre au Liban (1975-1991) ont fait augmenter le nombre des familles Maronites
en Jordanie. Il n'existe pas de statistiques encore; on estime les maronites à
145 familles (dont environ 110 à
Amman et une quinzaine à Zarka), soit environ 1000 fidèles.. Le Roi Hussein a
offert 4 dunams pour la construction d'une église et d'un centre paroissial. Le
Patriarche Maronite Sa Béatitude
Mgr Nasrallah Sfeir a béni la première pierre en octobre 1998.
VI. LES
MARONITES EN TERRE SAINTE EN DEHORS DE JÉRUSALEM
La présence des
maronites en Terre Sainte ne s'est pas limitée aux lieux saints de Jérusalem.
Les maronites vivant
dans l'actuel Etat d'Israël relevaient jusqu'à une date récente du diocèse de
Tyr. Les limites de ce diocèse n'ont pas varié depuis leur fixation par le
Saint-Siège le 26 février 1906; le bref pontifical précisait que du côté du
midi, le diocèse s'étendait jusqu'aux confins de la Palestine qui la séparent
de l'Arabie; du côté est il est limité par le Jourdain, du lac Houlé à la Mer
Morte; du côté ouest, par la Méditerranée près de Sidon. Une page nouvelle
s'est ouverte en 1996, comme on le verra plus loin.
JAFFA
A leur première
apparition semble remonter vers 1099 avec l'arrivée des Croisés
qu'accompagnaient des maronites venus du Liban. (D'après une note manuscrite de
Georges AZAR). Une stabilité durable commença sous les Ottomans, vers 1559,
mais seulement en tant qu'individus, et d'une manière organisée au cours du 18e
siècle, et plus probablement vers 1800 avec l'arrivée de plusieurs
familles Libanaises (de Bkassine,
Saida, Gebail, Bikfaya, etc.). Mais pour les besoins religieux, ils
s'adressaient aux prêtres latins, n'ayant en propre ni église ni couvent. Cela
devait durer jusqu'en 1855 où deux moines de l'Ordre Libanais Maronite: les
Pères Abdel Ahad Matta et Libaos Karam fondèrent un couvent et une église en
vieille ville près du port. En 1895, grâce à la générosité de Madame Berna fut
construit, le P. Antonios Shbeir Ghostaoui construisit sur une superficie de
1600 m2 , une église et un nouveau couvent qui est encore le centre spirituel de la communauté (rue
Hadolfin , 22). Plus tard, entre 1901 et 1920, l'église fut démolie et
remplacée par une autre plus vaste et plus belle, dont la première pierre fut
posée au cours d'une grande cérémonie le 28.2.1904 [48]
. L'église est encore debout aujourd'hui. En outre l'Ordre Libanais Maronite
possède une propriété à Jaffa gérée par un moine délégué à cet effet. La communauté maronite de la ville
prospéra jusqu'à compter quelque 600 âmes au début du 20e sècle, 800 en 1948
(par exemple les familles Tyân, Barakât, Safadi, Hajj, Akiki, Maâdi, Hannouche,
Jebji etc.ÇáÊíøÇä¡ ÈÑßÇÊ¡ ÕÝÏí¡ ÇáÍÇÌ¡ ÚÞíÞí¡ ãÚÇÏíä ÍäøæÔ¡ ÌÈÌí). Beaucoup occupaient des postes importants dans
l'administration. Mais à la suite de la guerre de 1948, la plupart émigrèrent
soit au Liban soit à l'étranger. II en reste actuellement une soixantaine.
Liste des moines responsables des maronites de Jaffa:
1. PP. Abdel Ahad MATTA ET Libaos
KARAM (1855-1875); 2. P. Marcos ROUFAEL (1875-1895); 3. P. Antonios SHBEIR
(1895-1901); 4.P. Boulos ABBOUD (1901-1920); 5. P. Moubarac TABET
(1920-1932); 6. P. Boutros FRANCIS (1923-1930); 7. P.
Moubarac ABOU SLEIMAN (1930-1933); 8. P. Maroun ABI KARAM (1933-1938); 9.
P. Francis
GHANEM (1938); 10. P. Boulos MEOUCHI (1938-1942) qui cumula quelque
temps le titre de Vicaire patriarcal de Jérusalem; 11. P.
Athanasios MATAR (1942-1945); 12. P. Youhanna EID (1945-1947); 13.
P. Abdel Ahad CHAHINE (1947-1957); 14.P. Yaacoub RAAD (1957-1974); 15.
P.
Augustin HARFOUCHE (1974-1996); 16. P. Elias ANDARI (1992-1998); 17.
P. Jean Maroun MOUGHAMES (1998- ). [49]
NAZARETH
Les maronites sont les
plus anciens des catholiques actuels de Nazareth (ville qui, avec Acre, donne
son nom à des évêques titulaires maronites dont le dernier fut l'évêque Boulos
Aouad). En effet à la fin du 13e siècle Nazareth fut vidée de ses chrétiens, et
tous ses habitants furent musulmans. La plupart des chrétiens actuels de
Nazareth sont originaires du Liban (maronites et latins) et du Hauran (grecs
orthodoxes et catholiques). [50]
Les franciscains s'y établirent en 1620 et en 1630, profitant du gouvernement
de Fakhreddîn Ma'an, firent venir une colonie maronite du Liban pour les
seconder dans leurs travaux. Le patriarche leur envoya Benyammine al-Hednâni
(de Ehden), ancien élève du Collège Maronite de Rome. Prêtre marié, père de
trois fils (Gabriel, Michel et Louis), il devint drogman des Franciscains;
toute sa famille l'a suivi et s'est installée à Nazareth, formant le premier
noyau des latins dans cette ville. [51] En 1698 le Patriarche maronite envoya
un évêque pour collecter des dîmes; ils ne se laissèrent pas faire et en
appelèrent à Rome par une lettre du 1r mai 1698. [52]
A l'occasion de ce désaccord entre l'envoyé du patriarche et les maronites de
Nazareth, ces derniers se déclarèrent latins. Ainsi prit origine la communauté
latine de la ville.
En 1768, à la suite
d'un désaccord entre le drogman Youssef Geries Shamma avec les Franciscains qui
voulaient empêcher un prêtre maronite de célébrer dans l'église du couvent.
Shamma et une partie des fidèles décidèrent de réintégrer la juridiction
maronite. Un d'entre eux partit en
1769 au Liban et obtint du Patriarche Youssef Estéphane un prêtre pour être à
leur tête, en la personne d'un nommé Louis, originaire de Qaïtoula. Sur le
chemin du retour, le prêtre et l'émissaire laïc, passant par Acre, obtinrent de
l'effendi de cette ville cheikh Zâher al-Omar, un décret daté de 1770
autorisant les maronites de Nazareth à avoir un prêtre de leur communauté. Dans
ce décret Zäher al-Omar disait notamment: "Nous autorisons à nos chers
chrétiens maronites de Nazareth à faire venir un prêtre de leur confession et
qu'il ait sa résidence chez eux, qu'il leur construise une église; qu'il
s'occupe de leurs affaires religieuses afin que leur situation soit stable autant que possible. Nous avons écrit
ce texte comment document entre leurs mains, et le prêtre qui s'établira chez eux ne trouvera auprès de nous
que bienveillance." On construisit une église sous le vocable de St-Antoine qui fut inaugurée en
1774, et fut honorée d'une bulle papale en 1786 et d'une autre plus tard en
1868. [53]
En 1853 les maronites
de Nazareth étaient 220. Actuellement ils sont 1050 sur 22450 chrétiens (10000
grecs orthodoxes, 6000 grecs catholiques ou melkites, 600 protestants, 4500
latins et 350 coptes orthodoxes) [54]
Ces dernières années, la chorale de la paroisse a remporté plusieurs prix
israéliens pour ses chants religieux.
HAIFA
A
Haifa se trouve la plus grosse paroisse maronite avec environ 2400 fidèles. Le plus ancien baptême
d'un maronite à Haifa et qui figure au registre des baptêmes des Pères Carmes
eut lieu en 1840. [55] L'église, sous le vocable de saint
Louis-Roi, fut l’œuvre des deux frères Ibrahim et Salim Nasrallah Khoury. Cela
commença le 11 décembre 1883; les fondations furent posées le 12 janvier 1884
et l'exécution fut confiée au melkite Râji al-Qashqoush, de Haifa. Les travaux
furent interrompus le 24 août 1885, repris en août 1887 et terminés en novembre
1889. Le 21 février 1890 l'archevêque de Tyr et Saida, Mgr Pierre
Boustani, se présenta, amenant
avec lui le premier titulaire de la paroisse, le prêtre Boulos ben Antoun
Kassab, libanais de Zouk Mikael. Le dimanche 23 février, au cours d'une liturgie
eucharistique pontificale, l'archevêque procéda à la consécration de l'église
en présence de nombreux chrétiens; l'autel et le baptistère furent consacrés
dans l'après-midi du jeudi suivant le 27 février 1890. [56](Archives
maronites de Haifa). Lors de la visite pastorale de Mgr Choukrallah Khoury le 8
juillet 1906, le nombre des
fidèles maronites étaient de 700. [57] En 1844, sur 4000 habitants, Haifa
comptait 114 latins et 14 maronites. En 1871: 6000 habitants; en 1914: 20000
habitants; en 1949: 150000 habitants.
En
juin 2000 il existe 39 évêques maronites en vie, dont 22 chefs de diocèses résidentiels, 4 évêques
auxiliaires, deux nonces apostoliques, un visiteur apostolique en Europe,
un servant à la Curie romaine,
et 9 démissionnaires.
AKKA
La
ville porta différents noms: Ptolémaïs (3e siècle av. JC), Acre, Acco ou Saint
Jean d'Acre,. Elle était un siège épiscopal titulaire. Ainsi Gabriel Aouad (né
en 1700) fut sacré évêque
titulaire d'Akka le 2.4.1724. [58] Les maronites d'Akka, venant du Liban,
s'étaient établis dans cette ville vers la fin du 17e siècle. Parmi leurs
pasteurs il y eut le futur
patriarche Mikhael Fadel de 1741 à 1753. Il reçut cette charge à l'âge de 21
ans à peine après son ordination. Là il déploya son zèle au bénéfice de la
communauté maronite. Il y construisit
une église sous le patronage de la Sainte Famille au début de 1750,
probablement avec l'aide de bienfaiteurs français, comme le laisse entendre une
inscription tombale : HIC JACENT OSSA J-B. LAFORCADE. Sous l'autel de saint
Antoine de l'ancienne église on trouve une épitaphe en arabe concernant un
certain Antoun mort de la peste à l'âge de 22 ans en 1732. L'évêque de Tyr, Choukrallah Khoury la visita le 25 juin 1906 et y fit la
visite pastorale pendant douze jours, résidant chez le notable Ibrahim
Nasrallah Khoury. L'évêque constata aue beaucoup de maronites avaient déjà
émigré vers l'Amérique et il n'en restait à cette date que 120 fidèles, sur une
population de 9000 habitants dont les 2/3 musulmans, 1400 orthodoxes, environ
1000 melkites, plus quelques juifs et Bahâïs. [59] Ils étaient au nombre de 185 à une date
encore récente; il n'en reste que 108 après que 80 personnes se sont installées
depuis quelques années au village proche de MAKER.
JISH
Jish
ou Goush Halav est un village voisin de la frontière libanaise. Les maronites y
forment une grosse paroisse de 1400 fidèles, avec un jardin d'enfants tenu par
les Sœurs maronites de sainte Thérèse. Une nouvelle église paroissiale vient
d'être achevée, sous le vocable de Notre Dame
ISFYA
Ce
village sur le Mont Carmel compte une petite paroisse de 159 fidèles dont la
présence remonte au début de ce siècle. Y eut-il des Maronites à Isfiya à une
époque plus antérieure ? En 1666 le P. Francesco M. Polizzi, custode de Terre
Sainte, adressait à la Congrégation de la Propagande un rapport sur les
activités de la Custodie en Terre Sainte. Dans ce rapport il raccontait que le
P. Ludovico dell'Hospidaletto, supérieur de l'hospice d'Acre, avait découvert
un village dans les montagne, à 15 milles de distance d'Acre, où tous les
habitants sont chrétiens Maronites, lesquels étaient privés des sacrements
depuis cinq ans, à la suite de la fuite de leur pasteur. J'ai aussitôt envoyé
dans ce village un père qui demeurait dans la Santa Casa de Nazareth. Ce Père,
familier de la langue arabe, leur administra les sacrements et en baptisa 62.
Et j'ai ordonné que ce père de Nazareth s'y rende chaque samedi pour y célébrer
la messe le dimanche et les instruire dans la foi. Et il continuera ainsi".
Ce dévoué prêtre était le P. Placido da Varallo, qui vécut en Terre Sainte
depuis 1636 jusqu'à sa mort de la peste à Jérusalem âgé de 77 ans le 19 juillet
1670. Cette activité dans les montagnes des Druzes, dans le voisinage du
Carmel, où il allait confesser les
catholiques et baptiser leurs enfants, lui coûta des sacrifices pour lesquels
il il supporta "les sueurs, les peines et une nourriture modique et
misérable". Le nom de ce village n'est pas précisé. Le Père Bagatti
l'identifie sans hésiter avec l'actuel Isfiya.[60] D'après une statistique de 1922 il y
avait à Isfiya seulement sept maronites pour 107 melkites, six latins, 6
orthodoxes et 590 druzes. [61]
En 1971 Mgr Joseph Khoury, évêque de Tyr, posa la première pierre de l'église
paroissiale dont la construction fut menée à bonne fin grâce aux efforts
tenaces du P. Salim Soussan; et l'inauguration solennelle eut lieu le 23
juillet 1989 sous le vocable de saint Charbel. Isfiya, qui faisait partie
jusqu'alors de la paroisse de Haifa, fut érigée à cette date en paroisse
proprement dite et eut depuis lors son premier curé attitré en la personne du
P. Naji Yaacoub.
KFAR BAR'AM
Il ne serait pas juste
de passer sous silence le village maronite de Kfar Bar'am (ou Bir'im ou Ber'em ßÝÑ ÈÑÚã). Il est situé situé à 3 km
de la frontière israélo-libanaise, et ses terres avaient une superficie de
12244 dunams (= 12 244 000 m2). Lorsque l'évêque de Tyr Mgr Choukrallah Khoury
fit la visite pastorale de ce village le 8 octobre 1906 il constata que ses
habitants "étaient des gens pieux, conservant une vie simple, réceptifs
à ce qui est bien, accueillant avec une avidité et une piété extrêmes les
prédications que nous leur offrions". Le village comptait alors
environ 500 habitants qui tirent leurs origines de différents régions du Liban:
la famille Khoury, venant de Hadath Jubbé (ÍÏË ÇáÌÈøÉ),
s'étaient établie là depuis 200 ans; les Soussan (ÓæÓÇä)tiraient leur origine de Kessrouan; les Makhoul Abi Safi (ãÎæá ÇÈí ÕÇÝí), de Kleyat Marjeyoun; les Maroun Turquié (ãÇÑæä ÊÑßíøÉ),
de Rmeich; les Hanna Moussa (ÍäÇ ãæÓì) de 'Aqtanît; les Sarrou'(ÓÑøæÚ) , de
Ser'el et Qaitoulé (ÓÑ Úá - ÞíÊæáÉ ); les
Farah (ÝÑÍ), de Qaouzeh; les Diab (ÏíÇÈ), de
Bethléem; d'autres sont d'origine inconnue. [62]
A la veille de sa douloureuse
disparition, K. Bar'am comptait 1050 habitants (recensement du 7.11.48), Le
29.11.48 l'armée israélienne entra à K. Bar'am et rencontra la population
rassemblée dans l'église. Le 13.11.48 l'armée ordonna à la population de
s'éloigner dans les 48 heures à la distance de 5 km en direction de la
frontière libanaise, leur promettant de rentrer dans deux semaines après des
opérations militaires à la frontière. Les habitants crurent les promesses et
attendirent, et ils attendent encore
aujourd'hui. Le 16 septembre 1953, le village fut dynamité. Les réfugiés
ont dû se disperser à Jish, Haifa, Akka (où 30 étaient originaires de K. Bar'am en 1985). [63]
Le même sort a eu lieu
pour le village grec catholique de Iqrit situé à environ 14 km à l'ouest et possédant 16012
dunums (=1 601 200 m2). On a beaucoup écrit sur le drame de K. Bar'am (voir la
bibliographie), mais le récit le plus complet, avec photocopies de documents
originaux, a été rédigé par le curé maronite d'alors le Père Youssef Soussan et
intitulé: Mon témoignage. Chronique bar'amite 1948-1968, publié
en 1986, 320 pages.
Un sort identique fut réservé
au village maronite de MANSOURA dont les habitants sont dispersés
actuellement à Fassouta, Eilaboun, etc. et suivent le rite melkite.
VII.
SITUATION ACTUELLE
A l'aube du troisième
millénaire la présence maronité en Terre Sainte se présente ainsi:
D'après l'Annuario
Pontificio 2000 pages 5-6 et 296 il y a trois juridictions maronites en
Terre Sainte:
*Archevêché de Haifa et Terre
Sainte, 8 juin 1996,
*Vicariat ou Exarchat
patriarcal de Jérusalem et Palestine, 5 octobre 1996,
*Vicariat ou Exarchat de
Jordanie, 5 octobre 1996.
Mgr Paul Sayah est actuellement
titulaire de ces trois sièges. Les paroisses se répartissent comme suit:
Ain Kynia (Úíä ÞäíÇ): église saint Georges,
Acre et Maker (ÚßøÇ - ÇáãßÑ ): église du Rosaire,
Haifa: église saint Louis Roi,
Isfiya (ÚÓÝíÇ): église saint Charbel,
Jaffa ( íÇÝÇ ): église saint Antoine,
Jish ( ÇáÌÔ ): deux églises: Notre-Dame et saint
Maroun,
Nazareth: église de
l'Annonciation,
Jérusalem: église saint Maroun,
Bethléem: église saint Charbel,
Amman (Jordanie): église saint
Charbel.
Mgr Sayah est aidé de cinq prêtres diocésains
indigènes, et de deux religieux libanais résidents temporaires. Trois jeunes
sont en préparation pour le sacerdoce. Les Sœurs maronites de sainte Thérèse sont présentes à
Jérusalem, à Jish et à Haifa. L'Ordre Libanais Maronite a des propriétés à
Jaffa et à Bathléem; un ou deux religieux y sont présents.
Où
sont répartis actuellement les maronites de Terre Sainte ?
1. Le diocèse résidentiel
de Haifa comprend 6 paroisses desservis par 5 prêtres diocésains, deux
religieux, neuf sœurs; quatre jeunes se préparent au sacerdoce. Ce diocèse
comte environ 7060 fidèles, ainsi
répartis : 1700 à Haifa qui a recueilli un bon nombre des réfugiés de Kfar
Bar'am; 1350 à Jish où se sont installés
aussi des réfugiés de Kfar Bar'am; 1350 à Nazareth; 240 à Akka et Maker,
soit 31 familles à Akka et 26 familles à Maker; 158 à Isfiya; 10 à Ain Kynia; 25 à Shefar'am; environ 100 à Jaffa; 40 Lydda; 7 familles à
Ramlé.
2. Exarcat de Jérusalem
: On estime le nombre des fidèles
à 45 familles, soit 135 fidèles, y inclus 4 familles à Bethléem, 7 à Beth Jala,
deux à Beth Sahour, à Ramallah; des maronites sont dispersés à Abou Dis, Beit
Hanina, Sha'fat, Ar-Ram, etc.).
3. Exarchat de Jordanie :
145 familles (environ un millier de fidèles) en Jordanie dont environ 15
familles à Zarka.
On ne peut passer sous
silence le rôle de l'Ordre Libanais Maronite, qui depuis plus d'un siècle est
implanté à Jaffa dont il a desservi la paroisse. De même, le Ir octobre 1982,
cet Ordre acheta à Bethléem, à 170m de la grotte de la Nativité, un immeuble et
le transforma en hôtellerie pour pèlerins, ouvroir de couture, chapelle. A
Jaffa, construction de 50 appartements pour faciliter le logement des familles;
cela, sur un terrain appartenant au même Ordre Libanais Maronite.
Les Sœurs maronites de
sainte Thérèse de l'Enfant Jésus sont présentes en Terre Sainte depuis 1981.
Arrivées à Jérusalem le 23 septembre 1981, elles prennent en main la gestion le
siège du Vicariat patriarcal qui depuis lors prend le nom de Beit Mor Maroun et
servira notamment à l'accueil des
voyageurs et pèlerins. Plus tard des Sœurs de Sainte Thérèse se sont installées
dans la paroisse de Jish où elles exercent une activité apostolique appréciée.
Enfin en 2000 elles ont été sollicitées pour être présente au nouveau siège de
l'évêché à Haifa. Pendant un
certain temps elles se sont occupé du Foyer Mar Charbel à Bethléem.
Un tableau de la
présence physique et active des chrétiens maronites dans le pays du Christ
serait gravement mutilé sans une allusion à la contribution remarquable, bien
que sans apparence ni étiquette, que n'a cessé d'apporter l'Eglise Maronite à
la communauté catholique Latine depuis la restauration du patriarcat latin de
Jérusalem en 1847. La solidarité avec l'Eglise universelle révèle l'aspect
catholique de la communauté maronite et son remarquable esprit d'adaptation, un de ses traits
distinctifs traditionnels. [64]
Nous pensons à l'humble rôle joué par un
Joseph Kablan Dahdah, qui, depuis la fondation du séminaire latin de Jérusalem
en 1853, y enseigna l'arabe pendant 36 ans. Nous pensons à tous les prêtres de
provenance maronite, qui n'ont cessé d'aider le patriarcat latin comme curés de
paroisse: Père Joseph Aqel, prêtre maronite qui contribua à la fondation de la paroisse latine de 'Ader (village
à 7 km au nord est de Kérak) et à
son successeur maronite le P. Sim'an Boutros (vers 1925-1935), aux Pères Joseph
Dâher (1940), Arsénios Ghostaoui (1940) [65];
au Père Choukri Srour(1883-1953) qui servit le patriarcat latin à partir de
1910 comme curé à Smakieh, Beisan, Hosn, Beit Sahour, Bourka et enfin Gaza, jusqu'à sa mort le
9.9.1953 en laissant la réputation d'un "nouveau Vincent de Paul",
ayant publié catéchisme, paroissien, manuel de gymnastique [66];
au Père Boulos à Taybeh en 1879; au Père Ghanimeh entre 1898 et 1907; au Père Alfred ‘Atiyeh, curé de Gifna,
mort en 1989, auteur de la musique universellement répandue du Pater en
arabe; etc... Actuellement plusieurs se trouvent à la tête d'importantes
paroisses latines.
Nous pensons à la
contribution de l'Eglise Maronite à alimenter les différents instituts
religieux latins tant masculins que féminins : nous pensons au Père Doumeth,
prêtre maronite devenu dominicain, professeur d'arabe à l'Ecole Biblique dès
1890, du temps du P. Lagrange qui dit de lui: "Le R. P. Doumeth, prêtre
maronite universellement respecté à Jérusalem, avait pris l'habit de saint Dominique à
Saint-Maximin. Le Père Général voulut bien l'assigner à Jérusalem aussitôt
après son année de noviciat. Il
enseigna l'arabe qu'il savait très
bien" [67]; nous
pensons spécialement à la congrégation indigène des Sœurs du Rosaire qui eut pour fondateur le Père Youssef
Tannous Yammine, lointain descendant
du maronite libanais Yammine venu d'Ehden à Nazareth en 1630 [68].
Une ère de renouveau a
été ouverte ces dernières années en faveur des maronites des Terre Sainte. Cela
s'explique par l'événement récent qu'on peut qualifier d'historique pour
l'Eglise catholique en Terre Sainte. Il s'agit de la création de l'archevêché
maronite de Haifa et Terre Sainte dont le nom officiel latin est : Ptolemaidensis
Maronitarum in Terra Sancta. C'était le 8 juin 1996. Jusqu'alors le
territoire du nouvel archevêché était sous la juridiction de l'archevêque maronite de Tyr lequel nommait un
vicaire épiscopal qui résidait à Haifa ou à Jaffa. La nouvelle situation ne
change rien à l'existence du Vicariat (ou Exarchat) patriarcal de Jérusalem
dont la juridiction s'étend sur Jérusalem et les Territoires autonomes
palestiniens. Il y a à ajouter le Vicariat de Jordanie. Il est évident que la situation antérieure, due en
partie à l'insécurité créée par l'état de guerre endémique dans le pays,
rendait le ministère pastoral de l'évêque de Tyr envers ses fidèles de Terre
Sainte très difficile. L'évêque ne pouvait pas assurer une présence personnelle
auprès de ses fidèles quand les circonstances l'exigeaient. Visiblement on ne
pouvait plus continuer à maintenir la situation canonique du diocèse telle
qu'elle fut créée par le bref pontifical du 26 février 1906. Bien tard,
peut-être pas trop tard, le synode de l'Eglise de Maronite et le Saint-Siège se
sont rendus compte de la nécessité d'avoir un pasteur résident sur place auprès
de ses ouailles. Et ainsi finalement a été créé l'archevêché maronite de Haifa
et de Terre Sainte le 8 juin 1996 avec comme premier titulaire Mgr Paul Sayah,
personnalité bien connue dans les milieux œcuméniques. Le 5 octobre de la même
année un décret patriarcal nommait le même prélat Exarque patriarcal pour
Jérusalem et Palestine et Exarque pour la Jordanie. A Amman l'évêque a
travaillé à rassembler les fidèles maronites et est en train de leur construire
une église sous le patronage de saint Charbel sur un terrain offert par le
roi.. Depuis la création du siège archiépiscopal de Haifa et Terre Sainte et la
résidence du titulaire dans son diocèse, l'Eglise maronite dans la patrie de
Jésus semble promise à une vraie renaissance. Cet éclaircissement de la
situation a déjà porté des fruits immédiats. Mgr Sayah et ses prêtres, tous
dans la force de l'âge, insèrent le rôle de la communauté maronite dans celui
de toute l'Eglise de Terre Sainte. Ainsi la part qu'ils ont pris à la tenue du
Synode de l'Eglise catholique en Terre Sainte en février 2000 a été
remarquable. Bien qu'ils soient conscients de la spécificité spirituelle et
culturelle de leur Eglise, les responsables maronites en Terre Sainte évitent
tout repli, tout esprit de ghetto, la longue expérience œcuménique de l'évêque
y est pour beaucoup. L'évêque ne néglige pas l'aspect matériel de sa charge :
ainsi il a réalisé des travaux de restauration dans les bâtiments du Vicariat
de Jérusalem, y construisant une étage supérieure. Il a fait construire une
résidence à Haifa, ce qui le dispensera de demander l'hospitalité au curé
d'Akko. L'avenir de l'église maronite en Terre Sainte n'en est pas moins fragile, et est lié au sort du
reste des chrétiens. Ce sort est à la merci du contexte très instable de la
région : la présence chrétienne doit se frayer un chemin et dépenser beaucoup
de souplesse et d'esprit d'adaptation au sein des troubles politiques,
économiques et ceux qu'entraînent une recrudescence des courants
fondamentalistes.
BIBLIOGRAPHIE
Dans la bibliographie
ci-dessous, nous faisons précéder d'un astérisque * les publications en langue
arabe.
ANAISSI, T., Bullarium
Maronitarum, Rome 1911.
ARCE, Agustin, Maronitas y
Franciscanos en el Libano 1450-1516. In Miscelánea de Tierra Santa,
II, Jerusalem, 1973, 149-269.
BAGATTI, Bellarmino, Antichi villaggi cristiani di Galilea. Jérusalem.
1971.
BASLM = Bulletin de
l'Association de St Louis des Maronites, NN° 76 (1897), 77 (1898), 68 (1895), 74 (1897), 103 (1904), 50
(1891), 4 (1878).
Les articles suivants du BASLAM
ont été reproduits par
MOUBARAC Y. , Pentalogie,
II/1 :
-4(juillet. 1878) Lettre du P. Marie Ratisbonne.
-50 (avril 1891) Tableau de saint Louis dans
l'église saint Louis de Haifa;
-68 (oct. 1895) Lettre
du patriarche Jean El Hage pour une maison maronite à Jérusalem;
-74 (avril 1897) La
fête de Mar Maroun à Jérusalem;
-76 (oct. 1897) Les Maronites en Palestine;
-77 (janv. 1898) Les
Maronites et les Lieux Saints;
-103 (juillet 1904)
Lettre du curé de Nazareth; ibidem : Nouvelle église maronite à Jaffa.
*CHEBLI, P., Estéphanos Boutros Douaihi,
1630-1704. Mélanges et Documents II. Beyrouth 1970.ÈØÑÓ ÔÈáí¡ ÇÓØÝÇäæÓ ÈØÑÓ ÇáÏæíåí 1620-1740 ¡ ÈíÑæÊ 1970))
* DAGHER, Youssef, Les patriarches des
Maronites (Textes et études 4), Beyrouth 1975. íæÓÝ
ÏÇÛÑ¡ ÈØÇÑßÉ ÇáãæÇÑäÉ . äÕæÕ æÏÑæÓ 4¡ ÈíÑæÊ 1957) )
* DAOU, Boutros, Histoire religieuse, politique et
culturelle des Maronites, t. IV, 1367-1840, Jounié, 1977. ÈØÑÓ Öæ ¡ ÊÇÑíÎ ÇáãæÇÑäÉ ÇáÏíäí æÇáÓíÇÓí æÇáÍÖÇÑí. 4 ¡ ãä 1367-1840¡ Ìæäíå 1977) ¡)
*
DEBS, Youssef, Histoire des
Maronites. 2e éd. M. HAYEK,
Beyrouth,1978.íæÓÝ ÇáÏÈÓ¡ ÇáÌÇãÚ) ÇáãÝÕøá Ýí ÊÇÑíÎ ÇáãæÇÑäÉ ÇáãæÁÕøá¡ ØÈÚÉ 1978 ))
*DOUAIHI, E., Histoire des Maronites; éd. R.
CHARTOUNI, Beyrouth, 1890. (
ÇÓØÝÇä ÇáÏæíåí¡ ÊÇÑíÎ ÇáØÇÆÝÉ ÇáãÇÑæäíÉ. äÔÑå ÑÔíÏ ÇáÔÑÊæäí¡ ÈíÑæÊ 1890))
*DOUAIHI, Etienne, Histoire
des origines des Maronites. Edit. P. FAHD, 1974. (ÇÓØÝÇä ÇáÏæíåí ¡ ÇáÔÑÍ
ÇáãÎÊÕÑ Ýí ÃÕá ÇáãæÇÑäÉ. äÔÑå ÈØÑÓ ÝåÏ¡ 1974)
* EL-AREF, Aref,
Le christianisme à Jerusalem, 1951, p. 149-150. ÚÇÑÝ ÇáÚÇÑÝ¡ ÇáãÓíÍíÉ Ýí ÇáÞÏÓ¡ 1951))
GOLUBOVICH G., Bibliotheca
bio-bibliographica Della Terra Santa, t. IV, Quaracchi, 1923.
GUILLAUME DE TYR, Historia
rerum. Cap. VIII; PL 201/856.
*HARFOUCHE, I., Excursion
pastorale au Bilad Bcharra, in Al-Machriq X (1907), 817-824,
897-901, 949-955, 989-995, 1032-1038, 1125-1131. Traduction française partielle
dans MOUBARAC Y., Pentalogie, II/1, 251-254. ÅÈÑÇåíã
ÍÑÝæÔ¡ ÓíÇÍÉ ÇÓÞÝíÉ Çáì ÈáÇÏ ÈÔÇÑÉ. ÇáãÔÑÞ 10 (1907))
* HOBEIKA, Pierre, Les hauts
faits de S.B. Mgr Antoine P. Arida, XIV, 1946. ÈØÑÓ ÍÈíÞÉ¡
ãÂËÑ ÚÑíÖÉ.) ÇáÌÒÁ
14 (ãÇÌÑíÇÊ 1945)¡ 1946.)
* KALDANI, Hanna, Le
christianisme contemporain en Jordanie et en Palestine. Amman.
1992.(ꊂ
ßáÏÇäí¡ ÇáãÓíÍíÉ ÇáãÚÇÕÑÉ Ýí ÇáÃÑÏä æÝáÓØíä¡ 1992 )
* KHOURY, Ignatios T., Les Maronites à
Jérusalem et ailleurs en Terre Sainte. Beyrouth,
1959. ÇÛäÇØíæÓ ØäæÓ ÇáÎæÑí¡ ÇáãæÇÑäÉ Ýí ÇáÞÏÓ æÓÇÆÑ
ÃÞÏÇÓ ÝáÓØíä. ÈíÑæÊ 1959))
LAMMENS, Henri, Frère
Gryphon et le Liban au XVe siècle, in Revue de l'Orient Chrétien 4
(1899) 68-104.
*
MASS'AD, Boulos, Le collier de perles, Tamiche, 1863. ÈæáÓ ãÓÚÏ¡ ÇáÏÑ ÇáãäÙæã¡ ØÇãíÔ 1863))
*
MANSOUR, Assaad, Histoire de Nazareth. Ed. Hilal (Egypte), 1924.(ÇÓÚÏ ãäÕæÑ¡ ÊÇÑíÎ ÇáäÇÕÑÉ ãä
ÇÞÏã ÇÒãÇäåÇ Çáì ÇíÇãäÇ ÇáÍÇÖÑÉ. ÇáåáÇá 1924)
MOUBARAC, Y., Diocèse de Tyr
et de Terre Sainte, in Pentalogie antiochienne/Domaine Maronite, II/I,
Beyrouth, 1984, 251-271.
PÉSCSVÁRAD, Gabriel de, Compendiosa quaedam…
Vienne, vers 1521, fol. XVII.
RAGUSINUS, Bonifacius, Liber
de perenni cultu Terrae Sanctae, éd. Venise 1875.
RISTELHUEBER, R., Les traditions françaises au Liban, Paris, 1925.
ROBERTIS, G. de & PEÑA, I.,
Chrétiens de Terre Sainte: Nazareth, in La Terre Sainte,
sept.-oct. 1984, 216-222.
RYAN, Joseph L., Les
villages de Kafr Bir'im et d'Iqrit, in Esprit, 41 (janv. 1974)
58-86.
SAYEGH, Sélim, Le statu quo des Lieux-Saints.
Rome. 1971.
* SFEIR Boulos, Le patriarche
Mikhael Fadel (1719-17995). Kaslik, 1994.ÈæáÓ
ÕÝíÑ¡ ÇáÈØÑíÑß ãíÎÇÆíá ÝÇÖá æÃÒãÇÊ ÚÕÑå¡ ÇáßÓáíß 1994) (
* SHOMALI, William, Le Père
Youssef Tannous Yammine et la Congrégation du Rosaire, Jérusalem, 1992. ( æáíã Ôæãáí¡ ÇáÃÈ íæÓÝ ØäæÓ
íãíä æÑåÈÇäíÉ ÇáæÑÏíÉ. ÈíÊ ÌÇáÇ¡ 1992)
* SOUSSAN, Youssef Estephane, Mon témoignage. Chronique
Bar'amite 1948-1968. 1986. íæÓÝ
ÇÓØÝÇä ÓæÓÇä¡ ÔåÇÏÊí. íæãíÇÊ ÈÑÚãíÉ¡ 1948-1968¡ 1986))
SUDHEIM, Ludolphus de, De
itinere Terrae Sanctae liber, ed. F. Deyeks, Stuttgart 1951.
SURIANO, F. raconte ses deux séjours au Liban dans Il
Trattato di Terra Santa, éd. Milan, 1900, p.166.
THEODORET DE CYR, Religiosa
Historia, XVI & XXI: Migne P.G. 82/1418 et 1431. Ed. Et trad. CANIVET et LEROY-MOLINGHEM,
Paris, 1977 (Sources Chrétiennes 234).
© Droits de reproduction
réservés
[1] Joseph FEGHALI, Histoire du Droit de l'Eglise Maronite, t. I,
Paris, 1962, pp. 21, 22.
[2] Voir I.-H. DALMAIS, Initiation à la
liturgie. 1968, pp. 206-207. Id., Les Liturgies d'Orient, 1959, pp. 38, 49.
[3] L'ouvrage qui se recommande par son
sérieux et son objectivité est celui de Harald SUERMANN, Die
Gründungsgeschichte der Maronitischen Kirche (Orientalia Biblica et
Christiana 10). Wiesbaden, Harrassowitz, 1998; X-344 p. Voir aussi :
J.
GRIBOMONT, Documents sur les origines de l'Eglise maronite, in Parole
de l'Orient V/1, 1974, pp. 95-132.
C.L.
SPIESSENS, Les patriarcats d'Antioche et leur succession apostolique, in
L'Orient Syrien, 1962/4, pp. 419-425.
I.H.
DALMAIS, La difficile unité dans la diversité, in L'Orient Syrien,
1963, pp. 115, 117-118.
M.
CLEMENT, in L'Episcopat et l'Eglise Universelle, (Unam Sanctam 39),
1962, pp. 488-491.
S.
VAILHÉ, L'Eglise Maronite du Ve au IXe siècle; in Echos d'Orient, 9 (1906), pp.
257-268, 344-351.
[4] * F. E. BOUSTANI, Mar Maroun, 2e
édition, Beyrouth, 1968, p. 85.
Nous faisons précéder d'un astérisque * les références aux publications
en langue arabe.
[5][5] Lettre 36 : Migne Patr. Grec. 52/630.,
[6] Migne Pat. Grec. 82/1418, 1431,
1455, 1491-1494: Sources chrétiennes, 257 (1979), pp. 28-30, 73, 127,
241.
[7] Voir P. CASTELLANA, Dov'era l'Eremo
di S. Marone ? in Collectanea N° 17, Le Caire 1982, pp. 46-59. P.
DAOU, Site du couvent principal de Saint-Maron en Syrie, in Parole de
l'Orient, III (1972), pp. 145-152.
[8] Le Liban a une superficie de 10 452 km². Il est bordé par la Méditerranée (240
km), la Syrie (278 km) et Israël (79 km), et s'étend sur une longueur du nord
au sud de 210 km et une largeur de
25 à 60 km.
[10] G. GOLUBOVICH, Biblioteca,
IV/1923:109-110. Sélim SAYEGH 1971, pp.22-23.
[11] * B. DAOU, Histoire religieuse, politique et culturelle des Maronites, IV, 1977, p.169
[12] Lettre de Gabriel al-Qilâ'i en 1494,
in A. ARCE, Maronitas y Franciscanos en el Libano. Miscelanea II, 1973, p. 261.
[13] R. RITELHUEBER, Les traditions françaises au Liban, 1925, p. 58.
[14] *B. DAOU, Histoire religieuse, IV, 1977, p.171.
[15] *B. DAOU, Histoire religieuse, IV, 1977, p.171. *E. DOUAÏHI, Histoire des Maronites, 1890, p.126.
[16] *A. AREF, Le christianisme à Jérusalem, 1951, p. 149-150.
[17] L.
de Sudheim, De itinere Terrae Sanctae liber,
1851, p. 37, 102. A. ARCE, Maronitas. Miscelanea
II, 1973, p.150
[18] Lettre
de F. Gryphon en 1469. A. ARCE, Maronitas, II, 1973, p. 260.
[20] A. ARCE, Maronitas, II, 1973, p.185.
[22] H. LAMMENS, Frère Gryphon et le Liban, in Revue de l'Orient Chrétien, 1899, p.68-104. A.ARCE, Maronitas, II, 1973, p.261.
[23] *E. DOUAÏHI, Histoire des origines des Maronites, p. 441. *B. MASSAD, Le
collier de perles, 1863, p.157. * B. DAOU, Histoire religieuse, IV
1977, p.169-171. *AREF, Le christianisme à Jérusalem, 1951, p.148.
[24] A. ARCE, Maronitas, 1973, p.151 et suiv.
[25] A. ARCE, Maronitas, 1973, p.301
[26] Version arabe de cette lettre pontificale dans *E.DOUAIHI, Histoire de l'Eglise Maronite, 1890 p.393-395 ; et dans *DEBS, Histoire des Maronites. Ed. Hayek, 1978, p.172-173, texte retouché. Version française dans Y. MOUBARAC, Pentalogie, I 1984, p.491-492.
[28] A. ARCE, Maronitas, Micselanea II, 1973, p.191
[30] Citation
dans A. ARCE, Maronitas. Micselanea
II, 1973, p.252.
[31] A. ARCE, Maronitas, Micselanea II, 1973, p.253
[32] A. ARCE, Maronitas, Micselanea II, 1973, p.233
[33] *P. HOBEIKA, Les hauts faits de S.B. Mgr A.P.Arida, XIV, 1945, p.70-72.
[34] *E. DOUAIHI, Histoire de l'Eglise Maronite, éd. CHARTOUNI, 1890, p.463. *B. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970 : 127-135
[35] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.128-129
[36] Jean BRIAND, Sion, 1973, p.93.
[37] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.129. *I.T. KHOURY, Les Maronites à Jérusalem, 1959, p.245 et 267. *E. DOUAIHI, Histoire de l'Eglise Maronite, éd. CHARTOUNI, 1890, p.463
[38] *E. DOUAIHI, Histoire de l'Eglise Maronite, éd. CHARTOUNI, 1890, p.463. *Y. DEBS, Histoire des Maronites, éd. HAYEK, 1978, p.183-187. *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.129
[39] *Y. DAGHER, Les patriarches des Maronites, 1957, p.46.
[40] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.129.
[41] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.128
[42] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.128-129
[43] B. RAGUSINUS, Liber de perenni cultu Terrae Sanctae, 1875, p.28-29
[44] *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.38 et 130
[45] *E. DOUAIHI, Histoire de l'Eglise Maronite, éd. CHARTOUNI 1890, p.459-460. *P. CHEBLI, Estéphanos Boutros Douaihi, 1970, p.131-132
[46] * I. HARFOUCHE, Vie du patriarche Hoyek, Jounieh, 1934, p.215-217
[47] Lettre du patriarche Jean El Hage pour une maison maronite à Jérusalem, in Bulletin ASLM, n° 68, oct. 1895, p.81-84. Y. MOUBARAC, Pentalogie, II, 1984, p.263-265.
[48] Nouvelle église maronite à Jaffa, in Bulletin ASLM , juillet 1904, p.489-491
[49] *E. AKIKI, Le couvent de saint Antoine le Grand à Jaffa, 1988, p.47-55.
[50] *A. MANSOUR, Histoire de Nazareth. Ed. Hilal (Egypte), 1924, p.205.
[51] *A. MANSOUR, Histoire de Nazareth. Ed. Hilal (Egypte), 1924, p.45, 176
[52] Texte dans
*A. MANSOUR, Histoire de Nazareth. Ed. Hilal (Egypte), 1924, p.255-256
[53] *A. MANSOUR, Histoire de Nazareth. Ed. Hilal (Egypte), 1924, p.62-63, 176
[54] ROBERTIS, G. de & PEÑA, I., Chrétiens de Terre Sainte: Nazareth, in La Terre Sainte, sept.-oct. 1984, 216-222.
[55] *HARFOUCHE, I., Excursion pastorale au Bilad Bcharra, in Al-Machriq X (1907), p.823.
[56] Archives maronites de Haifa
[57] *HARFOUCHE, I., Excursion pastorale au Bilad Bcharra, in Al-Machriq X (1907), p.823.
[58] * SFEIR, Boulos, Le patriarche Mikhael Fadel (1719-17995). Kaslik, 1994m p.43.
[59] *I. HARFOUCHE, Excursion pastorale au Bilad Bcharra, in Al-Machriq X (1907), p.822.
[60] B. BAGATTI, Antichi villaggi cristiani di Galilea. 1971,
p.109-110. Le rapport du Père
Polizzi se trouve dans G. GOLUBOVICH, Biblioteca, t. I/I 1622-1720.
Firenze 1921, p. 200 : "In Acri il superiore di quell'hospitio,
chiamato il P. Ludovico dell'Hospidaletto, della nostra provincia di Napoli,
scoverse una villa tra le montagne, 15 miglia distante d'Acri, ove sono tutti
christiani Maroniti, quali per mancanza di pastore, per esserne fuggito da 5
anni in questa parte, stavano senza l'amministratione de' sacramenti. Onde io
avvisato da detto P. Ludovico da un
subito mandai in detta villa un padre, che dimorava nella Santa Casa di
Nazzaretto, che come prattico della lingua arabica gli ministrò i sacramenti e ne battizzò 62. Et io ho ordinato che detto padre da Nazzaretto vi vadi ogni sabbato
per poi la domenica celebrarvi la messa et addottrinarli nella santa fede. E
tanto si continuerà" . Sur ce Père Placido da
Varallo, pour qui les maronites ont une dette de reconnaissance, il y a une
notice dans Donato BALDI, Lo Status
descriptivus della Custodia di Terra Santa nel 1658, pp. 264-265 : "…
Sostenne eziandio fatiche in Nazaret e singolarmente nelle mantagne dei Druzi, in vicinanza del Carmelo,
andando a confessare i Cattolici per quei luoghi sparsi, e battezzando i loro
figlioli; quai sacrifici non potè fare senza molti sudori e stenti e con
iscarsissimo e miserabile vitto…".
[61] B. BAGATTI, Antichi villaggi cristiani di Galilea, 1971, p.110.
[62] * I. HARFOUCHE, Excursion pastorale au Bilad Bcharra, in Al-Machriq X (1907), 1034. Y. MOUBARAC, Pentalogie, II/1, p.253.
[63] * Y. SOUSSAN, Mon témoignage. Chronique Bar'amite 1948-1968. 1986, p.69. L. RYAN, Les villages de Kafr Bir'im et d'Iqrit, in Esprit, 41 (janv. 1974)m p.66.
[64] Ainsi en l'an 2000 trois évêques d'origine maronite remplissent respectivement les charges de nonces apostoliques en Slovénie et en Grèce, et de vicaire apostolique latin de Beyrouth et de Bagdad.
[65] Jérusalem, Bulletin diocésain, XLVIII/1981:201.
[66] Jérusalem, Bulletin diocésain,
XLVIII/1981:188-191.
[67] M.J. LAGRANGE, Souvenirs personnels, Cerf, Paris, 1965, p.34.
[68] *W. CHOMALI, Le Père Youssef Tannous Yammine et la Congrégation du Rosaire, Jérusalem, 1992, p.15.